‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 60 sur 135 · PORNOGRAPHIE · texte numérisé non relu

PORNOGRAPHIE

Pour nuire à la campagne antipornographique, on affecte souvent d'étendre étrangement le sens de ce mot. Il faut réagir contre cette tendance.

La pornographie « n'est pas Timmoralité, même relative

;iux rapports entre les sexes... C'est encore moins la représentation artistique du nu... Ceux qui jettent les hauts cris devant une académie sculptée ou peinte ne sont que des

bégueules, — du moment qu'elle n'est pas provocatrice, — 4lont la vertu me semble trop vite effarouchée pour Testinier bien solide».

Ce qui accroît la difficulté d'une bonne définition, c'est

la relativité de certaines impressions : « il est incontestable qu'un livre, un tableau, une statue, un dessin, une pièce de théâtre absolument irréprochables, voire quelques-uns des plus hauts chefs-d'œuvre de l'esprit humain, sont suscep-

libles de devenir dangereux suivant les circonstances, les âges et les condition^ ». — Ce n'est donc pas tant par ses

résultats qu'il faut déhnir la pornographie que par ses in-

f entions (il en est toujours ainsi quand on veut juger la

moralité ou l'immoralité d'un acte).

D'après Paul Gaultier, « la pornographie est l'excitation à la débauche par Timage ou par la plume. Elle est, essen-

liellement, une invite à la luxure, simulation ou figuration

écrite, peinte, sculptée ou dessinée, des moyens, de l'acte ou des organes qui procurent le plaisir sexuel ». Est porno-

j-raphe toute publication faite dans le seul but obscène.

Cette définition élimine de la pornographie toutes les pu- Mications faites dans un but artistique, dans un but scientifique..., alors même que certains esprits les trouveraient obscènes.

Ainsi comprise, la pornographie ou écriture obscène dénature et détruit l'idée fondatrice et directrice de la lamille et constitue, au premier chef, un attentat contre la.

rie psychique et morale des individus.

Je n'ai pas besoin d'insister sur la gravité et l'étendue du

J9Q PÊBILS INTERINDIVIDUELS

un commencement — mais seulement un Insuffisant commencement - de satisfaction aux médecins.

En France, la loi ayant refusé, en 1892, comme je 1 ai dit, d'inscrire l'iiypnolisme comme pratique réservée aux seu'ls médecins, il y a eu d'abord des jugements contradictoires. ,. ,,

H y a des jugements contre les niagiiétiseuis non diplômés (Le Mans 1894, Grenoble 1896, Lille 1897, la Semé 1899); daulres pour (Angers 1894, Grenoble 189S, Angers 189-/). Mais en 1901, la Cour de Cassation, réformani l'arrêt de la Cour d'Angers a lixé la jurisprudence contre

les magnétiseurs non diplômés, qu'elle considère comme exerçant iUégalement la médecine, disant que les « termes exprès de l'article 16 de la loi de 1892 n'excluent de la qualification légale du délit aucun mode de tiaileiuenl dès qu'il est habituel ou suivi. »

Ajoutons que, quand un magnétiseur s'attache un diplômé pour signer les ordonnances, ils peuvent être con damnés tous les deux : le médecin étant considéré comme complice parce qu'il a « exercé la médecine tout en faisan, complètement abstraction de sa personnalité médicale ».

D La pornographie. - Le mot pornographie, de itopvï„

courtisane ou prostituée, et Ypa?i..v, écrire, s'applique, en fait, à l'ensemble des publications obscènes, non seulemeni de fait, mais d'intention, faites dans un but obscène.

Tout le monde reconnaît le péril, individuel et social. que créent et constituent les publications pornographiques. Cependant tout le monde n'ose pas exprimer la même opinion sur cette question; certains ne traitent la question que par un sourire ironique et d'autres accusent même les antipornographes d'être les seuls auteurs du danger. Cec. vieni

surtout de ce que l'on ne s'entend pas sur la définition de h,

pornographie; on obscurcit - quelquefois intentionnelle ment - l'idée que l'on doit se taire de ce terme.

