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contestable , et leiiement incontestable qu'elle veut que chacun de ses enfans la qualifie ainsi , lorsqu'il lui adresse sa prière , Adi>ocata nostra.
2." Ce titre n'est point en elle un vain titre , un titre stérile par rapport à nous ; sans cesse elle s'intéressa en notre faveur pendant qu'elle était sur la terre; et depuis qu'elle est dans les cieux , elle est toujours occupée auprès de son cher fils à nous obtenir de nouvelles grâces , et à détourner de dessus nos têtes les châtimens que nous nous attirons par nos crimes , ainsi que nous le montrerons bientôt. C'est sous ce rapport qu'Esther, cette grande et sainte reine , est regardée comme une figure de l'auguste Marie. Pour recueillir de ce trait figuratif toute l'instruction qu'il peut nous offrir touchant le sujet que je traite , je vais le citer dans son entier, ainsi que nous le présente l'Ecriture.
3.° Au temps d'Assuérus, qui a régné, depuis les Indes jusqu'à l'Ethiopie , sur cent vingt-sept provinces , arriva l'événement que je vais raconter.
Après avoir répudié Vasthi, sa première femme , ce grand roi avait
2 8o Dévotion a la S, Vierge, épousé Estlier : Esther , qui portait aussi le nom d'Edissa , était juive de naissance , et parente d'un juif nommé Mardochée , qui avait pris soin de son enfance : Mardochée habitait Susan depuis qu'il avait été amené de Jérusalem en captivité , au temps où Nabucliodonosor , roi de Babylone, avait fait captif Jéchonias , roi de Juda. Il arriva qu'un des favoris d'Assuérus, nommé Aman , ayant conçu une grande haine contre le peuple juif, à cause de Mardochée , qui n'avait pas voulu fléchir le genou devant lui , ce courtisan vindicatif et sanguinaire obtint du roi j par surprise , un décret qui condamnait la nation juive à être entièrement détruite. Les ordres étaient déjà reçus dans toutes les provinces^ le jour de l'exécution de cet horrible décret était marqué , et était même attendu avec impatience par les incirconcis , lorsque Esther , instruite de cet ordre barbare par son parent Mardochée , résolut de tout entreprendre pour le faire révoquer, dût- elle s'exposer à encourir elle-même la disgrâce du roi, son époux. C'est ici qu'elle va faire l'office d avocate pour cette nation infortunée, qui touche au moment de
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son entière destruction. Après avoir donc tâché de fléchir la colère du Ciel par le jeûne et par la prière , elle se dispose à paraître devant le roi, quoiqu'il soit défendu , sous peine de mort , de paraître devant lui sans son ordre.
Elle arrive bientôt au pied de son trône; là , effrayée , d'un côté par l'appareil qui environne la majesté royale , et de l'autre par l'indignation qu'elle voit peinte sur la face du Roi , elle tombe en défaillance entre les bras de la femme qui l'accompagne. Touché de compassion , le roi tend aussitôt son sceptre en signe de pardon , et promet à la reine de lui accorder tout ce qu'elle désire , fût-ce la moitié de son royaume. Esther obtient la grâce qu'elle demande ; le décret de mort porté contre le peuple juif est révoqué. Celui qui l'avait obtenu du roi est pris lui-même dans le piège qu'il avait tendu , et il est suspendu à la potence qu'il avait fait dresser pour Mardochée. Ainsi Esther arrache-t-elle son peuple à une mort certaine.
4,° Faisons maintenant l'application de cette figure au sujet que nous traitons. IMarie est reine, comme nous l'avons prouvé ailleurs ; elle est reine
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non cl un seul royaume, mais de tous les royaumes du monde , de la terre et des cieux , et- cela pour Téternité. Dans cet état de grandeur et de j gloire , elle est toujours disposée à i soutenir notre cause devant le trône ' tie celui qui règne sur tous les rois ; ; toujours elle est prête à désarmer, j par l'effet de sa prière , la colère ce- j leste , lorsque par nos péchés nous avons €u le malheur de l'attirer sur nos têtes coupables , ou que nous avons -provoqué contre nous l'arrêt de la i mort éternelle. Jésus-Christ , notre Sauveur , notre médiateur auprès de son père, a dès-lors détourné les yeux de sa miséricorde de dessus nous ; le terme est marqué où l'ange qui pré- . side à la mort , doit exécuter les ordres de sa redoutable justice ; mais heureux s'il se trouve un Mardochée , un serviteur fidèle de la reine des j cieux , pour la conjurer de s'intéres- | ser à notre cause ! heureux si nous recourons nous-mêmes avec confiance ' à cette puissante médiatrice , et si, touchés ou effrayés à la vue à^s ! malheurs qui nous menacent , nous j allons nous jeter dans les bras de sa \ clémence ! Dès - lors je regarde le |
salut du pécheur comme assuré ; car Marie obtiendra du souverain juge que l'arrêt porté contre lui soit révoqué ; que le démon , son ennemi , qui avait juré sa perte , soit confondu. On le verra, ce pécheur, sortir tout à coup de rélat humiliant du péché , pour passer en l'état de justice , de grâce et de gloire. Le roi de l'immortalité le décorera de l'anneau qui fut donné à Mardochée comme un gage de son amour , et en signe de la puissance qui lui sera accordée sur ses ennemis ; cet heureux protégé se verra revêtu de pourpre et d'un appareil majestueux, qui imprimera la terreur dans lame de tous ses nombreux adversaires qui le tenaient autrefois asseni :
en un mot , d'esclave du démon , il deviendra de nouveau le membre de J. G. , et recouvrera la liberté des enfans de Dieu ; de réprouvé , il deviendra un élu ; et au lieu de cette éternité de malheur qui devait être son partage , une éternité de bonheur deviendra l'objet de son espérance : et voilà ce que peut Marie auprès du juge souverain des vivans et des morts.
