LIVRE III, CHAPITRE III
du prochain, celle-là nous enlevant les momensdus à cette instruction. Enfin, dans le temps même de Tétude, pour sanctifier un exercice qui de soi-même porte à la dissipation, il faut de temps en temps faire quelques retours vers Dieu , lui protestant que ce n est que pour lui obéir que nous étudions , usant de la pratique de saint Aujjustin, qui se tenait prosterné intérieurement aux pieds de Jésus-Clirist , et l'adorait caché sous l'écorce des lettres : Jesum quœrens in libris.
Je finis par Tavis important que donne un auteur célèbre de notre siècle à tous les pasteurs et à tous les prêtres qui veulent étudier solidement et rendre leurs études utiles (1). C'est de relire de temps en temps les livres qu'ils ont lus autrefois , et de se rafaîchir les idées de ce qu'ils ont appris. En vain on se flatterait de savoir toujours ce qu'une fois on a bien su : il faudrait pour cela un prodige de mémoire qui se trouve en bien peu de personnes. Dans la plupart , après un certain nombre d'années , peut-être même de mois ou de semaines, les idées s'obscursissent et s'effacent. On ne voit plus les objets que d'une manière confuse , et pour peu qu'on veuille prononcer sur-le-champ , on s'expose à se tromper et à tromper les autres ; ce qui est vrai en toute matière , mais encore plus dans les affaires qui ne peuvent se décider que par les règles du droit positif . Souvent les principes généraux souffrent des exceptions; il faut avoir les uns et les autres présens à l'esprit , sans quoi on est exposé à s'égarer et à égarer les autres, de tout cela il s'ensuit qu'un prêtre à qui le sacerdoce ou une place assurée fait fermer tous ses livres, ou qui n'en a point , ne peut manquer de faire une infinité de fautes, et tombera enfin dans un état d'ignorance qui, en le rendant l'opprobre du clergé et inutile aux peuples , rendra de plus son ministère très-nuisible à l'Eglise.