Livre L gt
la puissance du fils devient la puissance de la mère , et l'Eglise le dît en termes exprès dans les hymnes qu'elle chante en Thonneur de la mère de Dieu : QuodDeus imperio^ tuprece^ virgo , potes ; ce ce que Dieu peut par » lui-même, vous le pouvez , ô vierge » sainte ! par la voie de la prière. » Autre part l'Eglise qualifie Marie de vierge puissante , virgo pot eus*
Les Pères de l'Eglise se réunissent pour exalter l'admirable puissance de la reine des cieux : le Tout- Puissant est avec vous , ô Marie ! s'écrie Saint- Bonaventure , et de-là vous devenez vous-même toute-puissante : Deus potentissimus teciini , ideo et tu potentis' sinia per ipsiim ( S. Bon av. ).
Saint- Antonin nous dira qu'il est impossible que Marie ne soit pas exaucée dans le ciel : ïmpossibile est Mariam non eocaudirl ( S. Antonin ).
Saint-Augustin poursuit, en disant :
« Le fils de Dieu montre à son père >> les cicatrices de ses plaies ; Marie » montre à son fils le sein qui l'a portée i> elle lui rappelle les soins maternels » qu'elle a pris de son enfance ; et » celle en qui se trouvent réunis tant \ » de témoignages d'amour, ne saurait ^'
92 'Dévotion a la S, Vierge,
i} être refusée ; ses prières ne san-
y> raient être rejetées (<7 j. »
Quand nous n'aurions pas réuni toutes ces preuves pour nous convaincre de cette vérité , que jVIarie a reçu une très -grande puissance dans le ciel ; pour nous assurer qu elle est toute-puissante par ses prières, comme Dieu est tout-puissant par sa propre vertu , ne suffirait - il pas de savoir que Jésus-Christ est fils de Marie, que Marie est la mère de Jésus , et qu'une mère eut toujours un souverain crédit auprès d'un fils de qui elle fut tendrement et souverainement aimée ?Bayle, tout impie qu'il a été, n'a pu se dispenser d'en convenir : dès -lors que Marie est reconnue pour mère de Dieu , dit-il , tout coule de source , il faut nécessairement la reconnaître toute-puissante et digne de tout honneur.
Qu'il me soit permis de citer un trait tiré du profane , à l'appui de ce que j'avance. Je sais bien qu'on ne doit voir c[u'avec peine l'arche sainte
(a) Filiiis ostendit patrivulnera, mater osten^ ditjilio pectus et ubera , nec potest esse repuisa ubi m et tania sunt aniçris msignia ;S. Aug).