‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 11 sur 133 · Livre L 5i · texte numérisé non relu

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si rare et si méconnue de nos jours , nous jugeons de là que vous êtes infiniment précieuse aux yeux de la foi et aux yeux de Dieu même ; car, ne vous y trompez pas , mon cher Théophile ( c'est encore Saint-Bernard qui parle ) , c'est par cette vertu , c'est par la perfection avec laquelle Marie l'a pratiquée , et le zèle qu'elle a mis à la conserver , qu'elle a attiré les regards de Dieu sur elle , et qu'elle a charmé son cœur de manière à ce qu'elle a été choisie pour être la mère de son fils , par préférence à toutes les autres filles de Sion : Virginitate placuit. Il faut l'avouer , lAnge remplissant la mission qui lui a été confiée , a éprouvé Marie d'une manière bien rigoureuse , en lui laissant d'abord ignorer les moyens que la toute-puissance de Dieu devait employer pour opérer le grand œuvre de l'incarnatioii du Verbe , épreuve , ce me semble , la plus forte à laquelle puisse être soumise une créature humaine , puisqu'il s'agit pour Marie , en suivant le cours ordinaire des choses , ou de renoncer au titre de mère de Dieu , ou de renoncer au titre de vierge ; mais cette épreuve n'a servi qu'à élever Marie au

52 Dévotion a la S, Vierge, plus haut degré de perfection dont cette vertu de virginité puisse être susceptible.

Ici l'Ange reprend la parole , et dit à Marie : « L'Esprit Saint viendra en ^ vous, et la vertu du très-Haut vous » couvrira de son ombre ; » Spiritus Sanctiis superveniet in te , et virtus Altissinii ohumhrahit tihi* Comme si cet ambassadeur du Ciel eût dit: «Non, ,) ô Marie ! non , ô vierge incompara- » ble ! vous ne perdrez point votre )) virginité , vous la conserverez dans » tout son éclat , et vous serez mère r, de Dieu ; car l'Esprit Saint viendra y, eu vous , l'œuvre de l'incarnation » sera opérée en vous par la vertu )) toute puissante de celui qui tira le » preniier homme du néant : pour )) preuve de ce que je vous dis, votre r> cousine Elisabeth a conçu elle-même » un fils dans vsa vieillesse , et voilà » déjà six mois que celle qui était ap- » pclee stérile est devenue féconde : » Kt hic meîisis sextiis est illi qiiœ njocatcir sterilis ( Luc , i , 56 ) , quia non erit impossihile apud Deum omne -verhwn (Luc, i , Sy ) ; « parce qu'il )) n'y a rien d'impossible auprès de » Dieu. >>

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Voilà donc Marie parfaitement rassurée : elle sait maintenant qu'elle sera mère sans cesser d'être vierge : elle va enfin donner ce consentement attendu avec tant de désir et d'impatience, ce consentement qui doit nous sauver , et elle le donne , en disant au député des cieux : « Voici la servante du » Seigneur ; qu'il me soit fait selon sa » parole (Luc , i , 58} : » Diocit aiitem Maria : Ecce ancilLa Doridni , fiai mihi secundùm verbiim tuum. L Ange, ravi du succès de sa mission , se retire : Et dlscessit ah illd Angélus (Luc, I , 58 j. Au même instant, l'Esprit créateur descend des cieux, vient se reposer en Marie , et par sa vertu divine , il forme , de la propre substance de cette vierge très-pure , un corps au fils de Dieu, et la très-sainte, la très-heureuse vierge Marie devient la mère de son Dieu : Angélus Domini nuntiavit 3Iariœ , et concepit de Spi* ritu Sancto, Alors le Verbe a élé fait chair , et il a habité parmi nous : Et Verhum caro factum est , et habita^ ^it in nobis.

