‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 238 sur 331 · II · texte numérisé non relu

II

Tout au plus , je dis qu'on peut leur différer l'absolution pendant quinze ou vingt jours ; seulement il faut excepter ceux qui se confesseut pour remplir le devoir pascal : ils ont besoin d'une épreuve plus longue ; car on peut justement soupçonner qu'ils s'abstiennent du péché plutôt par la crainte d'encourir la censure que par une véritable résolution de changer de vie. Il faut encore excepter ceux qui tombent par suite d'une occasion prochaine extérieure ; ils ont aussi besoin d'une plus longue épreuve ; car roccasion , ainsi que nous l'avons dit plus haut , est un plus puissant aiguillon au péché. Dans tous les cas, l'épreuve d'un mois suffit. Mais vous ne direz pas au pénitent d'attendre un mois à revenir, un si long délai l'épouvanterait ; dites-lui de revenir dans huit ou tout au plus dans quinze jours, et ainsi vous le conduirez doucement jusqu'à la fin du mois avant de lui donner l'absolution.

Pour absoudre les récidifs il ne suffit pas de signes ordinaires de contrition et de ferme propos , il en faut d'extraordinaires. Or, suivant l'opinion commune (1), ces signes extraordinaires sont certainement suffisans pour donner l'absolution. En effet , s'ils sont solides et fondés, ils ôtent le soupçon de la mauvaise disposition occasioné par les rechutes. Dans un décret qu'ils firent pour la direction des confesseurs de leurs diocèses , les évêques de Flandre , réunis en 4697, déclarèrent avec raison , en parlant de cette matière : Deum in conversione peccatoris non tam considerare mensuramtentporis , quant doloris (2). En conséquence , ils défendirent aux confesseurs d'exiger immuablement des pénitens , même récidifs, l'épreuve d'un temps notable , avant de leur donner l'absolution ; et cela avec raison, car l'épreuve du temps n'est pas l'unique signe du changement de la volonté. La volonté du pécheur change par l'impression de la grâce divine qui n'a pas besoin de temps , mais qui opère quelquefois en un instant. Ainsi le changement de volonté peut très-bien se manifester par d'autres signes , sans qu'il soit besoin de l'épreuve du temps. Quelquefois même ces autres signes de la disposition actuelle du pénitent témoignent beaucoup mieux du changement de la volonté que l'épreuve du temps. En effet, ils manifestent directement la disposition , tandis que l'épreuve ne la manifeste qu'indirectement ; car il n'est pas rare qu'un pénitent s'abstienne du péché pendant

(d) Lib. 6. n.459. ^. Recidivus.

12) Àpud Croix, lib. 6, e. 2. w {4824.

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