‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 295 sur 331 · II · texte numérisé non relu

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ment avec une complcxion tendre , et de Tamour pour le commerce du grand monde. Instruit de ses dispositions personnelles, n'oubliez rien pour réloigner des occasions qu'il ne se persuade pas aisément être de vrais dangers pour lui. Les parties de divertissement , les repas délicieux, les discours enjoués, etc., paraissent toujours à ces sortes de gens des choses assez indifférentes pour le salut ; proportionnez sur cela votre prudence à leur peu de précaution , prévenez pour eux le péril , ainsi que tout homme sage qui connaît le mal avant qu'il arrive , au heu que l'insensé ne s'en aperçoit qu'après qu'il est arrivé.

Vous éclairerez encore de plus près votre pénitent en qualité de père de famille , pour les désordres qui peuvent s'en suivre de son penchant au plaisir. 1" Comment empêcherait-il une épouse d'aimer les vaines joies du siècle, tandis que son propre exemple, qui en autorise la recherche, semble les lui permettre? 2'' Quel exemple pour des enfans, qu'un père qui mène une vie molle et toute mondaine? C'est comme un mal qui réside dans la tête, et dont le reste du corps ne saurait manquer de se ressentir; 3° quel scandale pour des domestiques, que l'exemple d'un tel maître ! Ces esprits faibles résisteraient-ils à la forte impression qu'il fait sur eux? Voilà de ces fautes cachées dont le prophète roi craignait d'être coupable , et que l'on commet si souvent , sans demander au Seigneur, comme David, qu'il en purifie notre âme : Ah occultis meis munda me (1). Mais c'est au directeur vigilant de savoir examiner avec discrétion les pères de famille sur leur conduite envers leur femme, leurs domestiques et leurs enfans. Il faut qu'un mari ait la complaisr.nce d'accorder à sa femme une infinité de choses raisonnables, afin d'être par là plus en droit de lui interdire celles qui ne le seraient pas. Il faut qu'un maître se comporte à peu près en père à l'égard de ses domestiques : N'accablez point par votre j^^tissance ceux qui vous servent ; car ils sont mes serviteurs avant que d'être les vôtres (2). Quelle injure n'est-ce pas faire à Dieu que de traiter ses enfans comme des esclaves? Quelle honte à l'humanité même de traiter des hommes comme des bêles? Je n'en dis point assez: souvent on ménage et on plaint moins un homme qu'une bête , comme si le monarque et le sujet, le seigneur et le vassal , le riche et le pauvre , n'étaient pas pétris du

(1) Ps. 18. iZ.

(2) Lcvit. 25.

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