Quel miracle est donc celui-ci, s'écrie un Père de l'Eglise ! « Une y vierge conçoit, une vierge enfante ;

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Concepit virgo , peperit virgo ( §• Pierre Chrysologue ). c< Mais qu'une » pareille conception ne vous trouble » pas ; que des couches aussi admi- » râbles ne choquent point vos oreil- » les , reprend- il : » Non te conceptûs turbet , partûs te non confimdat audi' tus. Et pourquoi l C'est que c'est ici l'œuvre de Dieu , du Dieu qui agit en toutes choses avec sainteté , sagesse , puissance ; c'est l'œuvre de celui qui est admirable dans toutes ses œuvres :

Jnit dii^lnitas, « La virginité enfante > 9) une vierge est mère : » Virginitas ^ parias ; virgo , mater, « Et que per* w sonne n'ose juger ici, d'une manière » humaine , ce qui s'opère par un » mystère tout divin ( c'est toujours le » même Père qui parle ) ; que per- » sonne n'ose discuter avec les lumiè- » res de sa faible raison un mystère » tout céleste : » Nemo ergo judicet Jiumaîio modo quod dii^ino geritur sacramento ; nemo mjsteriam céleste discutiat ratione terrend.

Disons-le encore une fois j quel prodige est celui-ci ! une vierge mère!.,.. Mon esprit se perd et se confond, en même temps qu'il se sent tout transporté , tout saisi d'étonnement et d'ad-

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miration. Une vierge devenue mère , et la mère de son Dieu ! .... Se trouvera-t-il donc maintenant une autre femme qui puisse être comparée à Marie ? « Non , non , dit le vénérable » Bède , vous ne trouverez point de » semblable à celle qui , en conservant » tout l'honneur et tout l'éclat de la » virginité , est cependant devenue » mère , et mère de son Dieu : vous » ne lui trouverez point de semblable » parmi les femmes qui l'ont précé- » dée , ni parmi celles qui existent ou » qui existeront dans la suite clés » temps : » Quce ventre heato gaudia matris habens ciim virginilatis honore , nec primam similcm visa est , nec habere seq\ientein ( Yen. Bède }.

Cependant j'entends lincrédule m'adresser la parole , et me dire : Pour moi, je ne crois point qu'une vierge puisse devenir mère sans cesser d'être vierge. Et pourquoi, lui répondrai-je ?

Parce que , ajoute-t-il , cela ne se conçoit pas. Ah 1 il faut donc dire que Dieu n'existe pas , quand il nous est impossible de bien concevoir ce que c'est

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que Dieu ? Ne nous élevons point si haut ; il faut donc dire que vous n'existez pas vous-même , car je vous défie de bien vous connaître et de bien vous concevoir : vous êtes vous - même un composé de mystères incompréhensibles dans votre ame et dans votre corps ; dire que vous n'existez pas , parce que vous ne vous comprenez pas, ne serait-ce pas là le comble de l'absurdité ? Dieu est tout-puissant , voilà ce qu'il importe d'abord de confesser 5 et une fois bien convaincus de ce principe , tout se déroule. Dès qu'on se sera dit à soi-même : Dieu peut tout ce qui est bien , tout ce qui est grand , même ce qu'il y a de plus incompréiiensible pour nous , rien en cela ne saurait dépasser sa puissance; alors rien ne peut plus nous étonner dans tout ce qu'il fait de prodigieux au ciel et sur la terre : notre raison se soumet aisément à tout sans contrainte , lorsque la toute-puissance a parlé , et qu'elle nous assure qu'elle a fait. Ainsi , la toute - puissance de mon Dieu me révèle que Marie a conçu sans cesser d'être vierge ; j'y crois , j'y crois fermement, et aussi fermement que je crois aux choses les plus ordinaires de

