Livre IL
dit dans son Évangile ; et dans l'autre vie leur gloire aura un bien plus grand éclat que celle du commun des prédestinés , car elles auront, comme le dit Saint- Jean dans l'Apocalypse, le glorieux privilège de suivre Tagneau partout où il ira. Après tout, quelle impression peuvent faire les jugemens du monde sur une ame de foi , lorsqu'on a sous les yeux l'exemple du Rédempteur et celui de son auguste mère ?
Mais continuons à parler de l'amour de cette auguste reine des anges pour la vertu de pureté.
i.° L'ange Gabriel est envoyé a la vierge Marie, dit l'Évangile. 11 lui annonce qu'elle est choisie pour être la mère de Dieu , et Marie se trouble :
Quœ, cùm audisset^ tiirbata est. Remarquez , mon cher Théophile : la voix d'un ange intimide Marie. Que cet exemple est propre à faire rougir tant de jeunes personnes , qui , loin d'être intimidées , pendant que IMarie se trouble à la vue d'un ange , se complaisent elles-mêmes à la compagnie des gens du monde, où la pudeur
^)00 Dévotion a la S» Vierge, est si souvent offensée ; qui les écoutent, et qui sourient lorsqu'elles les entendent proférer des paroles à double sens, des discours obscènes, etc.!
Mais poursuivons.
2.° Marie est prête à renoncer au titre de mère de Dieu , plutôt que de s'arrêter à la pensée de voir se ternir en elle le beau lis de la virginité. Oh ! ii la vue de cet exemple , quels reproches ne doivent donc pas se faire encore tant d autres jeunes personnes de son sexe , qui font le sacrifice de cette vertu pour satisfaire une passion brutale , ou pour se procurer le plaisir d'un moment? O perte irréparable ! se dira-t-on un jour , quand on aura enfin ouvert , mais trop tard , les yeux à la lumière ; ô malheur irréparable I Oh! il sera donc éternellement vrai que î'ai perdu par ma faute le plus précieux des trésors , pour n'en avoir pas connu le prix , et que je ne le recouvrerai jamais ! Je puis bien encore me convertir et sauver mon ame ; mais je ne recouvrerai jamais la fleur infiniluent précieuse de la virginité.
5,^ Ce reproche ne regarde pas seulement ceux qui sont tombés dans l'excès du crime , mais encore tous ceux
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qui ont terni en eux , et de quelque manière que ce soit , cette ines-ima- We vertu ; car il y a la fornication et l'adultère de l'esprit , la fonâcation et ladultère du cœur , comme il y a la fornication et l'adultère à^s sens et des actions ; ce qui a fait dire au » grand Saint -Basile : J'ignore ce que i> c'est qu'une personne de l'autre sexe; » cependant je ne suis pas vierge, i^ Reprenons.
I P Marie aima tellement la vertu de pureté , quejamais cette vertu ne souffrit en elle la moindre altération, sous quelque rapport que ce pût être. Son corps et tous ses sens, son esprit et ses pensées, son cœur et ses affections, tout en elle fut toujours pur et sans tache : 1 Esprit Saint nous en assure , dans ces paroles qui lui sont adressées par l'organe de l'Eglise , lorsqu'elle lui dit en son nom : « Vous êtes toute belle , » vous qui avez su plaire à mon cœur » par les charmes de vos vertus , et » il n'y a point de tache en vous : » Tota pulchra es , arnica mea , et ma" cula non est in te.
502 Dévotion a la 5. Vierge,
nP Saint - Ambroise ajoute « que ^ l'amour que Marie eut toujours pour » ia vertu de pureté , était si grand en » elle, que non-seulement il la portait s> à conserver pour elle-même le trés> sor inappréciable de la virginité , n mais qu'il faisait encore qu'elle en » inspirait l'estime et l'amour à tous » ceux qui avaient le bonheur inap- » préciable de la voir {a), »
I.® Peut- ON tenir le même langage de toutes celles d'entre les personnes de l'autre sexe qui se disent aujourd'hui les disciples de Jésus et de Marie ? Je sais qu'il en est encore qui marchent constamment sur les traces de Jésus et de la reine des cieux , qui craindraient de fléchir le genou devant l'idole de la vanité et devant celle de Tinfame volupté ; oui , malgré la corruption du siècle, il existe encore des exemples vivans de toutes les vertus :
mais dans la plupart , quelle éton-
(a) Tanta inerat virgini Marlœ gratin puritatis , ut non solùm virginitatem servaret , sed si quos inviseret , confcrret ( S. Ambr. ).