‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 79 sur 135 · TOURCOING · texte numérisé non relu

TOURCOING

ULLE

La police belge empêche le cabaret ier de Roubaix d'aller l'aire sa propagande à Mouscron; mais, en France, le tribunal de Lille est obligé de chercher un biais pour condamner ce cabaretier à payer 100 francs à chacun des demandeurs, parce que « c'est adresser une injure gratuite à un honnête liomme que de lui envoyer un prospectus recommandant des pi-océdés aussi immoraux; car c'est le supposer capable de

iTcoiirir à ces lionteuses prati((ues » et parce que « c'est

commettre une faute lounle que de distribuer ce prospectus

dans une maison où il peut tomber sous les yeux d'enfants mineurs ».

La propagande néomalthusienne (sur laquelle on trouvera d'autres détails dans le livre de Bertilion) arrive à précoruser ravortement criminel et l'infanticide.

La « Ligue de la Régénération » déclare d'abord qu'elle

ne répond pas aux demandes d'avortement; puis elle émet

des doutes sur l'illégitimité de l'avortemenl; « un peu plus lard, Tavortement est devenu un droit. Gela est logique, ajoute Bertilion. En eflfet, si vous admettez qu'il n'est pas immoral de rendre l'amour infécond, il ne peut pas être immoral de réparer une maladresse; les deux reviennent au

même. D'ailleurs, d'après nos prétendus régénérateurs, un

lœtus n'est qu'une portion du corps d'une fenurie; elle peut

donc en disposer à son gré comme de ses cheveux, de ses ongles, de ses excréments; l'oppression des dirigeants ineptes et malfaisants a seule pu en décider autrement CRé-

3gg LA DÉPOPULATION

génération, septembre 1907). Et si la mère peut faire tuer sans scrupule cette portion de son corps, pourquoi cesseraitelle d'avoir ce droit, sous prétexte que cet excrément est

sorti naturellement au lieu de sortir artificiellement? Et

nous voilà conduits à justifier l'infanticide... »

La même ligue parle avec indignation de la Société pro

tectrice de l' enfance et la couvre d'injures. El, en octol^re

1909, un médecin, poursuivi pour avortement et infanticide, fait des aveux complets et justifie le crime qu'il a commis en disant « que l'enfant, né viable, aurait eu besoin de soins et que, convaincu que la famille ne les donnerait pas,

il avait préféré donner tout de suite la mort au nouveau-né

en l'étouifanl ».

Voilà bien les termes du développement complet du néomalthusianisme : la prophylaxie conceptionnelle, l'avorte ment, Tassassinat. Et le 1" août 1912, la Génération consciente, journal mensuel, qui a remplacé la Régénération. demande l'abrogation de l'infâme article 317 du Code pénal, lequel classe Tavortement parmi les crimes et le punit

d'une peine qui n'est quasi plus jamais appliquée; on s'y

plaint de la surpopulation en France et l'on y souhaite une

nouvelle diminution du chiffre si infime des naissances

Le néomalthusianisme, avec les pratiques anticonceptionnelles d'une part et l'avortement de l'autre est, grâce à Tindifférence et à la tolérance des pouvoirs publics et de l'opinion, en train de conquérir la France. Cette conquête est déjà à peu près faite, en ce qui concerne les villes et les

agglomérations industrielles. Elle entame maintenant les

campagnes. »

C. Conclusions. — J'ai un peu insisté sur l'historique du développement du néomalthusianisme parce qu'il m'a paru que c'était là à la fois le meilleur exposé et la plus convaincante réfutation de cette doctrine.

Si Malthus n'a jamais professé lui-même les doctrines^

MALTHUSIANISME NONSCIENTIFIQUE

4|ue je viens d'exposer, il n'en faut pas moins faire remonter

jusqu'à lui la responsabilité de cet enchaînement de raisonnements qui conduit à Tapologie du crime. Le néomalthusianisme n'est pas une doctrine scientifique; mais c'est

ime doctrine qui a la prélention, justifiée dans une certaine

limite, de procéder du principe scientifique de Malthus. ' Nous avons donc réfuté d'avance ce néomalthusianisme i*n lui enlevant sa base et son point de, départ, quand nous avons réfuté scientifiquement le malthusianisme scienti- (ique; et, si on était tenté de trouver que nous avons exagéré l'importance de la doctrine malthusienne en consaciant tant de pages à sa réfutation, nous serions justifiés

par Texposé du néomalthusianisme.

Le principe de Malthus, malgré son apparence morale et scientifique, contient en puissance, dans ses flancs, des applications d'une immoralité révoltante, dont la prédication et la propagation constituent pour la société humaine tout entière la source d'un péril extrêmement grave et préoccupant.-!

J'ajouterai que Ténoncé seul de ce néomalthusianisme est un argument de plus contre le principe de Malthus; car on

peut poser en principe qu\me science de Thomme mal informée et incomplètement avertie peut seule aboutir à des <'onclusions et à des applications immorales. La science vraie

peut être amorale dans certains de ses chapitres; elle n'est immorale dans aucun. Le seul fait de trouver des conséquences franchement immorales à une proposition scientifique prouve que cette proposition n'est pas réellement scientifique ou est à tort réputée scientifique. La Biologie

humaine ne doit jamais être et n'est jamais source d'immoralité ; elle ne doit jamais enseigner l'inmioralité sous une forme quelconque. Or, la propliylaxie conceptionnelle, l'avortement, l'infanticide sont des immoralités criminelles. Donc, la Biologie humaine ne peut que 7^epousser et con damner le malthusianisme sous toutes ses formes, scientifique et nonscientifique.

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