‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 251 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

aut ei se ingerit. Elle VOUS dit cette fausse proposition : Potest aîiquando ahsolvi. Quelle sera la vraie ? la voici : Nunquam potest ahsolvi^ qui in pro.ri?na occasione peccandi versatxir, etc. Non, non , on ne doit jamais absoudre celui qui veut croupir dans l'occasion prochaine du péché.

Mais pour procéder avec prudence et pour établir notre doctrine sur un fondement solide , il convient d'abord d'exposer en quoi consiste réellement l'occasion prochaine. C'est un point souverainement délicat, et sur lequel tous les docteurs ne sont pas d'accord. Pour nous mettre en sûreté , nous suivrons le sentiment le plus commun , et que les adversaires mêmes ne pourraient raisonnablement combattre. Je commence par supposer que personne n'ignore qu'il n'y a pas identité entre le danger de pécher et l'occasion prochaine , ni même entre le danger prochain et l'occasion prochaine. En effet , l'occasion prochaine dépend nécessairement et toujours de quelque circonstance extérieure que ne porte pas avec lui le danger, bien qu'il soit prochain. Eclaircissons cette proposition par un exemple. David, du haut d'une galerie de son palais, aperçoit de bien loin Bethsabée qui se baigne (1). Hélas ! comme l'œil entraîne le cœur! Jusque-là il n'y avait que le danger de pécher ; mais bientôt , poussé par sa concupiscence , il fait , il la regarde tant , que missis nuntiis tulit eam. Voilà l'occasion prochaine produite par la circonstance du lieu et de la présence de l'objet , supposé toujours cependant la fréquence des chutes sans laquelle l'occasion prochaine n'existe pas. Ainsi deux choses constituent l'occasion prochaine : la première , la propension intérieure à pécher , d'où naît le péril ; la seconde , la circonstance extérieure qui donne l'impulsion et présente la facilité de pécher. Malgré toute sa disposition intérieure à pécher, David n'aurait jamais commis l'adultère sans la circonstance extérieure du lieu et de l'objet présent ; comme aussi , placé dans la même circonstance , il n'aurait jamais péché sans sa mauvaise disposition intérieure ; sa chute ne pourrait être appelée occasion prochaine si elle ne s'était répétée plusieurs fois et fréquemment; car il vécut avec Bethsabée pendant plus d'un an au grand scandale de tout le peuple. Tels sont les fondemens sur lesquels nous établissons la définiiion de l'occasion prochaine. On donne communément ce nom à celle où , attendu les circonstances de la personne, du lieu et de l'expérience

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passée , on pèche toujours, ou presque toujours , ou du moins fréj quemment. C'est ce qui la distingue de l'occasion éloignée dans la quelle , eu égard aux mêmes circonstances , on ne pèche que rare ment. Ainsi l'occasion prochaine n'est jamais telle que quand elle a d'une manière absolue ou relative , une union fréquente avec le pé ché. Tel est le caractère propre qu'assignent les théologiens pour 1 distinguer de l'occasion éloignée. Les autres définitions, quoiqu conçues en termes différens , reviennent toutes à celle-ci ; car toii les docteurs exigent la fréquence des chutes , au moins relative c'est-à-dire que le plus souvent on tombe dans le péché auquel o s'expose. Mais doit-on toujours s'en tenir à ce nombre mathématique de sorte que si on n'est pas tombé six fois sur dix , on ne puisse ap peler l'occasion prochaine ? ou bien doit-on former son jugement se cundum id quod communiter accidit , par exemple , à un jeun homme ardent et livré à de mauvaises habitudes qu'on regardi comme devant infailliblement tomber s'il se trouve dans tel heu avej telle personne ? Tout cela est laissé à la prudence du confesseur ; c'es à lui de considérer que certaines occasions sont absolument prochaines pour tous; d'autres relativement, c'est-à-dire par rapport à tell personne. Ainsi ce qui sera occasion prochaine pour un jeune homm ne le sera pas pour un vieillard , parce que la première condition d' l'occasion prochaine , c'est-à-dire la propension au péché, manque ; celui-ci. Pour éclaircir toute cette matière , il convient d'expliqué avec tout le soin possible les deux principes constitutifs de l'occasio] prochaine.

Et d'abord, quant à la propension intérieure qui entraîne avec ell le danger prochain die pécher, je dis que chacun la connaît par lui même. En eft"et,elle sort de ce levain de péché que nous avons hérit de notre premier père ^ dans les uns elle est plus ou moins forte , sui vaut la qualité des mauvaises habitudes qu'ils ont contractées; € quelquefois nous sommes obligés de raffaiblir par des actes con traires, comme nous le dirons en parlant de l'occasion prochaine né cessaire ou involontaire. Dans ce cas, ne pouvant ôter la circonstanc extérieure , nous devons affaiblir cette disposition interne afin que d nécessaire l'occasion ne devienne pas volontaire. Quant à la circon stance, qui est la seconde condition de l'occasion prochaine, je di qu'il n'est pas nécessaire qu'elle soit toujours mauvaise et très-mau vaise : mais de sa nature , comme parlent les théologiens , elle peu être quelquefois bonne, môme sainte et très-sainte. Afin de ne pa

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