‹ Devoirs et périls biologiques [microform]Chapitre 95 sur 135 · La contagion de la tuberculose est un vieux dogme · texte numérisé non relu

La contagion de la tuberculose est un vieux dogme

(dinique qui a été admis par les plus anciens médecins (de

Galien et d'Aristote à Fiacastor, van Swieten et Morgagni).

« Landouzy a publié le curieux édit de Ferdinand VII d'Espagne (6 octobre 1751); c'est la première ordonnance royale destinée à prévenir et à protéger le public contre la contagion... Tout le monde connaît, ajoute Brunon, les règlements draconiens édictés à Naples en 1782 pour séquestrer

les phtisiques, désinfecter les locaux, les meubles et les

livres, punir les médecins qui ne déclareraient pas les cas

de maladie ou les prêtres qui entraveraient ces mesures.

Pour les médecins, c'était dix ans de bannissement. Ces règlements furent-ils jamais appliqués? Leur sévérité même

permet d'en douter. »

Cette notion de la contagiosité de la tuberculose fut abandonnée par la plupart des médecins dans la première

moitié du xix" siècle, notamment après les travaux retentissants de Broussais, qui niait la spéciiicité de toutes les maladies en général et de la tuberculose en particulier. Elle persista seulement dans les écoles où, comme à Montpellier, on avait résisté aux doctrines broussaisiennes et aussi dans le grand public (toujours en retard sur l'opinion médicale du moment), comme en témoigpent les mésaventures arrivées à George Sand voyageant avec Chopin à travers les

hôtelleries espagnoles.

Mj

fil

i70 DEVOIRS D'ASSISTANCE SOCIALE >^

Cette vérité clinique a réapparu, cette fois définitivement, dans le monde médical, quand Villemin dénient ra — le S décembre 1865, à TAcadémie de médecine — que la tuberculose est inoculable. Après et malgré une longue discussion avec des contradicteurs éminents, la spécificité, la virulence et la contagiosité de la tuberculose étaient définitivement déinonlrées.

L'agent de celle conlagioti est découvert par Robert Kocli (24 mars 1882, Société pbysiologique de Berlin).

Le bacille de la tuberculose se développe à une température minima de 37^» à 38**; il vit dans le corps des animaux,

mais aussi dans le lait, les milieux organiciues et les poussières. Sa résistance aux agents extérieurs est considérable, il résiste même à la putréfaction. Dans les crachats et les

cavernes des tuberculeux les bacilles sont le plus souvenl

vivants; d'autres sont morts, mais contiennent toujours des toxines : c'est avec des cultures mortes qua la tuberculine a

été préparée-

Les grandes voies de pénétration du bacille dans l'organisme humain sont l'appareil respiratoire et le tube digestif. Pour l'appareil respiratoire, le grand vecteur est la poussière qui a été mêlée à des crachats de tuberculeux. Le bacille

peut pénétrer par les voies digestives sans y produire de lésion à l'entrée (Giiauveau). Le lait est l'agent principal de la transmission dans ces cas (spécialement dans Tenfance, même pour des tuberculoses qui ne se sont manifestées que plus tard).

Dans l'organisme contaminé, on retrouve le bacille dans les organes. On le trouve aussi dans les crachats à une certaine période de la maladie (le diagnostic clinique doit être et est en général posé par le médecin avant l'apparition des bacilles dans les crachats). Gomme l'a dit Duclaux, « le

bacille de Koch est à la fois la cause et le témoin de la

tuberculose ».

Page 1