Chloral, chloralomanie et chloralisme
Le chloral est un excellent hypnotique ; l’homme apprécie tellement le bienfait du sommeil, quand il en est privé pour un motif quelconque, qu'il devait se laisser aller facilement à prolonger au delà du besoin l'usage de ce médicament, à en abuser et à s'empoisonner ainsi comme avec la morphine ou la cocaïne.
Aussi, dès la première année (1869) d'introduction du chloral dans la thérapeutique (Libreich), voyons-nous signaler les dangers de l'usage immodéré de ce médicament. Jastrowitz observe « des troubles circulatoires graves dus à l'usage prolongé du médicament. L’année d’après, Lange publie un cas de diminution de l’activité cérébrale résultant de la même médication et Kaiser note des troubles de la sensibilité avec paralysie des extrémités supérieures ». Les travaux se multiplient ensuite (Relun 1886; Pichon 1888) sur le chloralisme chronique et subaigu. Enfin Gilbert Ballet