‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 5 sur 331 · II · texte numérisé non relu

II

immorlilîée , qui coulent leurs jours dans les ris et les jeux , dans la bonne chère et les divorlissemens du siècle (1). Ici il nous avertit que la voie qui conduit au ciel est étroile , qu'il faut se gêner et se contraindre pour arriver dans cet heureux séjour (2). Nous pouvons suivre une voie qui est large et facile; mais l'issue en est funeste, elle conduit à la mort , l'enfer en est le terme (3). Il faut nécessairement marcher dans la voie étroite si nous voulons arriver au ciel ; Jésus-Glirist n'en laisse point d'autre à notre choix, c'est la seule qu'il a suivie lui-même : il est notre chef, notre modèle; quiconque refuse de l'accompagner et de l'imiter, s'égare et se perd. Eh quoi ! pourrions-nous haïr ce qu'il a aimé ; fuir ce qu'il a recherché ? Sectateurs indignes d'un Dieu crucitié , nous voudrions vivre dans les délices, traiter délicatement notre chair, nous ménager, ne rien soulliir ! Méritons-nous un état plus doux que celui du Fils de Dieu. Etant l'innocence même, il a enduré toutes les rigueurs de la vie la plus austère , convient-il que la nôtre n'ait rien de dur et de pénible ? Celle d'un grand nombre de fervens religieux et de pieux laïques est mortifiée et pénitente; ministres du Seigneur, pourquoi ne les imiterionsnous pas? Croirons -nous que le sacerdoce nous donne droit d'être sensuels et délicats? Ceux qui sont à Jésus-Christ, dit saint Paul, exercent contre eux-mêmes une sainte sévérité, ils crucifient leur chair pour réprimer ses révoltes et punir ses vices (4). Nous appartenons spécialement à ce divin Sauveur , à cause du rang qu'il nous donne dans son sanctuaire, nous sommes donc particulièrement obligés de nous mortifier, pour lui obéir, lui plaire et l'imiter.

Nous sommes pécheurs, et cela suffit pour nous imposer la nécessité de faire pénitence : nous le savons et nous le disons à ceux que nous sommes chargés d'instruire , il faut satisfaire à Dieu pour les outrages que lui fait le péché. Toutes les fois que nous avons le malheur de l'offenser, nous contractons avec sa justice une dette qu'il faut nécessairement acquitter en celte vie par une peine volontaire, ou en l'autre par des châlimens inévitables (5). Rejeter les exercices de

(1) Vœ vobis qui saturali estis , quia esiuielis. Vœ vobis qui ridetis mine, quia lugebilis etflebitis. {Luc 6. v. 25.)

(2) Arcla via est quœ ducit ad \itani.

(3) Spatiosa via est q\m ducilad nioitem.

(4) Qui autcni snnt Ciirisli , earnein suani cnicifixeruiU cuni viliis et conctipiscenliis. {Gahit. 5. v. 24.)

(5) Oiunis iuiquilns ituiiiatiu' neccsso es! ant ab ipso preniiente aut à Dco viadicante.

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