‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 317 sur 331 · LIVRE V, CHAPITRE XVI. i · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVI. i

puissant et miséricordieux a touché son cœur par une grâce extraordinaire de contrition : Quia apparct nullatenusrerisimile taies tam cito eijicaciter ad Deurn converti. Si nppaieat , ex qnihnsrlatn signis specialihus et extraordinariis.^ quod oniHijjotentissimuset misericordisgimiis Deus ^ extraorditiaria coiitritionis gratia, iiti aliqiiando in gra- 'vissimis peccatorihas subito operatus est, corda eorum tetigisset ^ nihil tune ohesset ne iis, tanquamvere dispositis, beneficiiim absolutionis im~ penderetuf (Ibid. p. 109, HO).

3° Ces auteurs ne supposent donc pas qu'à cause de l'urj^ence du cas , et parce que le pénitent ne sera plus exposé à la même occasion de pécher, on puisse l'absoudre , sans qu'il ait un sincère regret de ses fautes passées. Ils supposent évidemment qu'il doit être efficacement converti à Dieu , efjicacitcr ad Deum converti; qu'il doit être touché de la grâce de la contrition, contritionis gratia; qu'il doit être vraiment disposé , vere dispositis. Dens tient le même langage que Dujardin. Possunt absolvi, dit cet auteur, si jam videantur vere dolere et conteri de prœteritis (Tract, de Pœnit. de occas. prox. 2. casus). Et comment pourrait-on leur attribuer une autre manière de penser.^ Peut-on donner l'absolution sans qu'il y ait dans le pécheur un véritable regret des fautes commises^ Ce regret ne fait-il pas partie essentielle de la contrition indispensablement requise pour obtenir le pardon du péché? D'ailleurs, si ce pécheur n'était pas converti , trouverait-il dans le mariage le remède au péché ? Certains actes qui lui étaient défendus avant le mariage lui deviendraient permis; mais n'y aurait-il pas tout lieu de craindre qu'il ne se portât à d'autres désordres intérieurs ou extérieurs, et que celte passion brutale, qui vivrait encore dans son cœur , ne cherchât à se satisfaire par des voies que le mariage ne légitimerait pas ?

4° Ces théologiens supposent que le pénitent répétera ses confessions depuis le temps que l'habitude dure , ou que le confesseur y suppléera par des interrogations.

5° Ils supposent qu'il n'y a point dans le pénitent d'autre habitude criminelle.

Or, trouvera-ton souvent ce désir chrétien de se marier pour ne plus offenser Dieu dorénavant ; cette cessation du péché , de manière que les fautes ne soient pas toutes récentes ; ces dispositions d'un cœur changé ; cette contrition , cette conversion efficace vers Dieu , qui supposent dans le pénitent la détestation de tous ses péchés , particulièrement de celui de l'amour impur, péché tenace ; cette exemp-

lion de toute autre habitude criminelle? Cet ensemble de conditions se trouvera-t-il facilement dans des personnes telles que nous les avons supposées, peu instruites et peu clirétiennes? Soyons de bonne foi : combien de pécheurs de ce genre n'en ont pas d'idée ! Combien de confesseurs eux-mêmes, en se servant du principe des théologiens cités , ne pensent point aux conditions qu'ils exigent , n'examinent point sérieusement si elles sont réunies dans celui qu'ils ont à leurs pieds! Combien croient que, dans ce cas, par exception aux règles générales , il est permis d'absoudre sans approfondir les dispositions du pénitent ! Eh ! n'est-ce pas ainsi que la décision de ces théologiens paraît donner tant de facilité ?

Défaut h éviter. N'avez-vous pas cru avoir rempli tout ce qui était de votre devoir dans ces circonstances , par ce que vous avez fortement réprimandé le pénitent d'avoir tant différé à se confesser ; que vous lui avez vivement représenté l'énormité de ses fautes ; qu'il vous a paru touché, et qu'enfin , vous lui avez fait promettre de revenir sous peu à confesse ?

Il n'est point question ici de se tirer d'embarras en se faisant illusion , ni de contenter ses pénitens; il s'agit de les convertir et de les sauver. Or, votre conscience vous rend-elle le témoignage que vous étiez fondé à croire que ce pécheur était converti, qu'il délestait ses égaremens , et qu'il était sincèrement résolu , nous ne disons pas à ne point retomber dans des fautes dont l'occasion ne devait plus se présenter, parce que leur objet devenait légitime, mais à mener une vie vraiment chrétienne? Vous l'avez peut-être étourdi par des reproches dont il sentait toute la justice ; peut-être l'avez-vous mis sur la voie pour se convertir ; mais qu'il est à craindre que vous ne vous soyez arrêté trop tôt , et que vous n'ayez manqué votre but, en vous contentant de l'émouvoir, de lui arracher quelques larmes , d'extorquer de lui une promesse que nécessitait l'embarras où il se trouvait, d'où il voulait sortir à quelque prix que ce fût , promesse qu'il a peut-être oubliée aussitôt après avoir obtenu ce qu'il désirait I

Il est certain qu'avoir effrayé , épouvanté un pécheur, ce n'est pas l'avoir changé et converti ; il est certain qu'il ne peut point y avoir de conversion solide sans connaissance de la religion ; enfin, on ne peut pas se dissimuler que la conversion n'est pas, pour l'ordinaire, l'affaire d'un moment. Il ne sulllit donc pas de tonner ; il faut profiter des trois ou quatre jours qui restent jusqu'au mariage, pour ébranler, toucher, instruire ce pécheur qui a vécu jusqu'ici dans l'ignorance ,

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