‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 300 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XV

mon Dieu, parce que vous êtes le souverain bien , je vous aime pardessus toutes choses^ et pour l'amour de vous j'aime et je veux aimer mon prochain comme moi-même. Yous aimez sincèrement et de tout voire cœur un Dieu si bon, n'est-ce pas ? — Oui , mon père. Par ces actes le pénitent se trouve beaucoup mieux disposé à faire l'acte de conirition. Demandez maintenant pardon à Dieu de vos péchés, et, pénétré de la plus vive douleur, dites, en vous frappant humblement la poitrine : 0 mon Sauveur Jésus, je me repens de vous avoir offensé^ parce que vous êtes le souverain bien, et je me jxropose de ne plus vous offenser jamais , non jamais. Je fais répéter cet acte deux fois à tous mes pénitens ; la première avant de leur imposer la pénitence , et la seconde immédiatement avant de leur donner l'absolution. Je ne prétends pas qu'il soit nécessaire den user de même avec tous ceux qui se confessent ; mais je sais fort bien que pour les personnes distraites et peu soigneuses de leur salut, il sera très-avantageux que le confesseur se donne la peine de leur faire répéter ces actes ; ils en seront surtout merveilleusement consolés dans le cas d'une confession générale. Le confesseur lui-même en demeurera plus satisfait, attendu qu'entre tous les sacremens, c'est celui de la pénitence dont on peut dire que la validité dépend bien plus des actes du pénitent qui le reçoit , que des soins du confesseur qui l'administre. Ainsi la prudence du prêtre dans l'administration de ce divin sacrement consiste essentiellement à s'assurer le mieux possible de la disposition intérieure de ses pénitens , qui consiste à bien faire les actes mentionnés plus haut, en sorte qu'alimentés par ce pain de la prudence, ils puissent enfin assurer leur salut éternel.

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