‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 294 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE Sitt. Sj · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE Sitt. Sj

soif. Possédé du désir d'an(jmpnlPr ses biens, ii temporisera toujours quand il sera question de donner ou de rendre à chacun ce qui lui appartient ; de payer des domestiques ou des ouvriers qui languissent dans le besoin ; de fournir le nécessaire à l'entretien d'une famille : bien plus, il se chicanera lui-même sur la dépense de sa propre personne , et s'en retranchera, s'il se peut, jusqu'à l'essentiel. Avarice sordide qui montre qu'il est plutôt l'esclave que le maître de ses richesses. Cependant il ne fera point mention au tribunal de la pénitence de cet esclavage aussi préjudiciable à son salut qu'il est honteux devant les hommes. Mais peut-être donnera-til dans l'autre écueil , qui est de négliger trop son bien. J'appelle négliger trop son bien , l'employer sans égard aux circonstances , aux choses, aux personnes; le laisser périr faute d'attention à des enfans , à des domestiques , à des étrangers même , qui en disposent à leur gré. Combien de chrétiens ne croient point celte négligence une vraie faute ? comme si l'on ne devait point rendre compte à Dieu des biens dont il est l'auteur ; comme s'il était permis de les dissiper , soit par le luxe , soit par une mauvaise administration , au préjudice d'une famille ou de gens à nos gages qui souffriront un jour de celte dissipation.

Si votre pénitent est un homme dont la naissance réponde à de grands biens , sa femme , ses enfans , tous ceux qui dépendent de lui , pourront avoir souvent à essuyer ses manières hautes , bien que rEcclésiasti([ue les lui défende en ces termes; Ne soyez point comme un lion dans votre maison , en vous rendant terrible à vos domestiques et à ceux qui vous sont soumis (1). Néanmoins un homme de cette humeur se connaîtra si peu et se fera si peu connaître , que, sans vous parler jamais de ses hauteurs, il se contentera de s'accuser en gros d'avoir eu quelques impatiences ; peut-être même apporterat-il sa fierté jusqu'à vos pieds , prétendant que vous le considériez comme un pénitent de qualité qui fait honneur à son confesseur. Quand on se repaît de ces vaines idées , on a grand besoin d'être insiruit , quelque sensible qu'on puisse être à la correciion. En gardant donc certains égards que demande son rang, conduisez-le pourtant de telle manière que la dignité de ministre du Seigneur ne soit point avilie par trop de ménagemens. Mais il est à craindre que, la fierté n'étant pas sa passion , il ne penche vers le plaisir , principale-

(]) Ecoles. 4. 3!;.

Page 1