‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 36 sur 133 · De telle manière que ce n'a pu · texte numérisé non relu

De telle manière que ce n'a pu

être que par le secours dune grâce extraordinaire , et par une correspondance des plus parfaites , qui ont formé autour d'elle comme un rempart , ou comme une haie impénétrable , que Marie a pu conserver ce beau lis dans toute sa fraîcheur.

D'où elle ne doit point à elle-même seule d'avoir pu conserver ce précieux trésor , mais à la grâce de Dieu avec elle , comme l'a dit Saint-Paul :' Gratia Dei mecum,

6.^ Le sage nous apprend d'ailleurs qu'il ne peut y avoir personne de vraiment chaste sans le secours de Dieu :

Scii^i quoniani aliter non possem esse continens ^ jiisi Deus det ( Sag. 8 , 2 1 )•

7.^ Il est dit autre part , parlant de la correspondance à la grâce : Violenti rapiunt illud : « Le royaume de Dieu » n'est donné qu'à ceux qui se font vio- ^> lence; » d'où je conclus que, pour faire l'acquisition de cette vertu , et pour la conserver ainsi que toutes les autres vertus , Marie a d'abord reçu les grâces d'en haut, et les a reçues d'une manière privilégiée ; et ensuite elle y

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a été fidèle par une exacte correspondance , au point d'avoir mérité d'être appelée la reine des Vierges , regina Vlrginiun*

Personne ne mérita mieux en effet le titre de reine des Vierges que Marie : pour nous en convaincre , parcourons îà-dessus l'histoire de sa vie.

i.*^ Marie, d'après ce que nous enseigne une pieuse tradition , dans ses plus tendres ans fit vœu de virginité au Seigneur. Pendant que toutes les filles de Juda s'empressaient de contracter des alliances , Marie ne s'occupait qu'à cultiver en elle une vertu qui était inconnue jusqu'alors ; je dis plus , qui était en opprobre ; car il était dit de ce temps-là , dans un proverbe populaire : Maledicta sterilis in Israël :

<? Maudite soit la femme stérile.» La raison de cet anatbême était que le peuple juif, ignorant encore les secrets divins, regardait alors uiic femme stérile comme ne devant pins être comptée au nombre des ancêtres duMessie promis, ou comme condamnée à être privée du glorieux avantage d'en être la mère.

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Quelle estime ne dut donc pas faire Marie de la vertu de virginité , pour s'exposer à un pareil opprobre ? et quel mérite pour elle dans ce vœu qu'elle fit de la conserver jusqu'à la mort !

2.° Cependant , comme les pensées de Dieu sont plus élevées au-dessus de celles des hommes , que le ciel ne l'est audessus de la terre , qui leût cru alors en Israël que cette vertu méprisée par des traditions populaires , ainsi que nous l'avons dit, dût être un jour celle qui attirerait sur Marie les regards de la Divinité, etquilarendraitleplus agréable à ses yeux ? P'irginitate plaçait,

3.° Il est facile de nous convaincre de la vérité que j'avance dans le saint Évangile : en effet , lorsque Dieu le Père envoie l'ange Gabriel sur la terre pour choisir , parmi les filles de Juda , une mère qui soit digne de son fils , Marie est désignée , et elle est désignée parce qu'elle est vierge. Remarquons comme le Ciel exalte ici sa pureté et sa virginité ; combien il en rehausse le mérite j car voici comment s'exprime là - dessus le texte sacré : c< L'ange est envoyé à Marie vierge : » Missiis est angélus Qabriel ad Jklaz riam virgineni.

igS Dévotion a la S> Vierge,

4.^ O Marie ! que vous avez donc bien mieux connu le secret de plaire à Dieu , que toutes les autres filles de Juda ! Vous nous apprenez parla combien peu on doit s'arrêter aux jugemens du monde ; combien , au contraire, on doit les mépriser, puisqu'ils sont si opposés aux jugemens de Dieu : si vous les eussiez redoutés vous-même , ô vierge par excellence !

et que vous eussiez voulu y conformer voire conduite , vous n'eussiez jamais été la mère du fils de Dieu.

Vierges chrétiennes, apprenez donc, à l'exemple de jMarie , à reconnaître que la virginité est une vertu bien digne d'être estimée et d'être conservée avec soin. Le monde traitera votre conduite de folie ; mais c'est ici la vraie sagesse. Heureuses celles d'entre vous qui , comme IMarie, sauront foncier aux pieds les jugemens du monde !

comme elle , elles seront chéries du Très-Haut, et d'un amour de prédilection : les grâces qui leur seront ac* cordées , seront plus abondantes dès ce monde ; Jésus-Christ lui-même l'a

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