la vie : je ne puis le concevoir ; mais si je pouvais le concevoir, ce ne serait plus un mystère ; ce ne serait plus là ce miracle étonnant annoncé si longtemps d'avance , ce signe promis, cette marque des grandes faveurs que Dieu avait résolu d'accorder à toute la race du malheureux Adam , selon que lavait dit Isaïe : Propter hoc dahit Dominus ipse vobis signum ; ecce virgo concîpiet et parietfiUimi , et vocahitur nonien ejus Emmanuel ( Isaïe , 7 , 1 4) ^ c'est-à-dire, a Pour cela le Seigneur » votre Dieu vous donnera lui- même » un signe miraculeux ; une vierge » concevra , elle enfantera , et son fils » sera appelé Emmanuel, oulHomme w ûi^ec Dieu, » Je le répète donc , s'il nous était si aisé de comprendre cela , où serait ce mystère si digne d'être annoncé avec toute la pompe des prophéties l Où serait ce miracle qui devait étonner l'Univers , ce signe tout divin qui devait nous rassurer sur les desseins de miséricorde que Dieu avait formés sur nous ? C'est la judicieuse remarque de Saint - Justin , écrivant contre Tryphon : Si non e virgine iste de quo Isaïas dicebat , nasciturus erat ; de quo Spiritus Sanctus exclamabat ;

68 Dévotion a la S. Vierge* jEcce Dominus dabit vobis signum,,**, quodnam signum non commune ,»,fa^ cere se dixerit /

« Mais si on n'en croit pas, concerj> nant cette conception et cette géné- » ration miraculeuse , à la parole des » Prêtres , poursuit Saint-Ambroise , » qu'on en croie aux oracles de Jésus- » Christ, qu'on en croie au témoignage » des Anges , qui disent : 11 n'y a rien » d'impossible à Dieu ; qu'on en croie » enfin au Symbole des Apôtres , que » l'Eglise romaine a toujours gardé , *» et qu'elle conserve toujours dans » toute son intégrité {a), »

Je n'en finirais point si j'avais à rapporter là-dessus le témoignage de tous les Saints et de tous les Docteurs de l'Eglise, et mon cher Théophile m'accuserait d'être trop diffus dans mes preuves ; cependant il me permettra encore de ne pas laisser sous si-

(a) Sed si doctrinis non credilur Sacerdotum , credatur oracidis Christi , credatur nionitis Angelorum dicentium quia non est impossibile apud Deuni otnne verbum ; credatur Synibolo Apostolorum , quod Ecclesia roniana interneratuni semper custodivit et serrât ( S. Ainbr. ad pap. Sjriacum),

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lence une belle pensée de Saint-Bonaventure , qui est toujours en confirmation de la vérité que nous venons d'établir : « Marie , dit le saint Doc- » teur , est comparée à un astre et à » très-juste titre : » Aptissimè sideri comparât ar ; « De là je dis ( c'est tou- » jours le Saint qui parle j , de là je Tè dis que , comme dans un astre les » rayons ne diminuent point sa clarté ; » de même la présence du fils de Dieu » dans Marie n'a point altéré son inté- » grité : » Siciit nec sideri radius mi^ nuit claritatem , nec virgini filius suam ademit integritatem ( S. Bonav. ). Oii pourrait dire plus ; car , comme les rayons dans un astre, loin de diminuer, loin d'affaiblir sa clarté , lui donnent au contraire un plus grand éclat ; de même le fils de Dieu , qui est appelé dans les Livres saints la splendeur du Père j loin de ternir en aucune manière la virginité de Marie par sa divine présence dans son sein virginal , n'a fait que lui donner un éclat plus ravissant et plus divin.

Les ennemis de la mère de Dieu

6o Dévotion a la S, Vierge^ reprendront - ils pour me dire : Mais du moins Marie a-t-elle perdu sa virginité après avoir donné au monde le soleil de l'éternelle justice , qu'elle a porté neuf mois dans son sein ? Non , non , jamais le beau lis de la virginité n'a éprouvé en Marie la moindre altération ; elle l'a conservé tous les jours de sa vie , et elle l'a porté aux cieux dans toute sa fraîcheur : Divinâ ■potestate suhniocum. est quodvirgo perceperit , quod virgo pepererit , quod virgo permanserit ( S. Léon , pape )•

L'Eglise chante dans ses transports la perpétuelle virginité de Marie , l'appellant la vierge par excellence , l'heureuse porte du Ciel ; atque semper virgo felioc Cœli porta.

