LITRE III, CIIAIITRE II
Valent précédé. Oserions-nous nous flaller d'cire plus privilégiés que ces grands saints? Prétendre avoir sans étude la science des livres sacrés , et y trouver la manne céleste que le Seigneur y a cachée pour nourriture spirituelle de nos âmes , ce serait en nous une présomption digne d'être punie par les ténèbres les plus épaisses de l'ignoranco et de l'aveuglement.
Troisième et dernier moyen pour nous d'acquérir la science de notre état : les conférences ecclésiastiques, si universellement recommandées , si sagement établies et si utilement pratiquées dans presque tous les diocèses de notre France ; conférences si propres à bannir l'ignorance du clergé , à y renouveler l'esprit ecclésiastique , à y ranimer la ferveur du zèle et à y faire fleurir la science avec les vertus. Rien de plus propre à rendre les prêtres la lumière du monde et le sel de la terre , comme ils doivent l'être par la pureté de leur doctrine et de leurs mœurs , que de leur mettre souvent devant les yeux les paroles de Jésus -Christ et des apôtres, les règles de la morale chrétienne et celle des saints canons , les obligations particulières de leur état et la sainteté des fonctions dont ils sont chargés. Ils s'y remplissent de la contiaissance et des mystères de la foi , qu'ils doivent toujours être prêts à défendre contre les hérétiques qui les combattent, ou contre les mauvais catholiques qui les déshonorent par leur conduite déréglée. C'est dans ces saintes assemblées qu'on trouve Téclaircissement de tous ses doutes ; que , par une communication réciproque de lumières , on aide les autres , et qu'on est aidé par eux dans la résolution des plus grandes difficultés du sacré ministère. Car voilà ce qui se fait, et en quoi consistent les conférences ecclésiastiques dont nous par- Ions : on s'y communique mutuellement les pensées et les seniimens de piété qu'on a eus dans la prière, dans la méditation et dans la lecture des livres saints ; on s'encourage les uns les autres dans les contradictions et dans toutes les peines inséparables du ministère ; on se fortifie dans les mêmes maximes ; on prend cette uniformité de sentiment et de pratique , si nécessaire pour le bien de l'Eglise et pour le salut des âmes.
Paul, ce vase d'élection, avait reçu immédiatement de Jésus- Christ l'évangile qu'il prêchait, ainsi qu'il nous le dit lui-même (1); cet homme, si aimé et si favorisé de Dieu , avait été ravi au troisième
(1) Ad Gai. 9. 4.t\ 42.