CHAPITRE II
De la science ecclésiastique et des moyens de l'acquérir.
(2) I. La science des prêtres ;, pour être véritablement ecclésiastique, doit bannir toute science purement profane, comme étrangère à leur état , et embrasser toutes les connaissances nécessaires ou utiles, pour bien remplir toutes les fonctions attachées au sacerdoce. N'est-ce pas une chose déplorable, dit saint Jérôme, que de voir (ce qui se passe tous les jours sous nos yeux) des prêtres qui quittent la lecture des prophètes et des évangiles pour lire de cyniques et infâmes comédies, uniquement propres à gâter Tesprit, à souiller rimagination et à corrompre le cœur (3) ? Indépendamment de toute obscénité dans les ouvrages des profanes, toute science de pure curiosité est interdite aux ecclésiastiques. Et de là que de vaines connaissances mises à l'écart pour eux !
Vous me consultez sur de vaines questions , tirées des dialogues de Cicéron, écrivait saint Augustin à Dioscore, son ami : que ne puis-je , en me déchargeant sur vous d'une partie des sollicitudes pastorales qui m'accablent, vous retirer de toutes ces inutilités et de toutes ces bagatelles! Sujet bien digne en vérité de l'application d'un évéque que vos subtiles et curieuses questions ! Si , dans les délires d'une jeunesse inconsidérée , j'eus la faiblesse de donner dans
(1) Qui docti fuerint, fulgebiint quasi splendor firmamenti^ et qui ad justitiain erudinnt multos, quasi stellse in perpétuas eeternilates. {Da7i. 12. 3.
(2) Sevoy.
(3) Et nunc videmus sacerdotes Domini, omissis evangeliis et prophetis, quotidiè comœdias légère. {Epist. in 146. ad Damas.)