‹ Devoirs et périls biologiquesChapitre 46 sur 105 · ATTENTATS PSYCHIQUES ET MORAUX · texte numérisé non relu

ATTENTATS PSYCHIQUES ET MORAUX

quelle ce livre est édifié, se ramènent à cette proposition élémentaire et presque naïve que la vie de l’homme est double, psychique et physique, et que, dans toutes les questions de sociologie et de morale, il faut envisager séparément et successivement ces deux points de vue. Nous avons dit les périls individuels et sociaux que créent les attentats contre la vie physique des individus; il faut parler maintenant des périls individuels et sociaux que créent les attentats contre la vie psychique et morale des individus.

Tout homme ayant pour mission biologique de conserver, détendre et accroître sa propre vie (psychique et physique) et de collaborer au progrès incessant, continu et indéfini de 1 humanité, tout acte qui tendra à entraver cette mission, à diminuer la vie psychique et progressive du voisin sera un attentat moralement condamnable et socialement dangereux, qu’il faut dénoncer et combattre.

Nombreux sont les moyens par lesquels chacun peut, avec plus ou moins de facilité et de succès, attenter ainsi à la vie psychique et morale des autres. Je ne parle pas de 1 influence à ce point de vue de l’éducation et des éducateurs parce que ceci regarde les devoirs familiaux et sera étudié dans la quatrième partie. Mais le grand instrument à la disposition de chacun pour influencer, en bien ou en mal, son prochain est le langage sous ses trois formes: parlé, écrit, agi.

Les conversations, les cours, conférences, l’enseignement oral, — -le livre, la presse, — l’exemple, les actes de la vie... sont de puissants moyens de faire du bien dans beaucoup de cas, mais aussi de porter atteinte à la personnalité morale des autres hommes, de nos contemporains et de nos successeurs, de diminuer et d’amoindrir, de fausser et de mal diriger, dans des proportions variables, la vie psychique et morale des hommes.

Pour donner un peu de précision à cette idée, il faut l’étudier sur quelques exemples, choisis un peu disparates

PERILS INTERINDIVIDUELS

pour donner une idée des différents genres d'attentats que l'on peut commettre’ contre la vie psychique et morale des individus. Car, dans Y assassinat moral, comme dans l’assassinat physique, il y a des degrés divers depuis les coups et blessures par imprudence jusqu’au meurtre avec préméditation. On aura une première idée de ces divers degrés de mal dès l’énoncé du premier exemple choisi : injure, diffamation, calomnie et faux témoignage.

B. Injure, diffamation, calomnie et faux témoignage. —

\J injure est définie par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (article 29) : toute expression outrageante, terme de mépris ou invective, qui ne renferme l’imputation d’aucun fait. Non publique, l'injure est une simple contravention punie d’une amende (article 471, 11°). Publique, elle devient un délit, justiciable du tribunal correctionnel ou de la cour d'assises, selon qu'elle s'adresse à un particulier, à un corps constitué ou à un fonctionnaire public. Si l'injure adressée à des agents de l'autorité ne s'est pas produite par la voie de la presse ôu au cours de discours tenus dans des réunions publiques, elle constitue le délit d'outrages (article 222 : par paroles, par écrit ou dessin non rendus publics, outrages tendant à inculper l'honneur ou la délicatesse du magistrat).

La diffamation est définie parle même article de la même loi sur la presse : toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé. On voit la différence avec l’injure dans laquelle il n’y a imputation d'aucun fait.

La diffamation est publique quand elle est commise par un des moyens de publication déterminés par la même loi. La preuve des imputations diffamatoires envers le particulier ne peut être faite ; au contraire, la vérité du fait diffamatoire, quand il est relatif aux fonctions, peut être établie

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