II
de travailler à notre conversion s'étaient rebutés de nos résistances opiniâtres à la grâce? Enfin, souvenons-nous que les contradictions, les persécutions sont la pierre de touche de toutes nos bonnes œuvres, et les signes les moins équivoques d'un ministère utile et agréable à Dieu, parce que c'est ce qui nous donne plus de ressemblance avec le prince des pasteurs et les premiers prédicateurs de son Evangile. Après l'exercice dos fondions, les autres œuvres de charité qui doivent occuper le prêtre sont principalement de visiter les hôpitaux et les prisons, de secourir les malades et les adligés , de travailler à réconcilier les personnes ennemies et de rétablir la paix dans les familles divisées. Nous n'insistons point ici sur ces articles, qui seront traités plus au long dans une seconde retraite.
Viennent enfin les actions du prêtre qui le regardent personnellement lui-même. On peut les réduire à ces deux principales : une étude réglée pour chaque jour et en un soin raisonnable de ses affaires temporelles. Quant à l'obligation où il est de s'appliquer à l'étude, nous en traiterons ailleurs, et elle se fait assez sentir dans la nécessité qu'il y a pour lui d'avoir la science ecclésiastique, qui ne s'acquiert que par l'étude. Cependant plusieurs s'en défendent sous le prétexte frivole qu'ils n'ont ni les livres nécessaires pour étudier, ni les moyens de se les procurer. D'autres, plus présomptueux, croient en savoir assez pour n'avoir pas besoin d'études. Mais qu'on soit de bonne foi , et l'on conviendra que ce qui manque est bien moins la quantité des livres que l'amour et le goût de la lecture. Qu'on place dans les bibliothèques les plus nombreuses et les mieux fournies un de ces ecclésiastiques qui prétextent le défaut de livres, on le verra plus embarrassé de la multitude et du choix de ces livres que piqué de la curiosité de les ouvrir. Qu'on aime l'étude et qu'on sente le besoin qu'on en a, les revenus les plus modiques seront toujours plus que suffisans pour se procurer la quantité nécessaire de livres. On ne manque ni de moyens ni d'argent pour le jeu, pour les repas, pour les amcublemens, pour mille autres dépenses, parce que le cœur est là. Si tout paraît impossible quand il s'agit de livres, c'est que l'inclination n'y est pas. Il n'y a point d'ecclésiastique si pauvre , disait sur cela un des plus grands prélats de notre France (1), qui ne puisse avoir autant et plus de livres qu'il ne lui en faut pour s'occuper toute sa vie. Eh! en faut-il donc tant pour
(1) Bossuet.