‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 256 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

muni , quia spmper urj^et pericnliini, el occasio proxima labendi ex longa mora, in qua liabeniur colloquia, mutui aspeclus, piotesialio amoris, etc.;

» 9° Si eo modo fiât , ut ex se involvat periculum proximum osculorum , tactuum, etc., etiumsi aliunde ille amor esset licite exercitus, quia est inter solutos, et causa matrimonii : si, verbi gratia , demi admittatur amasius vel ita approximetur , ut nemo nonvideat, adesse occasionem proximam tactum , etc. ;

» 10° Si amator vel amalrix animadvertat complicem amoris esse graviter tentatum,velallerum urgere verbis îurpibus, vel alio modo ad inlionesta, etc., etiamsi aller complex nihil tentetur, et nullam senliat inclinationem ad peccandum : in quo casu erit utrique illicitus amor ille , propter periculum proximum delectaiionis et scandai aclivi in uno, et passivi in alterO;, in quo graviter lœderetur caritasi erga proximum ;

» 11» Denique universaliter loquendo , quotiescumque ob causam amoris amator vel amatrix fréquenter labitur in aliquam gravem noxam, tune amor induit rationem occasionis proximœ mali , et est omnino illicitus. »

Qu'on pèse bien tous cesdifférens cas et qu'on interroge là-dessus, avec les précautions convenables , les pénitens esclaves de celte passion, et qu'on me dise s'il est possible de contester la proposiiion établie plus haut, que les liaisons amoureuses, telles qu'elles ont lieu de nos jours, sont, le plus souvent, une occasion prochaine de péché. Mais, s'il en est ainsi , comment ne pas reprendre avec force le pénitent qui, averti , et averti plusieurs fois par son confesseur, ne veut pas se corriger, qui veut même contester avec son confesseur et lui arracher une absolution ? J'appelle au tribunal de Dieu ces confesseurs qui, se faisant gloire d'une facilité si pernicieuse, absolvent sans aucune réflexion tous ceux qui se présentent et causent la ruine de la jeunesse et du monde entier. En effet, c'est de la mauvaise éducation de la jeunesse que découlent tous les maux et tous les désordres des familles , d'où le désordre se propage et infecte l'univers entier.

Avant de terminer cette matière de l'occasion prorhaine , je dois avertir que beaucoup de confesseurs mettent un véritable zèle , non seulement à séparer, mais encore à éloigner leurs pénitens de toute occasion prochaine de péché contre la chasteté, mais négligent de leur faire quitter les autres occasions trop nombreuses de pécher contre

ab4 ADMINISTRATION DE LA PÉNITENCE.

les différens commandemens de Dieu. Le glorieux saint Charles a grand soin défaire cette remarque. Or, parmi les occasions qui ne sont pas in esse , il compte celles où se trouvent un grand nombre de personnes qui , en exer^'ant leurs professions , tombent fréquemment dans des péchés très-graves: blasphèmes, vols, injustices, calomnies, haines, fraudes, parjiiresyOt autres semblables. Il veut qu'on leur diffère Tabsolution, lorsqu'avert'S deux ou trois fois ils ne donnent pas de signes d'amendement ; bien plus, si après des averli^ssemens réitérés ils ne se €orrigentpas,ondoitles obliger à quitter ces professions qui sontpour eux une occasion prochaine de tant dépêchés. Mais, avant d'en venir à cette résolution extrême, il faut user de conseils et d'une grande maturité. Si vous trouvez que ce médecin, ce chirurgien, cet aubergiste, ce marchand, cet avocat, ce procureur, etc., sont dans une espèce d'impossibilité morale de quitter leur état , parce qu'ils n'ont pas d'autre moyen d'existence , vous devez , pendant quelque temps , traiter cet occasionaire comme on traite un récidif qui pèche sans y être induit par une cause extérieure. Mais si , après les épreuves convenables, il continue d'accumuler péchés sur péchés sans que vous aperceviez en lui aucun amendement , vous devez l'obliger à quitter cet emploi, qui deviendrait évidemment la cause de sa damnation. Le saint archevêque veut qu'on use d'une bien plus grande rigueur avec ceux qui vont au bal , qui fréquentent les blasphémateurs , qui hantent les cabarets qui sont pour eux , du moins relativement , des occasions prochaines de péché , puisqu'à raison de leur mauvaise disposition ils y tombent fréquemment dans l'ivresse , les querelles , les blasphèmes, les médisances et autres fautes très-graves. Ainsi , continue le saint , on ne doit pas les absoudre , s'il ne commencent par promettre de s'en éloigner; et si , après avoir promis deux ou trois fois, ils retombent, il veut qu'on leur refuse entièrement l'absolution. Or, arrêtons-nous un instant, et dites-moi si la pratique de nos modernes confesseurs s'accorde avec la théorie de nos anciens docteurs ? Tout ce que nous avons dit jusqu'à ce moment est adopté parles plus sages théologiens , que dis-je ? il est fondé sur les décisions de l'Eglise , qui fulmine ses censures contre celui qui ose enseigner qu'on peut absoudre le pécheur qui vil dans l'occasion prochaine du péché ; et cependant , que voyons-nous dans la pratique ? comment se conduit-on dans nos confessionnaux? dill'ère-t-on, et refuse-ton l'absolution en temps et lieu, suivant le besoin du pénitent? Hélas ! quelle épine dms le cœur! Pour juger de lu grandeur du mal, écoutez:

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