‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 89 sur 135 · partie importante de cette protection, il faut signaler à part · texte numérisé non relu

partie importante de cette protection, il faut signaler à part

la protection des enfants en bas âge, dont j'ai déjà parlé plus haut à propos des moyens employés pour diminuer la

mortalité infantile.

Pour être vraiment efficace, Va puériculture (Caron 1866),

dont on a tant parlé dans ces dernières années, ne doit pas iieulement, comme dit justement Marfan, s'apphquer « à la période qui suit la naissance, mais encore à celle de la geslation et à celle qui précède la procréation; elle doit même s'appliquer au moment de la procréation. La puériculture devra donc s'inspirer d'abord des principes de Yeugénique de Francis Galton et de X eugemietique de Pinard. Galton

'A donné le nom d'eugénique à la science qui étudie les

facteurs d'amélioration ou «le décadence de la race et

recherche ceux qui peuvent être soumis à un contrôle social

<»t à des mesures législatives ; c'est une science très vaste <jui comprend, entre autres choses, toute la question de l'hérédité. Pinard a proposé de réserver le mot d'eugennetique (su, bien ; ysvvaw, j'engendre) à une branche de l'eugénique :

l'étude des conditions qui doivent présider à une bonne procréation ; c'est l'application de l'eugénique à la fonction 4le reproduction ».

Le premier devoir social de ce groupe est Tassistance

aux femmes enceintes et récemment accouchées : car la

puériculture commence dans la vie intrautérine. « On admet, dit Marfan, que pour éviter la naissance prématurée et par suite la venue au monde d'un enfant débile, il faut que la femme en état de gestation ne se fatigue

pas, qu elle soit soustraite aux effets de tout traumatisme,

particulièrement du traumatisme sexuel, qu'elle soit soumise à une surveillance médicale pour que puissent être conjurés les etfets de la syphilis et de l'auto-intoxication

gravidique ». De plus, il ne faut pas que la femme soit

obligée d'aller au travail immédiatement après raccoucheiiient... Quelques dispositions de loi, récenunent et tardivement prises, et surtout de nombreuses œuvres diverses assurent partiellement cette assistance, en accusent en tous cas le principe.

Ensuite il faut prêcher et faciliter l'allaiteinent du nou-

veau-ni' au sein maternel, «loni nous avons déjà dit plus haut (|U(î c'était le principal moyen de dirninuer la mortalité infantile.

Tout en reconnaissant bien haut les progrès scientiliques,

faits dans ces derniers temps, par Tallaitement artificiel. Marfan proclame, encore tout lécennnenl, Tinliiiie supério

rite de rallaitenit'nt maternel, a Nous devons donc lutter.

conclut-il, pour répandre rallaitement maternel ; nous

devons soutenir, suivant l'expression de Pinard, le droit de l'enfant à sa mère.

Les principales causes qui détournent les mères de nourrir leurs enfants (et aussi de se soustraire aux devoirs de la puériculture en général) sont : « rindifférence, Tégoïsmi,',

la misère, le travail professionnel des feinines, Tignoranee »,

En dehors de l'enseignemenl moral qui reste, ici conini»' pour tous les devoirs, la principale et la plus importante ressource, la loi et les œuvres s'etforcent de remédier le plus possible au péril grave qui résulte de l'inobservation de cet

impérieux devoir social ».

Dans cet ordre d'idées, Marfan cite: « la loi sur le repos des femmes en couches (loi de P. Strauss), les nui

tualités maternelles fondées à Paris par Félix Poussi-

neau, la distribution de secours aux mères nourrices par l'assistance publique et diverses œuvres de charit/' privées, les asiles temporaires ou permanents pour les mères nourrices, asiles, où, comme le fait maintenant

la Pouponnière, on réalisa ce que j'appelle rallaitement mutuel, les restaurants gratuits pour mères nourrices d'où sont issues les cantines maternelles, Tarticle 8 de la

loi Roussel * » (dont je vais reparler), » les crèclies garderies et les chambres d'allaitement dans les usines et ateliers, les consultations de nourrissons »...

La loi du 23 décembre 1874 (loi Roussel), dont je viens de citer un article, a marqué un très réel et très grand progrès pour la protection des enfants du premier âge et en particulier des nourrissons. J'entends : des enfants non

nourris au sein maternel.

L'article premier proclame le principe et résume le but de la loi: « tout enfant, âgé de moins de deux ans, qui est placé, moyennant un salaire, en nourrice, en sevrage ou en garde hors du domicile de ses parents, devient, par ce fait,

l'objet d'une surveillance de Tautorité publique, ayant pour

hut de protéger sa vie et sa santé ». Voilà le devoir social posé avec son obligation légale.

Je n'ai pas à détailler les mesures édictées par la loi pour renq)lir pratiquement le but qu'elle se propose. Il suffit d'en connaître le principe et de savoir les très bons effets que

son application, même imparfaite et incomplète, a déjà

obtenus pour la diminution de la mortalité infantile. Partout

où la loi Roussel est bien et consciencieusement appliquée, la mortalité infanlilesest rapidement abaissée d'une manière très sensible. « Il v aurait donc lieu de demander que la loi Roussel fiîl appliquée sérieusement dans toutes les

régions; elle devrait en outre être complétée », ajoute Budin : « il est à désirer que la protection de la loi s'étende à tous les enfants confiés, avec ou sans salaire, à des personnes autres que les mères, el aussi à tous ceux dont les

uières, au moment de leur accouchement, auront reçu un secours public ».

i. Article 8. — ...Toute personne, qui veut se placer comme nourrice sur lieu, est tenue de se munir d'un certificat du maire de sa résidence, indiquant si son dernier enfant est vivant et constatant qu'il est âgé de sept mois révolus ou, s'il n'a pas atteint cet âge, qu'il est allaité par une autre femme remplissant les conditions qui seront déterminées par le règlement d'administration publique prescrit par l'article 12 de la présente loi...

,TM

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