‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 12 sur 135 · l'hyperesthésie sensationnelle diffuse et variable; 3. le · texte numérisé non relu

l'hyperesthésie sensationnelle diffuse et variable; 3. le

déséquilibre des réactions motrices et sécrétoires; 4. la tendance «aux spasmes; 5. le tremblement; 6. enfin Tintensité et la diffusion anormales des effets physiques et

psychiques des émotions. »

Tout le monde a été d'accord pour admettre l'existence delà constitution psychique émotive. Mais on a beaucoup discuté les caractères donnés par Dupré...

En tous cas, quand Thyperémotivité se complique de ces divers signes, ce n'est plus un trouble purement hyper

C'est vraiment un de ces troubles parahyper donf je parlerai plus loin (y).

S. Le tempérament inémotif ou hypoémotif répond au premier type (apathiquc>s) de Malapert : de sensibilité médiocre, ces sujets sont froids, calmes, indiflerents, sans ardeur, égoïstes naïfs et natifs (ont des chances de vivre longtemps) moins par calcul (jue par insensibilité même.

A un de^-ré plus élevé, Tinémotivité devient maladive : c'est rindillerence et l'insensibilité partielles et conscientes.

Le sujet sent son indiflérence et en souflrc.Il reconnaît que

cesl une maladie et demande à en être débarrassé. Il l'étalé même et l'exagère. C'est l'état de la femme, qui vient, désolée, se plaindre de ne plus aimer sa famille et ses enfants ;

de l'homme qui se lamente de devenir indifférent à ses affaires et aux événements familiaux ou nationaux. Rien ne me fait plaisir ni peine, disent-ils, tous.

A ce groupe appartient le sentiment d'incomplétude dans

la sensation ([ue Pierre Janet a décrite comme élément important de la psychasthénie. C'est l'état du neurasthénique blasé cherchant une sensation neuve et poursuivant sa sensibilité épuisée; c'est l'état observé dans la névrose ou psy-

ehonévrosede désintérêt.

11 faut distinguer cette indifférence vraie de l' indifférence atfectée, simulée ou cherchée par d'autres sujets.

Chez le sujet vraiment indifférent, la constatation de cette

Indiffc^rence peut le conduire à Fennui, à la tristesse, à la désespérance, à la mélancohe, voire même au suicide (s'il a, d'autre part, une personnahté psychique peu résistante). La conscience que ces malades ont de leur indiHérence et la souffrance qui en résulte prouvent bien que cette insensibihté n'est que relative et partielle. Ils ne regretteraient pas leur insensibilité s'ils étaient totalement dépourvus de sensibilité. D'ailleurs ces mêmes sujets sont souvent des

émotifs pour d^autres sensations; ils reporteront par exemple sur un médecin ou sur un prêtre, en rexagérant,

FONGTiONS PSYCHIQUES INDIVIDUELLES 77

l'affection qu'ils n'éprouvent plus pour leur famille ; ce sont bien des hypopara.

Dans les cas graves, la sensibilité et rémotivifé disparaissent complètement et dans tous les domaines; naturellement alors le sujet ne s'en préoccupe pas. Cela arrive dans les grandes désorganisations psycliiques (démences); il ne

faut pas se laisser abuser dans ces cas par les crises de rire

ou de pleurer spasmodiques qui n'ont pas d'émotion à leur

origine (et qui ont plutôt parfois l'émotion pour conséquence).

Les divers sentiments disparaissent le plus souvent dans

un certain ordre : les plus élevés (relatifs à la vie en soci(5té)

sont les premiers atteints; les plus personnels (relatifs à la vie de l'individu) survivent les derniers.

Il faut d'ailleurs se tenir en garde contre la tendance que Ton aurait facilement à étendre outre mesure la constitution émotive et à en faire un synonyme de la constitution psychopathique générale, qui est une notion beaucoup plus élevée et complexe.

Uhypooénesthésie morbide, dont j'ai déjà parlé, est un trouble hypopara de rémotivité : euphorie, quand elle est ■' générale. Elle peut aussi être partielle et porter uniquement sur quelque sensation particulière; à ce groupe appartiennent (Séglas) Tanorexie, la sitiophobie, la manie du jeiîne...

