‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 318 sur 331 · LIVRE V, CnAPlTRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE V, CnAPlTRE XVI

ûi dans une grande né{>ligence de son salut. Si on a le bonheur d'opérer en lui un changement tel qu'on puisse prudemment juger qu'il est contrit de ses fautes , on lui donnera l'absolution. Si l'on juge qu'il ne l'est pas , tout le monde convient qu'on ne peut pas l'absoudre. Mais si l'on est dans le doute sur ses dispositions, alors les théologiens ne sont pas d'accord. Que faire donc? Travailler à lever ce doute , et pour cela réfléchir de plus en plus sur l'ensemble de ce qu'on aperçoit dans le pénitent , sur les moyens qu'on pourrait employer pour acquérir de nouvelles lumières relativement à son état ; examiner si l'on n'a rien en soi-même qui empêche de voir la vérité , si une certaine raideur de caractère ou un fonds de timidité et d'indécision ne porte pas à exiger au-delà du nécessaire, ou si , au contraire , un désir immodéré et tout humain de trouver le pénitent disposé , ne fait pas douter, lorsque le défaut de disposition est suflisamment marqué ; invoquer dans toute la ferveur de son âme les înmières de TEsprit-Saint, qu'il ne refuse point à un ministre dont le cœur est pur et droit , qui cherche la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes, qui désire de suivre en tout les règles de la saine morale , et qui fait ce qui est en lui pour les connaître et les mettre en pratique ; enfin , après avoir bien pesé tout en la présence de Dieu et au poids du sanctuaire , se décider. Nous ne craignons pas de l'avancer, et les personnes expérimentées peuvent attester que , lorsqu'un confesseur tient la conduite que nous venons de tracer, et que les circonstances lui laissent quelques jours pour instruire un pécheur et le remuer en tout sens , il est rare qu'on reste dans un doute véritable sur ses dispositions.

Quant à la manière de l'instruire des principaux mystères de la foi, des devoirs du chrétien et des dispositions nécessaires pour approcher des sacremens de pénitence et de mariage , nous croyons qu'elle doit tenir un ceitain milieu entre celle qu'on suivrait dans les cas ordinaires dont nous avons parlé plus haut, et celle que nous avons suivie, dans l'article précédent, à l'égard d'un malade qui se trouve dans un danger de mort pressant ; c'est-à-dire qu'on doit s'attacher, d'une part, à lui communiquer ces connaissances, en le faisant entrer dans de bons senlimens et produire des actes qui y sont relalifs'i qu'on doit s'assurer, d'autre part, qu'il sent et comprend ce qu'on lâche de lui suggérer, en lui faisant quelques explications et interrogations qui le nécessitent à manifester son intelligence. Saint Charles recommande de ne pas se coateater de procurer à ces sortes

de pénilens la science des articles de la foi , qui consiste à les savoir réciter ou répéter ; mais de les leur expliquer de manière qu'ils les connaissent explicitement et en aient l'intelligence : Ita ut explicite eos [fidei articulas) et intelligentes sciant , non autem qicasi recitantes tantum (Instruct. ad confes.)- Il nous semble que le moyen le plus sûr de procurer en peu de temps celte connaissance et cette intellijjence à des pénitens simples et bornés , est de commencer par leur parler de Jésus-Christ , auteur et consommateur de notre loi , parce que sa sainte humanité présentant à leur ima^jination un rapport sensible, celle-ci se reposera sur cet objet, l'esprit y fixera davantage son attention , et parviendra plus facilement à comprendre ce qui concerne la seconde personne de la sainte Trinité , et par la même raison ce qui a rapport à la première et à la troisième personne. Nous avons dit, à l'article du catéchisme, que rien n'était plus propre à faire connaître et distinguer les trois personnes de la sainte Trinité, que de citer, à mesure qu'on en parle , leurs opérations différentes.

On les instruira très-aisément, en abrégé, des devoirs du chrétien , en leur mettant devant les yeux les fins pour lesquelles Dieu nous a créés : le connaîire , l'aimer, le servir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle. Il suffira ensuite de leur montrer en détail combien ils se sont écartés, par leur conduite ,de ces fins et du but auquel ils doivent tendre , pour leur faire sentir la nécessité de changer de vie et de se convertir à Dieu. Mais on ne doit pas manquer d'exiger des personnes à l'égard desquelles on se contente pour le moment d'une instruction si succincte, qu'elles promettent d'apporter, le plus tôt po^isible , les soins nécessaires pour s'instruire de la religion suivant leur obligation et leur capacité. C'est ce qu'ordonne saint Charles et les rituels.

Soin d'avertir des devoirs du mariage. Avez-VOUS Soin d'instruire ceux qui s'adressent à vous , avant le mariage , des devoirs du nouvel état dans lequel ils vont entrer? N'aimez-vous pas mieux leur dire de revenir quelque jour après leur mariage , et attendre ce moment pour leur parler des rè/jh'S de la chasteté conjugale?

Ce dernier parti a de grands inconvéniens. Les préjugés du monde étant peu d'accoid avec les principes de la morale sur la nature et les règles de la chasteté conjugale , si les fidèles qui se marient n'ont point reçu d'insiruction là-dessus, il est bien à craindre que râmour des plaisirs sensuels, favorisé par cette maxime assez généralement jreçue, ^ue tout est permis entre mari et fçmme^ue les entraîne dans

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