Lorsque l'Evangile 5 parlant de Jésus- Christ , l'appelle son premier - né , il ne veut pas dire qu'elle ait été plus d'une fois mère ; seulement il veut nous apprendre par-là que Marie était vierge quand elle conçut par l'opération du Saint-Esprit , et lorsqu'elle mit au monde son divin fils ; mais non qu'elle ait jamais eu d'autres fils que son fils unique Jésus-Christ»

Quand l'Evangile nous dit encore autre part que quelques-uns étant ve-

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nus à Jésus - Christ , lui dirent , pendant qu'il était à instruire les peuples : « Vos frères vous demandent » ; on entendait par-là les proches parens du Sauveur, qu'on qualifiait alors du nom de frères, mais non que Jésus -Christ eût de véritables frères selon la chair, car il est constant que Jésus - Christ est fils unique de Marie ; que Marie fut toujours vierge, après avoir mis au monde le fils de Dieu , comme elle le fut auparavant; et c'est, ainsi que continue à le chanter l'Eglise, lorsqu'elle célèbre ses louanges comme mère de Dieu : Post parium virgo in^iolata permansistl ; c'est - à - dire : « Après » vos glorieuses couches , ô Marie !

» vous êtes demeurée vierge intacte , » vierge pure et sans tache ...» Autre part l'Eglise qualifiant Marie du titre de reine , elle ne manque point d'y ajouter celui de vierge, toujours pour dire que non - seulement cette vierge par excellence a conservé sa virginité pendant le cours de sa vie mortelle , mais encore que cette vertu a été perfectionnée en elle au suprême degré , de telle manière qu'aucune d'entre les autres vierges , à quelque état de perfection qu'elle soit arrivée dans la pra-

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tique de cette même vertu , n'a jamais pu atteindre le degré de perfection auquel elle est arrivée elle-même , pour pouvoir être mise en comparaison avec elle. Cette vérité est tellement reconnue de tous , que chez toutes les nations , chez tous les peuples de la terre , soit dans les prières qui lui sont adressées , soit quand on parle des grandeurs de ce tte Reine par excellence , soit qu'on s'entretienne de son culte , de ses miséricordes ou de ses vertus , on la qualifie toujours partout de ce titre qui lui est si glorieux , la Sainte Vierge , la Vierge des vierges , ou la Reine des vierges : Sancta Virgo , Sancta Virgo virginum , Regina viv ginum.

D'après tout ce que nous venons de dire, il ne peut donc plus y avoir de doute que Marie n'ait été vierge avant de concevoir le fils de Dieu dans ses chastes entrailles , et qu'elle n'ait été vierge lorsqu'elle l'a conçu et enfanté , comme elle l'a toujours été depuis.

Je vais passer maintenant à un nouveau prodige qui n'étonnera pas moins la raison humaine.

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Quel est-il ce nouveau prodige? C'est de voir Jésus , le Sauveur du monde , soumis à Marie, à celle de qui il avait voulu naître selon la chair , car Jésus était soumis à Marie et à Joseph , dit notre Evangile : Et erat subditus illis.

Quel est il celui qui était soumis , demande Saint-Bernard? et àqui était-il soumis? Qiiis , quibiis / « Qui, et à qui ?» Voulez-vous le savoir ? Eh bien ! apprenez - le , et soyez dans l'admiration : Dieu aux hommes, le Créateur à sa créature , l'Eternel à celui qui n'était pas , le Tout-Puissant à celle qui n'a d'autre puissance que celle qu'elle a reçue de lui ; celui que les Anges servent avec jalousie , à qui les Principautés et les Puissances n'obéissent qu'en tremblant , obéissait à Marie et à Joseph , à cause de Marie : Ciii Angeli sennunt , cui Prùicipatiis et Potcstates obediunt , erat subditus

Mariœ etiam Joseph propter

Mariam ( S. Bern. ). Remarquez , admirez ici deux choses , et voyez laquelle des deux est la plus faite pour vous étonner , soit l'humble, dignité du fils qui se soumet, soit la sublime élévation à laquelle est portée cette

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heureuse mère à laquelle il obéit :

Mirare ergo utrumlibet , et elige quid ampliùs mireris , sive filii humillimam , sive matris excellentissimam dignitatem ( Idem ).

