CHAPITRE XXXIll
One les ecclésiastiques doivent mener une \ie pénitente et nioilifiée.
(1) Comme il n'est rien qui édlKe tant que la vie pénitente des ministres des saints autels , considérons quelques motifs propres à la leur inspirer : ils n'ont qu'à lire l'Evangile qu'ils doivent prêcher aux autres , ils veiront que Jésus-Clirit>t nous y dit que , pour être son disciple , il faut se haïr soi-même , se faire une violence continuelle , refuser à nos sens et à nos inclinations ce qui les flatte le plus (2). Ils verront que Notre Seigneur nous déclare qu'il n'est pas venu sur la terre pour nous y laisser mener une vie tranquille , af;réable et commode, mais pour nous y mettre en main le glaive de la mortification pour combattre nos passions , faire la guerre à nos penchans et soumettre noire corps à l'esprit (3). Ils verront que ce divin Sauveur nous annonce que , si nous voulons le reconnaître pour notre chef, l'avoir un jour pour notre rémunérateur , régner avec lui dans la gloire qu'il possède ; il faut nous interdire ce qui nous plaît, renoncer à ce que nous aimons, vivre et mourir dans l'abnégation de nous-mêmes, souflrir sans relâche les rigueurs de la ci oix (/|).
Telle est la doctrine de Jésus-Christ sur la pénitence. Là il lance les plus terribles anathèmes contre ceux qui mènent une vie douce et
(1) Le P. Belon.
(2) Qui non oditaniniani suani, non polcst meus esse discipiilus. <3) Kon vcni^iacem niittcrc, sed gladium. {Matth. 20. 34.)
(4) Si qnisvult posl me venive, abneget scmclipsuni et tollat cincenisuani.