‹ Devoirs et périls biologiquesChapitre 31 sur 105 · TABAC · texte numérisé non relu

TABAC

Le tabagisme chronique nous intéresse surtout pour le tabac fumé.

Les effets fâcheux de la première pipe sont peu importants en général et se dissipent rapidement. L'accoutumance s’établit bientôt et l'intoxication ne s'annonce par aucun symptôme : beaucoup de personnes peuvent fumer longtemps et beaucoup sans rien ressentir. Le tabac semble même être devenu indispensable à la vie et au fonctionnement général du sujet: on pense ou on compose mieux, on exerce mieux sa profession après une cigarette. La cessation brusque peut amener quelques troubles, cependant bien moins sérieux que ceux des autres poisons cités plus haut.

Cette tolérance apparente et ce silence symptomatique n'empêchent pas l'intoxication de faire son œuvre et, au bout d'un certain temps, on note des troubles du tube digestif : perte de l'appétit, pyrosis ; des troubles de la mémoire ; des vertiges; des troubles circulatoires: arythmie cardiaque, dyspnée, angine de poitrine... La lésion essentielle du tabagisme chronique est l'artériosclérose, qui débute par l'hypertension et à laquelle on peut rattacher la plupart des symptômes déjà énoncés: amnésie, vertiges, arythmie cardiaque, angor pectoris. Si l'intoxication est arrêtée assez tôt, le trouble ne dépasse pas la phase des spasmes artériels et tout rentre dans l'ordre si l'on supprime rapidement et définitivement le poison. Mais, si l’on continue à fumer ou si, après avoir suspendu, on recommence, surtout si on est arthritique, alcoolique, ou si on a une insuffisance de 1 appareil antitoxique, la lésion organique s'installe aux vaisseaux et au cœur et on peut arriver à la thrombose (cérébrale ou autre), à b hémiplégie, la dyspnée chronique, la sclérose rénale (albuminurie). . .

Quoique le tabac prisé soit le plus riche en nicotine et que le tabac chiqué présente théoriquement le plus de danger d'intoxication, ce ne sont pas les formes d'intoxication chronique le plus fréquentes.

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