‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 255 sur 331 · LIVRE V , CHAPITRE V. 4SI · texte numérisé non relu

LIVRE V , CHAPITRE V. 4SI

de véhémence, sans examiner d'abord la nalm^e de ses liaisons; mais ce cas est très-rare , et il ne mérite certainement pas l'importance qu'on lui donne. Ce qui fait gémir les ministres du Seigneur , c'est de voir que de nos jours la corruption a rompu toutes les digues , qu'elle se répand de toutes parts et enveloppe les jeunes gens dès l'âge le plus tendre. Pourquoi donc, disent-ils en soupirant, pourquoi reprendre avec tant d'acrimonie le zèle outré de quelques uns , et passer sous silence , excuser même la connivence de tant d'autres , qui absolvent aveuglément tous ceux qui sont engagés dans ces sortes de liaisons, dont l'effet est de les plonger jusqu'au dessus de la tête dans toutes sortes d'iniquités ? Il y aurait injustice à prétendre qu'une liaison affectueuse soit toujours un péché , mais il y en aurait une bien plus grande à soutenir qu'elle est toujours innocente. Si on doit en juger secundum id quod communiier accidit , il faut regarder comme une proposition incontestable que ces liaisons accompagnées des circonstances qui ne s'en séparent pas aujourd'hui, sont le plus souvent une occasion prochaine de péché. Plût à Dieu que cette proposition ne fût pas prouvée par une longue pratique et une lamentable expérience! Il est vrai, l'amour des jeunes gens est quelquefois innocent dans ses comniencemens, mais il devient coupable dans ses progrès. Ou commence par regarder avec complaisance , à jouer par plaisir , le plaisir se change peu à peu en passion , et la passion précipite dans un abîme de malice où l'on ne trouve pas de fond. Or , ranimez ici votre attention , et dites-moi de grâce : sommes-nous médecins des âmes ^ Si nous le sommes , comment pouvous-nous permettre un'pareil désordre , qui , semblable à la peste , met le monde aux abois par tant de mariages contractés dans l'ombre , par tant de meurtres, d'infamies, de haines , de scandales et d'iniquités de tout genre? Ainsi , résolution de resserrer les liens d'une sainte association et d'être unanimes à différer et même à refuser l'absckilioft à ceux qui, trouvés coupables, ne veulent pas promettre de rompre leurs liaisons. Or, pour découvrir si leurs affections sont innocentes ou criminelles , il sufiSt d'interroger , et vous toucherez au doigt qu'il y a peu, et même très-peu de ces sortes d'amours où il n'intervienne, de la part de l'un ou l'autre complice , quelque circonstance honteuse qui rend tout-àfait illicite un commerce si abominable. Afin que vous ayez sous les yeux un modèle de prudence dans la manière d'interroger et de vigueur dans le refus de l'absolution , lorsque les circonstances le demandent , je vais vous rapporter ad litteram ce que dit le cardinal

àhl ADMINISTRATION DE LA PÉNITENCE.

Pic de La Miraiidole , évêqiie d'Albe , dans sa lettre pastorale qui mérite d'être lue par tous l<^s confesseurs. Ce prélat , aussi distin{jué par sa science que par sa piété , a décrété pour son diocèse ce qui suit. Voici ses paroles :

« Nous averiissons tous les confesseurs de ne pas absoudre ceux qui ont des liaisons amoureuses, lorsqu'elles sont pour ceux qui s'y livrent gravement illicites, si ces pécheurs, après avoir été avertis trois fois par eux-mêmes ou par d'autres confesseurs , ce qu'il faudra toujours leur demander, ne se sont pas effectivement corri(ïés; leur signifiant que , s'ils ne commencent par s'en corriger véritablement, ils ne doivent ni espérer ni prétendre recevoir l'absolution de leur part ni de la part d'autres confesseurs. Voici les cas les plus ordinaires où les liaisons amoureuses sont regardées comme absolument illicites. Nous les exposons en peu de mots et en latin , pour de justes motifs. C'est un moyen de rendre uniforme en cette matière , comme dans toutes les autres , la conduite des confesseurs.

» 1° Quandocumque ita fiât , etiam inter pares , et causa matrimonii , ut intercédant oscula , vel tactus, vel amplexus , vel delectationes morosse , aut periculum labendi in quodvis grave peccatum ;

» 2° Quando fit inier eos qui sunt disparis condilionis propter scandalum, et periculum mortaliler peccandi ;

» 3° Si fiât cum illis cum quibus impossibile est contrahi matrimonium, ut sunt uxorali , claustrales , et in sticris ordinibus constituii , lum quia non potest cohonestari talis amor fine matrimonii , tum quia intercedit scandalum , et periculum labendi in culpas lethales ;

» 4° Si fiât in ecclesia, tum propter irreverentiam, tum propter periculum audiendi sacrum sme débita attenlione , tum etiam propter scandalum ;

» o** Si adsit preeceptum patris^ vel matris aut tutoris rationabiliter prohibens talem amorem ; quia , etiamsi reliqua sint honesta, filii familias et pupilli tenentur in re gravi , ut sine dubio hsec est , obedire pareniibus, vel tutoribus, sub pœna peccati mortalis;

»' 6» Quando clam fit, etocculto , tum quia est expositus gravibus periculis , et occasioni proximœ graviter peccandi, tum quia, quando ita fit , regulariler exercetur contra voluntaiem parentum , vel tutorum , quibus filii vel pupilli obedire debent ;

n 7° Si tempore nocturnofiat, propter scandalum , et periculum cadendi, etc. ;

» S'» Si fiât mh prajtextu honestœ recrealioiiis et jelaxandi ani-

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