‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 94 sur 135 · livre de Brunon, la tuberculose est une maladie curable et · texte numérisé non relu

livre de Brunon, la tuberculose est une maladie curable et

pvitable. — Il est bon de préciser la vérité et les limites de cette proposition.

D'abord la tuberculose est curable.

Dès le milieu du xix' siècle, Nalalis Guillot avait montré

que, dans un grand nombre d'autopsies à Bicétre, on trouvait des tubercules guéris, alors que le sujet avait succombé à une maladie tout autre. C'était la démonstration clinique

de la proposition anatomopathologique formulée par Gran-

cber vingt-cinq ans plus tard : le tubercule est une néoplasie fibrocaséeuse qui porte toujours en soi le germe de sa

guérison.

La curabilité de la tuberculose est un fait clinique certain.

On a peut-être exagéré la fréquence de ces guérisons, notamment quand on a dit avec Duclaux que, « sur JOO morts de maladies autres que la tuberculose, il y en a 60 qui, tuberculeux, se sont guéris spontanément, dont les bacilles ont

été tués ou au moins rendus inoffensifs, sans traitement, par les forces résistantes de l'organisme. De sorte que Ton

pourrait dire qu'au lieu d'être incurable, la tuberculose est,

au contraire, la plus facile à guérir » .

Il est vrai que, comme dit encore Duclaux, nous « sommes

tous en possession du bacille » ou plutôt nous avons, tous, le

bacille à notre disposition. Mais, si l'on ne confond pas les

porteurs de germes avec les malades, le nombre des tuberculeux vrais guéris diminue considérablement.

Albert Robin a insisté, et avec raison, sur « Terreur commise en répétant à satiété par les soins de l'enseignement, des congrès, des conférences populaires et de l'affiche que la tuberculose était la plus curable des maladies chroniques ».

Cette opinion est périlleuse parce qu elle laisserait croire que

la lutte curative contre la tuberculose est facile et découragerait ou rendrait moins active la lutte prophylactique qui est très importante.

Pour bien remplir son devoir dans la lutte contre la tuberculose, la société doit savoir (ce qui est vrai et bien démontré) : i«quela tuberculose est une maladie curable; 2°qu elle ne guérit que dans certaines conditions particulières. Les principales de ces conditions sont résumées dans les deux

propositions suivantes : X" pour être traitée efficacement et guérir, la tuberculose doit être diagnostiquée précocement et traitée dès la première période; 2' la tuberculose guérit ou est retardée dans son évolution dans les milieux riches

ou très aisés.'

Ces idées, inspiratrices de la conduite, que doit tenir la société vis-à-vis des tuberculeux, nous conduit aux notions étiologiques que tout le monde doit avoir sur le développe

ment et la propagation de la tuberculose.

Pour qu'un individu devienne tuberculeux, c'est-à-dire

contracte la maladie dite tuberculose, il faut d'abord qu'il rencontre des bacilles tuberculeux, que les premiers moyens de défense physiologiquement opposés à sa pénétration an niveau du revêtement extérieur (peau et muqueuses) soient vaincus, que le bacille pénètre dans les voies lymphatiques

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OU dans les voies sanguines, n'y soit pas immédiatement annihilé et tué et y provoque ces réactions de défense plus ou moins rapide et plus ou moins victorieuse qui constituent la maladie.

Il y a donc deux éléments à considérer dans l'étiologie

de la tuberculose : 1° l'élément extérieur à l'organisme, le bacille agent et vecteur de la propagation et de la contagion; 2" le terrain qui est plus ou moins disposé à accueillir ou à combattre le bacille, le terrain qui est plus ou moins activement bactéricide ou bactéricole.

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