‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 66 sur 331 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la nécessité de la science dans les ministres de Jésus-Christ.

(i) La science sans la vertu failles docteurs, lu vertu sans la science fait les dévots ; mais '.l'union de la science et de la vertu forme le caractère du bon prêtre , du parfait ecclésiastique. Celui qui gardera mes commandemens et qui enseignera à les garder, sera grand dans le royaume des cieux , disait le Sauveur à ses apôtres , et en leurs personnes à tous ceux qui, après eux, devaient être un jour associés à son divin sacerdoce (2). Pour un prêtre, pour un ministre de Jésus- Christ, ce n'est donc point assez d'édifier les peuples par une vie sainte et des mœurs pures ; il doit être pour eux un flambeau lumineux qui les éclaire , un guide sûr qui les conduise dans les voies de la justice et du salut. 11 faut qu'il pratique ce qu'il enseigne, mais il faut aussi qu'il enseigne ce qu'il pratique , conformant en tout ses paroles à ses œuvres et ses œuvres à ses paroles. C'est cet assemblage de science et de sainteté dans les prêti^s, qui fait la gloire de l'Eglise , en assurant et la fécondité de son ministère et le salut de ses ministres. L'une de ces deux qualités sans l'autre rend les prêtres inutiles ou les expose à se perdre. Quelle est pour les ministres de Jésus-Clirist la nécessité de la science ? Quelles seraient les suil<s funestes de l'ignorance en eux ? Voilà les deux points imporlans que nous nous proposons de traiter.

(1) Sevoy.

(2) Qui fccei'it et docuerit , hic niagniis vocal)itiir in icgno cϔoiuni. {Mafth. c. 5. V. i9.)

118 OBLIGATIONS d'ÉTAT DU SACERDOCE.

I. La grandeur du ministère dont les prêtres sont chargés dans la loi nouvelle;, la sublimité des fonctions qu'ils exercent, la conduite invariable que Dieu a toujours tenue sur son Eglise, et que cette Eglise elle-même a toujours tenue sur ses ministres, sont les raisons principales de l'obligation où sont les prêtres d'avoir de la science. Je dis premièrement la grandeur de leur ministère. Au témoignage et selon les expressions de l'Esprit saint, ils sont les interprètes de la loi de Dieu , les dépositaires de la science , la lumière du monde , les docteurs , les guides et les anges visibles destinés à éclairer, à conduire par les voies de la vérité et de la vertu les âmes que Dieu a créées et qu'il a rachetées de son sang. Titres augustes qui , en montrant la grandeur du ministère des prêtres, montrent en même temps l'obligation où ils sont d'être savans. S'élève-t-il parmi vous des questions épineuses en matière de religion , disait Dieu aux Israélites; dans ces cas critiques et embarrassés où le jugement est plus dillicile , où les sentimens varient et se trouvent partagés , adressez-vous aux prêtres de la race de Lévi , portez l'aftaire à leur tribunal ; vous y trouverez l'éclaircissement de tous vos doutes et la vérité du jugement que vous cherchez , sans avoir à craindre ni erreur ni égarement dans la décision qu'ils vous donneront (4). Les lèvres du prêtre seront les dépositaires de la science, dit le prophète Malachie; c'est à lui, comme à l'ange du Dieu des armées, que les peuples s'adresseront pour avoir l'intelligence de la loi (2). Selon ces oracles , l'esprit du prêtre doit être comme un sanctuaire de lumière, comme une arche sacrée qui contienne des trésors de sagesse communicables à tous les hommes ; sa bouche et ses lèvres sont comme des sources publiques où les peuples ont droit d'aller puiser la connaissance des mystères de la religion ) sa langue , l'organe de la vérité , toujours prêt à prononcer des oracles qui puissent fixer tous les doutes ; le prêtre lui-même ne doit plus être regardé que comme un vase mystérieux et précieux , qui ne sera brisé que pour porter la lumière dans tous les esprits. De là ce précepte imposé au peuple de Diçu dans Aggée , d'interroger les prêtres sur les points difficiles de

(1) Si difficile et ambignuin apudte jiuliciuin esse perspexeris, et judicuni intia portas tuas videris verba vaiiari, venies ad sacerdôtes Levitici generis , quœresque ab eis, qui iudicabiml judicii veritatem. {Deuter. c. 17. v. S et 9.)

(2) Labia saceidolis custodieut scienliam , at legeui requirent de ore ejiis.

{Malacli. c. 2. v. 1.)

Page 1