Le vrai trouble émotif hijpo se résume en définitive dans yfiypophobie ou diminution de la peur.

hdipeur est une émotion normale, nécessaire à la conservation et à la défense de Fiiounne. C'est le phénomène psychique que fait naître la connaissance d'un objet dangereux ou nuisible et qui fait naître les actes nécessaires pour éviter ou combattre cet élément nocif; c'est nw élément psychique normal de défense.

Dans une intéressante conférence faite à Valence, en 1904, sur la peur, Augustin Ménard rappelle ce mot du maréchal

^^^y • j« voudrais bien savoir quel est le Jean foutre qui n'a

» ,ls.'«^'■

78 FONCTIONS Psychiques individuelles

jamais eu peur. - Ce Jean foutre existe; mais c'est un malade, c'est l'hypophobique.

Les vrais hypophobiques ne sont d'ailleurs pas ceux qui bravent le danger parce qu'ils en ignorent l'existence, mais bien ceux qui le bravent parce qu'ils n'en comprennent pas, n'en sentent pas, l'importance; ils n'en ont pas lémotion normale, nécessaire. - Ce groupe comprend tous les psy-

cliOTiévrosés fanfarons.

Y- Dans les troubles kijperpara, on distingue Thyperpay-Àxxxo\\x\\l^ générale ^\. les hyparparaémotivilés particulières. Je ne parierai ici que du premier groupe.

Entête derhyperparaémotivité générale est riiyperémotivité Incomplète et consciente, \ angoisse, qui est vraiment une émotion maladive.

Pour une cause quelconciue (le plus souvent faiblesse du

sujet sentant), l'impression émotive se connnunique, à un plus grand nombre de centres neuroniques (pr'à Tétat normal; aux pbénomènes physiologiques habituels de Fémotion s'ajoutent d'autres phénonumes plus intenses et plus graves;

notamment des troubles de la respiration; l'élément psychologique s'en aggrave el l'angoisse est constituée. La sensation provocatrice de Fangoisse peut d'ailleurs être en- (lOgène ou exogène, normale ou pathologique : toutes les

émotions peuvent être arigogènes.

Plus spécialement, Fangoisse peut compliquer le souvenir i{n passé (scrupule, remords, angoisse rétrospective), la

conscience Am présent (angoisse de l'état physique ou de

rétat moral actuels) ou l'incertitude de Vavenir (attente anxieuse, indécision, hésitation). Elle constitue l'élément capital de la névrose d'angoisse, de la psychonévrose

Anxi^usO'.

Dans tous ces cas, le malade est conscient de son émotivité et en SOUtîre. Cette conscience douloureuse de l'émotivité est un des principaux facteurs de l'angoisse. 11 faut aussi mentionner ensuite d'autres cas, d'ailleurs plus complexes, dans

lesquels l'exaltation émotive est totale et inconsciente. Ce dernier trouble est notamment un des éléments constituants de la manie.

A un moindre degré, ce même trouhle est la base du changement de caractère que présentent beaucoup de mentaux au début de leur maladie (organique ou psychosique), quand ils deviennent irritables, susceptibles, se mettant facilement en coltNre, tombant rapidement dans des accès de tristesse ou de joie... Cette hyperémotivité conduit souvent aux idées de persécution.

L'hypoémotivité et l'iiyperémotivité se succèdent parfois

très rapidement chez un même sujet. Souvent aussi les deux états coexistent chez le même sujet, pour des émotions différentes. En tous cas, ces malades sentent et sont énuis à contretemps : leur émotion n'est en rapport avec la cause provocatrice ni connue quantité ni comme qualité. Les émotions, chez eux, ne se hiérarchisent pas dans le même ordre (|ue leurs causes; elles sont en disproportion avec leurs causes.

Voici d'ailleurs les signes auxquels, d'une manière générale, on reconnaît que la peur est devenue morbide (^paraphobie, phobie).

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