‹ Devoirs du sacerdoceChapitre 90 sur 331 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

De la nécessité de la prière pour les ministres de .lésus-Christ.

(3) Un Dieu nous aime, et pour nous témoigner son amour il nous prévient, il nous offre ses grâces, il nous promet de nous les accorder, et il nous sollicite de les recevoir. Petite et dabitur vohis (4). Elles nous sont si nécessaires ; d'où vient que nous montrons si peu d'empressement pour les lui demander et si peu d'ardeur pour les obtenir? Si nous connaissions mieux nos besoins et nos misères, il ne faudrait pas nous exhorter à implorer ce dieu de bonté. INous ne

(1) Ephes. 4. V. 5.5

(2) Epist. 257. '

(3) Le P. Belon.

(4) Mat th. cap. l.v.l.

balancerions plus de recourir à lui par des prières assidues et ferventes qui lui montreraient notre confiance et qui nous attireraient ses faveurs. Que nous serions heureux , que nous serions parfaits si nous pouvions aimer et pratiquer ce saint exercice de la prière autant que notre divin Sauveur Ta aimé et pratiqué ! On peut dire que sa vie a été une prière continuelle, formant des disciples dignes de lui et leur inspirant les vertus propres au ministère dont il voulait les honorer ; il leur a toujours proposé la prière comme un moyen des plus efficaces pour les soutenir dans leurs travaux, pour remplir leurs devoirs, et pour donner à leur zèle du mérite et du succès. Il faut toujours prier, leur disait ce divin maître, soyez fidèles à cette règle (1).

La prière, et une prière continuelle, est nécessaire aux prêtres, parce qu'elle est un hommage qu'ils doivent à Dieu plus que tous les autres hommes ; parce qu'elle est un tribut qu'ils doivent à l'Eglise dont ils sont ministres; parce qu'elle est un secours qu'ils se doivent à eux-mêmes ; parce qu'elle fait toute leur sûreté dans le cours de leur ministère; mais pour qu'elle produise efficacement ses eflèts, il faut qu'elle soit faite avec le respect , la confiance et la persévérance convenables.

Tels sont les divers points que nous avons à traiter , par rapport à la prière, l'un des devoirs fondamentaux de notre auguste ministèi-e. I. Ce que Jésus-Christ disait à ses chers disciples , il nous le dit aussi, ministres du Seigneur. Nous devons prier comme eux, les mêmes motifs nous y engagent ; puissions-nous le faire avec les mêmes dispositions. Nous le ferons si nous considérons la prière comme un hommage que Dieu demande. Ce Dieu puissant, dontJa],bonté , la grandeur a droit de tout exiger et de tout attendre de nous ; mais , hélas! faibles mortels, pécheurs indignes que nous sommes, que pouvons-nous lui offrir? Nos biens ne peuvent l'enrichir, ce n'est point aussi ce qu'il demande. Nous avons un esprit; Dieu veut que dans la prière, il s'occupe du souvenir de ses grandeurs^ qu'il considère ses amabilités , qu'il nous rappelle ses perfections. Nous avons un cœur ; Dieu veut que dans la prière , il se livre aux effusions les plus vives , aux affections les plus tendres , aux sentimens les plus pieux, pour lui témoigner notre religion et notre amour. Nous avons une langue ; Dieu veut que, dans la prière , elle publie ses bienfaits,

(1) Opovlet sempev oraie et non delicere. {Luc. 18. 2.)

Page 1