ÉTHER
résolution musculaire. Ace moment les pupilles sont dilatées et le pouls se ralentit». Guider et Wilheme ont reconnu quatre périodes à cette action dans sa totalité : « 1° suppression des fonctions des hémisphères cérébraux, sommeil; 2° suspension des fonctions de la protubérance, perte, des impressions sensitives, anesthésie ; 3° action sur les centres cérébro-spinaux excitomoteurs, résolution musculaire; 4° suspension des fonctions du bulbe et des nerfs du système organique, cessation de la respiration, arrêt du cœur, mort ».
L’éthéromane ne cherche évidemment que les premières périodes de cette action ; il ne veut que l’ivresse, cette ivresse qui est plus rapide à se manifester que celle de F alcool : « les songes et les hallucinations provoques sont plus riants et plus légers : de plus, cette ivresse (de l'éther) dure moins longtemps (que celle de 1 alcool) et, au réveil, on ne ressent ni le mal de tête ni l’empâtement de la bouche que produit l’ivresse alcoolique ».
Mais le tableau ci-dessus montre que facilement on peut dépasser la mesure ; l’éther continué peut atteindre les centres mesocéphaliques et entraîner la mort. Ge danger est d’autant plus redoutable que le poison anesthésie et endort, que par suite on ne peut pas (quand on est seul) en arrêter l’ingestion à un moment donné; et l’éther continue alors son œuvre de mort sur le malheureux anesthésié et endormi qui continue à l’inhaler. C’est ainsi que la mort peut arriver sans que le sujet la souhaite et 1 ait desiree et a propos d une inhalation qu’il considérait connue un plaisir inoffensif.
En dehors de cet accident brusque et terrible, les inhalations répétées d’éther entraînent des symptômes d’intoxication chronique, qui portent spr toutes les fonctions et sur la nutrition dans son ensemble: à ce point de vue, on a pu dire que « les méfaits de l’ivresse éthérée sont encore plus considérables que ceux de l’alcoolisme. L’éthéromane se cachectise rapidemment et es! atteint fatalement, dans un
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délai très court, de troubles nerveux et de troubles cérébraux » .-
On voit que, à côté et à la suite de F alcool et de l’opium, l’éther mérite bien d’être signalé comme un danger individuel- et social, comme un poison eupboristiqne, dont l'usage volontaire et habituel constitue un péril biologique de la plus haute importance.