PORNOGRAPHIE ^Sf

Pour nuire à la campagne antipornograpliique, on affecte

souvent d'étendre étrangement le sens de ce mot. Il faut réagir contre cette tendance.

La pornographie « n'est pas rinimoralité, même relative aux rapports entre les sexes... C'est encore moins la représentation artistique du nu... Ceux qui jettent les hauts cris

devant une académie sculptée ou peinte ne sont que des

bégueules, — du moment qu'elle n'est pas provocatrice, — 4lont la vertu me semble trop vite effarouchée pour l'estimer bien solide».

Ce qui accroît la difficulté d'une bonne définition, c^est la relativité de certaines impressions : « il est incontestable .ju'un livre, un tableau, une statue, un dessin, une pièce de théâtre absolument irréprochables, voire quelques-uns des plus hauts chefs-d œ,uvre de Tesprit humain, sont susceplibles de devenir dangereux suivant les circonstances, les àj2^esetles condition^ ». — Ce n est donc pas tant par ses

résultats qu^il faut définir la pornographie que par ses infmtwns (il en est toujours ainsi quand on veut juger la moralité ou Timmoralité d'un acte).

D'après Paul Gaultier, « la pornographie est Texcitation à la débauche par l'image ou par la plume. Elle est, essen- I tellement, une invite à la luxure, simulation ou figuration écrite, peinte, sculptée ou dessinée, des moyens, de Tacte ou

des organes qui procurent le plaisir sexuel ». Est pornographe toute publicatioti faite dans le seul but obscène. Cette définition élinnne de la pornographie toutes les publications faites dans un but artistique, dans un but scientifique..., alors même que certains esprits les trouveraient

obscènes.

Ainsi comprise, la pornographie ou écriture obscène

<lénature et détruit l'idée fondatrice et directrice de la

lamille et constitue, au premier chef, un attentat contre la vie psychique et morale des individus.

Je n'ai pas besoin d'insister sur la gravité et Tétendue du

PÉRILS INTERINDIVIDUELS

péril créé par le « poison pornograpliique » qui est transporté et inoculé par le livre, le journal, l'album, le théâtre, . le café-concert (« depuis le music-hall jusqu'au bouis-houis »),

le cinématographe, les cartes postales, cartes transparentes,

photographies...

Gaultier emprunte leschillres suivants au rapport d'Enn le Pouresy au deuxième congrès national contre la pornographie (Paris, mars 1912) : « des catalogues lyonnais et parisiens énumèrent, Tun 114 ouvrages, Tautre 229, quelques-uns tirés à 50 000. Un catalogue, publié à Madrid et qu'annoncent chaque semaine 300000 exemplaires de feuilles

françaises en mentionne 298 de la plus grande ignominie,

on peut évaluer à 2 millions les volumes de cette sorte vendus annuellement. » Pour les journaux, en 1905, les chemins de fer belges interdisent la circulation de 40 périodiques illustrés et de 50 revues, almanachs et albums. En France^ il s'en vendait alors une moyenne de 200 000 exemplaires par jour. « Françaises, italiennes ou allemandes, c'était par millions — 10 millions à peu près —

que les cartes postales illustrées distribuaient naguère la

pornographie à tous les villages de France, avant que des mesures draconiennes aient été prises contre elles. » Pour les photographies obscènes, « une firme hollandaise offre 6 000 séries difiérentes à 25 feuilles, dont le prix varie de 1 fr. 50 à 3 fr. 50. Un éditeur de Gênes annonce 41 séries à 20 numéros chacune, un autre de Turin 732 séries, un

troisième de Madrid 342. Des saisies ayant été effectuées à

Paris, en juin 1909, la préfecture de police fil transporter

au parquet, sur un camion attelé de deux chevaux, plus de 1 500 kilos de clichés en verre et pour plus de 60 000 francs

de photographies C'est un déluge qui envahit nos rues,

nos campagnes, s'étale aux devantures, se glisse dans nos demeures, offense nos yeux, salit nos oreilles, souille notre

esprit. C'est, à la lettre, un débordement d'ordures. »

On comprend les désastres que toutes ces publications, qui

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