‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 33 sur 331 · CHAPITRE XXXYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXYII

De l'union de cliaiité qui doit régner entre les ministres de Jésus-Christ, à'qnelque rang hiérarchique qu'ils appartiennent.

(1) I. Qu'il est avantageux' , dit David , et qiiil est doux a des frères de vivre dans Viinion! Elle est pour eux semblable à la douce rosée qui tombe sur la montagne de Sion , et qui la rend fertile. Car où règne l'union, là le Seigneur répand abondamment ses bénédictions (2). On la voyait régner dans les beaux jours de l'Eglise , cette paix , celte admirable union dont parle ici le Prophète ; elle faisait que toute la multitude des fidèles n'était qu'un cœur et qu'une âme (3). Ils étaient tous charitables dans de différons intérêts , égaux et frères dans de différentes conditions, inaccessibles aux traits de la discorde et de l'envie. Les noms odieux de tien et de mien , sources inépuisables de division parmi les Gentils, étaient inconnus à ces premiers fidèles. Leurs biens étaient communs : ils ne disposaient que de leur cœur, ils n'en disposaient qu'en faveur de leurs frères \ une amitié sainte et toute spirituelle les unissait étroitement. Ils s'entr'aidaient , ils s'enlredéfendaient ; et cette charité qui les liait ensemble par par des nœuds mille fois plus forts que ceux de la nature , frappait tellement les païens , qu'ils s'écriaient hors d'eux-mêmes : voyez comme ils s'entr'aiment ! ils sont prêts à mourir les uns pour les autres (4).

Hélas! ces beaux jours ne durèrent pas long-temps; les passions reprenant leur premier empire sur le cœur des fidèles, la discorde y rentra aussitôt en possession de tous ses droits. En s'éloignant insensiblement des loix et des maximes du Sauveur, ils perdirent peu à peu de vue cette admirable paix qu'il était venu leur porter sur la terre : et l'on vit malheureusement renaître parmi eux , ainsi que saint Paul le reproche à ceux de Corinthe , des fraudes, des divisions , des procès , des injustices , des querelles.

(d) Le P. Belon.

(2) Ps. 131.

(3) MuUitudinis aiiteni credentiuni crat coi- linuni et anima una. {Act. 4. 32. J

(4) Quomodo se invicem aiaaiu , paiati sunt aller pro alleio moii! {Tçrt.\

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