En parcourant l'histoire des siècles , nous rencontrerons des évènemens qui nous étonneront et qui nous saisiront d'une sainte frayeur. Quoi de plus étonnant que de voir la Mer Rouge obéir à l'autorité de Moïse , de voir ses flots se retirer de droite et de gauche , lorsque ce conducteur du peuple de Dieu l'a touchée avec la baguette miraculeuse qu'il tient dans ses mains , de les voir former de chaque côté comme des remparts pour laisser un passage libre auxenfans de Jacob, et se réunir ensuite , lorsque Moïse étendra une seconde fois la main sur l'autre rive 5 pour ensevelir sous ses ondes tumultueuses Pharaon et toute son armée ? Le Jourdain à son tour respectera la présence de l'Arche; lorsque les Prêtres et les Lévites, qui sont chargés d'un si glorieux fardeau , auront trempé leurs pieds dans ses eaux , on verra celles qui sont en bas s'écouler avec précipitation vers leur embouchure y et celles qui sont en haut

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remonter majestueusement vers leur source. Ce prodige est si étonnant , que le prophète roi na pu s'empêcher de s'écrier ici , transporté d'un saint enthousiasme, en s'adressant au fleuve lui-même : « Et toi , ô Jourdain ! pour- » quoi es - tu remonté ainsi vers ta w source ? » Et tu , Jordanis , qida conversas es retrorsiun Ml est une infinité d'autres prodiges aussi faits pour étonner que ceux-ci.

Lorsque le peuple de Dieu était encore à parcourir les déserts , un rocher se changea en des sources d'eaux pures et limpides , étant frappé par la main de Moïse. Arrivé dans la terre de promission , à la parole de Josué , le soleil arrête son cours ( ou la terre cesse de tourner autour de lui ) jusqu'à ce que tous les ennemis d'Israël soient défaits. Aux prières d'isaie , et en faveur du pieux Ezéchias , le soleil remonte de dix degrés par lesquels il était déjà descendu : E.t re\^ersus est sol decem lineis per gradus qiios descenderat ( Isaïe , 58, 8 ). Voilà des prodiges faits pour étonner; cependant ce ne sont là que des créatures irraisonnables qui se soumettent aux créatux^es raisonnables, revêtues

Ûô Dévotion a la S, Vierge, de la puissance de Dieu; mais lorsqu'on voit une pure créature commander à son créateur , à celui qui a créé le ciel 5 le soleil, la terre et les mers; lorsqu'on voit un Dieu obéir et être soumis à sa créature , comme un enfant l'est à sa mère , voilà , ce me semble , un prodige au-dessus de tous les autres prodiges ; un prodige où notre intelligence , où notre raison se désolent , se désespèrent , se perdent et se confondent : ce prodige est quelque chose de si étonnant , Saint-Bernard l'a jugé si grand , qu'il croit que Marie elle-même , quelque élevées que fussent ses lumières au-dessus de celles de tous les êtres intelligens , n'a jamais pu en mesurer l'étendue : Jiudacter clico quod nec ipsa Maria potuit eocplicare.

Ainsi voilà dans un seul des titres de grandeur dans Marie , une foule de mystères et de prodiges : une vierge devient mère sans cesser d'être vierge; elle devient la mère de son créateur , de son seigneur et de son Dieu ^ elle porte dans son sein celui que les cieux et la terre ne peuvent contenir ; elle donne la naissance à celui qui est éternel ; ensuite elle

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