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PORNOGRAPHIE

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Pour nuire a lu ca|npagne antipomographique, on affecte souvent détendre étrangement le sens de ce mot. Il faut réagir contre cette tendance.

La pornographie « n'est pas l'immoralité, même relative aux rapports entre les sexes... C’est encore moins la représentation artistique du nu... Ceux qui jettent les hauts cris devant une académie sculptée ou peinte ne sont que des bégueules, — du moment qu elle n’est pas provocatrice, —

dont la vertu me semble trop vite effarouchée pour l’estimer bien solide ».

(,e qui accroît la difficulté dune bonne définition, c’est la relativité de certaines impressions : « il est incontestable qu un livre, un tableau, une statue, un dessin, une pièce de théâtre absolument irréprochables, voire quelques-uns des plus hauts chefs-d’œuvre de l’esprit humain, sont susceptibles de devenir dangereux suivant les circonstances, les âges et les conditions ». — Ce n’est donc pas tant' par ses résultats qu il faut, définir la pornographie que par ses intentions (il en est toujours ainsi quand on veut juger la moralité ou l'immoralité d’un acte).

D'après Paul Gaultier, « la pornographie est l'excitation à la débauche par l'image ou par la plume. Elle est. essentiellement, une invite à la luxure, simulation ou figuration écrite, peinte, sculptée ou dessinée, des moyens, de l'acte ou des organes qui procurent le plaisir sexuel ». Est pornographe toute publication faite clans le seul but obscène . Cette définition élimine de la pornographie toutes les publications laites dans un but artistique, dans un but scientifique..., alors même que certains esprits les trouveraient obscènes.

Ainsi comprise, la pornographie ou écriture obscène dénature et détruit l'idée fondatrice et directrice de la famille et constitue, au premier chef, un attentat contre la vie psychique et morale des individus .*

Je n'ai pas besoin d'insister sur la gravité et l'étendue du

PÉRILS INTERINDIVIDÜELS

péril créé par le « poison pornographique » qui est transporté et inoculé par le livre, le journal, h album, le théâtre, le café-concert (« depuis le music-hall jusqu'au houis-houis »), le cinématographe, les cartes postales, cartes transparentes, photographies...

Gaultier emprunte les chiffres suivants au rapport d'Émile Pouresy au deuxième congrès national contre la pornographie (Paris, mars 1912) : « des catalogues lyonnais et parisiens énumèrent, lun 11 4 ouvrages, F autre 229, quelques-uns tirés à 50 000. Un catalogue, publié à Madrid et qu’annoncent chaque semaine 300000 exemplaires de feuilles françaises en mentionne 298 de la plus grande ignominie, on peut évaluer à 2 millions les volumes de cette sorte vendus annuellement. » Pour les journaux, en 1905, les chemins de fer belges interdisent la circulation de 40 périodiques illustrés et de 50 revues, almanachs et albums. En France, il s’en vendait alors une moyenne de 200 000 exemplaires par jour. « Françaises, italiennes ou allemandes, c’était par millions — 10 millions à peu près — que les cartes postales illustrées distribuaient naguère la pornographie à tous les villages de France, avant que des mesures draconiennes aient été prises contre elles. » Pour les photographies obscènes, « une firme hollandaise offre 6 000 séries différentes à 25 feuilles, dont le prix varie de 1 fr. 50 à 3 fr. 50. Un éditeur de Gênes annonce 41 séries à 20 numéros chacune, un autre de Turin 732 séries, un troisième de Madrid 342. Des saisies ayant été effectuées à Paris, en juin 1909, la préfecture de police fit transporter au parquet, sur un camion attelé de deux chevaux, plus de 1 500 kilos de clichés en verre et pour plus de 60 000 francs-

de photographies . C’est un déluge qui envahit nos rues,

nos campagnes, s’étale aux devantures, se glisse dans nosdemeures, offense nos yeux, salit, nos oreilles, souille notre esprit. C’est, à la lettre, un débordement d’ordures. »

On comprend les désastres que toutes ces publications, qui

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