‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 93 sur 135 · La lutte contre la tuberculose · texte numérisé non relu

La lutte contre la tuberculose

La lutte sociale contre la tuberculose repond d'abord au

ilevoir de protection prophylactique des bien portants par la

société et, à ce titre, aurait pu figurer dans le chapitre précédent. Mais en même temps cette lutte comprend, comme

élément tout aussi essentiel, les soins à donner aux tuberculeux indigents. C'est pour cela que, pour ne pas fragmenter cette question de la plus haute importance sociale, je l'ai réservée pour ce chapitre de l'assistance aux malades.

La lutte contre la tuberculose est un devoir social de

Grasset. — Devoirs et périls biol. 3o

1 ; ■..:MÎ

Vv^

'lit' *%

le- ■A

premier ordre, dont il est malheureusement facile de démontrer riinporlance.

Par sa fréquence et par la mortalité quelle entraîne,

la tuberculose est un danger social très f/rave.

Les statistiques sont certainement bien au-dessous de la réalité parce qu'on ne simule pas et on dissimule souveni la tubei-culose comme cause de la mort. Malgré cela, en ne

comptant que les morts « attribuées, sur les registres de

l'état civil, à la tuberculose des poumons, des méninges, du péritoine et autres organes et à la tuberculose généralisée », on arrive encore à des chitlres qui oscillent autour « de 333 morts tuberculeuses par 100 000 babitants. Uiie

ville de cette importance enterre tous les jours un tuberculeux. Ce cbiftVe correspond h 1000 victimes pour 300000 habitants et à 100 000 pour un pays de 30 millions d'àmes. En France, où la mortalité est un peu supérieure à cecliillVe

moyen, il y a de 140 000 à 150 000 morts par tuberculose tous les ans, c'est-à-dire que si cette mortalité se concentrait sur une seule ville, ce seraient des villes connue Toulouse, des déparlements connue le Gard, le Morbihan, la

Saône-et-Loire qui, en un an, seraient vidés de toute leur population... De la comparaison des chifîres fournis par les diverses contrées de l'Europe, il résulte que la France et hi Hongrie tiennent la tête pour les chillres (le mortalité, avec environ 3 300 morts tuberculeux pour 1 million d'bommes. L'AUemagne n'en perd que 2 200, la Suisse 2000, T Angleterre et l'Italie 13 à 1 400 » (Duclaux).

La tuberculose, ajoute Albert Robin, « est la cause de la réforme annuelle de 5 000 soldats, sans parler de ceux que les conseils de revision éliminent et de ceux qui meurent jFpendant leur service; dans nos hôpitaux, 25 pour 100 des lits sont occupés par des tuberculeux; sur

100 décès pris en bloc, 15 lui sont imputables; enHn les tuberculeux sont frappés dans leur descendance, puisque

plus du tiers de leurs enf ants succombe en bas âge H

LUTTE ANTITUBERCULEUSE 467

qu un quart de ceux qui survivent porte la marque de

cette hérédité ».

La tuberculose est donc « un fléau plus menaçant que les grandes épidémies si redoutées, plus meurtrier que les cataclysmes dont les ravages jettent l'épouvante parmi les hommes. Elle est devenue, par le nombre croissant des individus qu'elle frappe, par Teffroyable mortalité qu'elle

cause, un danger social qui met en jeu Favenir même de

notre race ».

La gravité de ce danger social peut être atténuée parce que : 1° la tuberculose est une maladie curable, au moins dans certaines conditions; 2'' on en connaît bien Tétiologie et alors on peut, dans une certaine mesure, combattre,

atténuer ou supprimer les causes du développement ou de la propagation de la maladie. Comme le dit le sous-titre du

Page 1