‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 32 sur 133 · S II · texte numérisé non relu

S II

Ainsi sera honorée celle que le roi veut honorer ; ainsi Dieu fera éclater la puissance dont il a revêtu la mère de son fils. Si nous avons recours à elle par nos prières et nos hommages^ si nous l'honorons selon les vues de l'adorahle volonté de Dieu ; par sa médiation toute - puissante nous serons infailliblement réconciliés avec le Fils , et par la voie du Fils nous serons réconciliés avec le Père.

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Oui, alors la puissance de Dieu éclatera en Marie d une manière toute miséricordieuse pour nous, et Marie sera honorée.

Si , au contraire , nous affectons de méconnaître Marie ; si nous dédaignons de l'honorer , ce refus étant un signe de mépris de notre part, alors , par un juste châtiment de Dieu, nous serons réprouvés de Dieu même comme voulant renverser par notre orgueil les lois de sa sagesse et l'économie de sa divine Providence; nous serons punis comme rebelles , comme refusant d'honorer celle que le roi veut honorer , et de la manière qu'il veut qu elle soit honorée.

Cependant la puissance dont Dieu l'a revêtue éclaterait encore même alors , et d'une manière non moins étonnante , mais bien funeste et bien terrible pour nous; puisque, du mépris que nous aurions fait de sa protection , il résulterait notre réprobation éternelle ; réprobation qu'il était en nous d'éviter, et que nous aurions certainement évitée, si nous eussions été fidèles à l'honorer et à l'invoquer de la manière que l'Église , par ses enseignemens , et les Saints par leurs exemples, nous l'ont appris.

i8o Déi^otion a la 5. Vierge,

Qui peut nous dire combien d'hérétiques et de pécheurs de tous les genres sont ensevelis , au moment où je parle , dans l'abyme de perdition , et y resteront ensevelis éternellement, pour avoir méconnu Marie , pour avoir refusé de recourir à elle et de l'honorer , en lui rendant le culte qui lui est dû \

Pour nous , mon cher Théophile , qui avons encore le bonheur de voir la lumière du jour , ayons soin d'éviter un semblable malheur; et afin d'y réussir , sachons apprécier l'avantage qui nous est offert dans la médiation de Marie.

Selon l'ordre établi par la sagesse de Dieu , selon les décrets immuables de son adorable providence , nous honorerons donc la mère de Dieu , nous lui rendrons le culte que nous lui devons ; et nous le lui rendrons ainsi que nous l'avons dit dans les paragraphes précédens , soit en lui adressant nos prières , ou en publiant ses grandeurs ; soit par notre zèle à orner ses autels ; soit en rendant à son culte toute la pompe qu'il sera en nous de lui rendre ; ou enfin, comme nous le dirons dans la suite , en nous efforçant de l'imiter dans ses vertus.

Lii^re L i8i

J'ai dit , en dernier lieu , qu'on pouvait encore honorer Marie par le chant des cantiques. Il est des hymnes en latin qui sont approuvées de l'Église, et qui nous parlent des privilèges , des grandeurs , des vertus et des miséricordes de Marie : il serait à désirer qu'on ne se bornât pas à les chanter dans l'église , mais que quelquefois , dans le secret de sa maison , au lieu de toutes ces chansons profanes et «ouvent obscènes et scandaleuses , on cherchât son délassement dans le cliant de quelqu'une de ces hymnes. Il est aussi des cantiques qui ont été composés en notre langue ; je voudrais que de temps à autre, dans les momens où l'on n'est pas occupé , même pendant le travail, et surtout lorsqu'on est tenté, on se fît un devoir de les chanter. Je voudrais que , par d'amoureuses aspirations dévotes , l'on s'accoutumât à monter en esprit dans les cieux, et que là ,, unissant sa voix à celle des esprits bienheureux , l'on chantât avec eux l'auguste mère de Dieu, ses titres et ses grandeurs. On nourrirait par-là

182 Déi^ofion à la S. Vierge, son esprit des salutaires pensées qui sont renfermées dans ces cantiques , et le cœur s'enflammerait à l'aimer.

Avant de terminer ce Livre, je dois encore exhorter mon cher Théophile à honorer quelquefois la mère de Dieu par de saintes communions , surtout aux jours de ses fêtes, et à celui qui lui est consacré d'une manière spéciale dans chaque semaine , le samedi.

Croyez, mon cher ami , qu'il n'est rien qui charme davantage le cœur de cette auguste et tendre mère , que de nous voir empressés à nous nourrir de cette chair virginale qui fut formée autrefois dans son sein et de sa propre substance. Quicunque hanc regulam secutl fuerint , -paoc super illos et misericor^ dia,... Amen ( Galat. 6 ) : « Que la ^> paix et la miséricorde de Dieu soient » le partage de tous ceux qui rempli- » ront fidèlemen t tout ce qui vient d'être >> dit. Ainsi soit-il. »

Fin du Lipre /."

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