TABAC
Le tabagime chronique nous intéresse surtout pour le tabac fumé.
Les effets fâcheux de la première pipe sont peu importants en général et se dissipent rapidement. L'accoutumance
s'établit bleniôt et rintoxiciition ne s'annonce par aucun
symptôme : beaucoup de personnes peuvent fumer longtemps et beaucoup sans rien ressentir. Le tabac semble même être devenu indispensable à la vie et au fonctionnement général '
du sujet: on pense ou on compose mieux, on exerce mieux
sa profession après une cigarette. La cessation brusque peut amener quelques troubles, cependant bien moins sérieux que ceux des autres poisons cités plus haut.
Cette tolérance apparortle et ce silonco symptomatique
ireiiipèclient pas l'intoxication de faire sou œuvre et, au bout
d'un certain temps, on note des troubles du tube digestif : perte de l'appétit, pyrosis ; des troubles de la mémoire ; des
vertiges; des troubles circulatoires : arytlimio cardiaquc, dyspnée, angine de poitrine... La lésion essentielle du tabagisme cbronique est l'artériosclérose, qui débute par l'hypertension et à laquelle on peut rattaclier la plupart des symptômes déjà énoncés : amnésie, vertiges, arytbmiê cardiaque,
angor pecloris. Si l'intoxication est arrêtée assez tôt, le trouble ne dépasse pas la phase des spasmes artériels et tout rentre dans Tordre si l'on supprime rapidement et définitivement le poison. Mais, si Ton continue à fumer ou si, après
avoir suspendu, on recommence, surtout si on est arthritique,
alcoolique, ou si on a une insuffisance de l'appareil antiloxique, la lésion organique s'installe aux vaisseaux et au cœur et on peut arriver à la tliromhose (cérébrale ou autre),
iiriiémiplégie,la dyspnée chronique, la sclérose rénale (albuminurie). . .
Quoique le tabac prisé soit le plus riche en nicotine et que le tabac chiqué présente théoriquement le plus de danger d'intoxication, ce ne sont pas les formes d'intoxication
chronique le plus fréquentes.