‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 30 sur 331 · LIVRE II , CHAPITRE XXXVÎ · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE XXXVÎ

à l'avarice et à la dureté , par !a contn{}ion du mauvais exemple. Pourraient-ils se croire obli{^és de faire ce que ne font pas ceux qu'ils re{j^ardent comme leurs maîtres et leurs modèles ? Un autre scandale qui fait gémir l'Eglise , dit saint Jérôme , c'est dy voir des hommes nés pauvres , quelquefois même élevés et'faits prêtres à la faveur des aumônes et de la charité publique ; de les voir , dis-je , posséder avec attache , sous Jésus-Christ pauvre , des richesses qu'ils n'auraient pu espérer dans le siècle , sous le règne du prince du monde; c'est de voir comblés de biens et d'honneurs, des hommes que peu de temps auparavant on avait vus ramper dans la poussière et réduits à la plus extrême pauvreté (1). Miiis quel scandale de voir , dans l'Eglise de Dieu , des prêtres, après être arrivés parleurs intrigues à un modique bénéfice, de les voir, dis-je, à force de ménager et d'accumuler pendant une longue suite d'années , parvenir à une grande fortune et en état de fournir des sommes qui se trouvent à peine chez les plus riches d'entre les laïques ; le scandale dont je parle ici n'est point une chimère ou une fiction; il s'est passé sous nos yeux et réitéré plusieurs fois de nos jours, en divers diocèses de ce royaume.

Aussi , quelles malédictions n'attirent pas les biens' ecclésiastiques sur les familles qui les possèdent avec une injustice égale à celle qui les avait amassées ? On le dit ordinairement , que ce qui était acquis par des voies iniques, se dissipe et s'en va comme il était venu : Malc parla , malè dilahuntiir. S'il est rare de voir un père usurpateur prospérer sur la terre , il est encore plus rare de voir des familles enrichies des biens de TEglise , les posséder avec tranquillité ou jouir d'une fortune solide et durable , qui passe à la seconde ou à la troisième génération. C'est un édifice bâti sur le sable , tôt ou lard il s'écroule ; un orage inattendu le renverse de fond en comble, au moment qu'on y pense le moins. Combien de fois n'a-t-on pas vu par un secret mais juste jugement de Dieu, les biens les plus lé^^itimement acquis sortir d'une famille opulente , pour la punir d'y avoir fait entrer injustement ceux de l'Eglise ? Ces sortes de biens ne servent ordinairement qu'à jeter le trouble entre ceux qui les partagent. Laisser ces biens à des héritiers , ce n'est pas les aimer , c'est les

(1) MiiUi clcilcî possident opes sub Cliristo pauppre, qiias sub lociiplele et fal- Incc diabolo non habucrant ^ ut suspiicl.Ecclesia Uivitcs, quoi mundus tenuit an-, teà mendicos. {Ejiist, 2. ad IVepot,)

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