CHAPITRE XXXIX
Que les ministres de Jésus Christ doivent faire un bon emploi de leur temps , fuir l'oisiveté et craindre la paresse.
(4) I. Dieu en nous tirant du néant n'a pas laissé à notre choix de travailler ou de ne rien faire, ainsi que le goût ou le caprice, l'inclinaiion ou l'intérêt peuvent nous l'inspirer. Il nous a créés pour rem-
(d) Caritas non œmulatur (1 ad Cor. d3. 4.)
(2) Caritas Ijcnigna est. {Ihid.)
(3) Rogaie Doniinum niessis ut miltat operarios in niessem suara. {Luc, 40.2.)
(4) Le P. Belon.
80 PfiKFECïlON DU SACERDOCE.
plir les devoirs qu'il nous prescrit, et le travail est un des plus essentiels : il fut imposé à notre premier père, même dans Tétat d'innocence. Placé dans un lieu de délices, il ne devait pas y demeurer oisif. Quelqu'heureux qu'il fût dans le paradis terrestre, d utiles occupalions devaient remplir ses jours (1). La chute d'Adam lui rendit le travail pénible et plus indispensable. Nous naissons tous coupables du péché qu'il nous a transmis , et c'est pour le punir que nous sommes comme lui condamnés à travailler. S'il y a quelqu'exception pour les ministres du SeijTneur , c'est qu'ils sont chargés de travaux plus nobles et plus importans que ceux du reste des hommes. Dieu, en les appelant au sacerdoce , n'a pas prétendu flatter leur indolence et satisfaire leiu* paresse. Il exige d'eux une vie laborieuse; il les a choisis pour procurer sa gloire et le salut des âmes. Quels soins et quelles peines ne demande pas un emploi si difficile !
Les figures qui nous représentent l'Eglise nous montrent combien ses ministres sont obligés de travailler : elle est comparée à une vigne où Dieu les envoie .• Ite in vineani. Ce n'est pas pour en cueillir le fruit et s'en rassasier , mais pour y soutenir le poids du jour et de la chaleur en la cultivant. Il faut qu'ils puissent dire, avec les ouvriers du père de famille dont parle l'Evangile : Portavimus pondus Diei et œstus (2). L'Eglise est comparée à une armée redoutable par Tordre qui y règne et le courage de ceux qui la composent (3). Ils ne doivent pas être spectateurs désœuvrés des combats qu'elle livre et des victoires qu'elle remporte : ils doivent, dit saint Paul , agir et travailler comme de généreux soldats de Jésus-Christ (4). L'Eglise est appelée un bercail (5 . Nous sommes chargés de veiller sur lui, de le conduire, de pourvoira ses besoins spirituels (6). C'est ce qu'on ne peut faire sans un travail continuel. L'Eglise est un vaste champ qui offre une riche moisson : les ouvriers manquent pour en avoir le soin qu'elle demande (7). La culture de ce champ nous est confiée,
(1) Tnlit ergo Dominus Deushominem etposuit eum m paradiso voluplalis, ut operaretur. {Gon. 2. v. 15 )
(2) Matth. 20. v. 12.
(3) Tenibilis ut castrornin acies ordinala. {Cantic. 6. v. 3.)
(4) Labora sicut bonus miles Chrisli. (2 Tim. '2,v. 3.)
(5) Fiet unum ovile. {Joan. 10. v. IG.)
(6) Pascilc qui in vobis est gregem Dei.
<,7) Messls quideni mulla , opeiarii auteni pauci. {Matth. 9. r. 37.)