5.* Oui, dit Saint * Augustin , car comme le Père ne peut rien refuser au
384 Dévotion a la S. Vierge, Fils 5 lorsqu'il lui montre les cicatrices de ses plaies^ de même le Fils ne refuse rien à la Mère, lorsqu'elle lui montre le sein virginal qui lui a servi de tabernacle 5 et lorsqu'elle lui rappelle les soins maternels qu'elle a pris de son enfance : Filius ostendit Patri latus et vulnera^ Filio ostendit Maternéetus et ubera , nec potest esse repuisa nhi tôt et tanta sunt amoris insignia,
T.*' Ainsi que déjà nous l'avons dit , Marie avait commencé à nous donner des preuves de sa tendre sollicitude , pendant qu'elle était sur la terre ; l'Évangile nous apprend qu'elle s'intéressa auprès de son fils aux noces de Cana, en faveur des époux qui étaient sur le point d'éprouver une grande confusion , le vin étant venu à leur manquer. Témoin de leur peine , Marie s'adresse à ceiui qui peut tout : « Ils n'ont point » de vin , lui dit-elle, yy En vain Jésus- Christ semble repousser sa prière, parce que son heure de faire des miracles n'est pas encore venue ; Marie , poussée par le sentiment de sa tendresse, persévère dans sa demande;
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pleine de confiance , elle espère que son divin fils se laissera fléchir , et elle dit à ses hôtes : « Faites tout ce qu il » vous dira. » Au même instant six grands vases préparés sont remplis d'eau, et l'eau est changée en vin ; vin miraculeux, dont la bonté surpasse celle de toute autre espèce de vin ; en sorte que le maître d'hôtel s'empresse d'en faire son compliment aux époux : « Eh » quoi ! leur dit-il , on voit chez vous » le contraire de ce qui se pratique » ailleurs ; autre part , on sert le bon ^> vin le premier, afin qu'après avoir » assez bu , on ne soit pas tenté de y) manquer aux lois de la tempérance : » pour vous , vous avez réservé le ^ meilleur pour le dernier (a).»
Et c'est ainsi que Marie s'empresse de faire usage de son crédit et de sa puissance auprès de son fils , toutes les fois qu'il s'agit de nos intérêts.
(a) Gaslai'it archilriclinus ...vocat sponsu?n... et dicit ci : Omnis hoino primiim bonuni vlnum ponit , et CLun inebriati fuerint , tune ici quod deterius ; lu auteni servasti bonum viiium usque adhiic (Joan. 2, 9, 10 J.
286 Dévotion à la S. Vierge.
I.® Depuis que Marie est assise à la droite de son fils dans les cieux , elle n a jamais cessé non plus de donner aux hommes des preuves de sa clémence et de sa tendresse ; elle n a jamais cessé de nous protéger et de nous défendre auprès du tribunal de la souveraine justice , et de solliciter pour nous des grâces devant le tribunal de la souveraine miséricorde.
Nous aimons à le reconnaître , ô Marie 1 et à vous en témoigner notre reconnaissance.
2.° Mais qui pourrait raconter tant de bienfaits qui nous sont venus par le canal de votre médiation , ô divine mère ! <^ car c'est par vous , auguste » souveraine , s'écrie SaiFit - Cyrille j> d'Alexandrie , que les démons ont » été mis en fuite , que Thomme a » recouvré le Ciel qu'il avait perdu par » son péché, que ceux qui étaient enj> sevelis dans les ombres de la mort , i> qui gémissaient courbés aux pieds » des fausses divinités , esclaves du ^ démon , de la superstition et de Ter-
» reur , sont venus à la connaissance i> de la vérité ( « j. »
C'est par vous , c'est par l'aide de votre médiation favorisée et soutenue de la toute-puissance de Dieu , que les projets des sectes infernales ont été déjoués , et que les mystères, ayant été prêches à tous, ont été crus et respectés : Per quani sanctum baptisma ohtin^ gitcredentibus, etc, (S. Cyrille d'Alex.).
Par vous , des églises sans nombre ont été élevées sur toute la terre à la gloire du Très-Haut : Per quani tolo orbe terrarum fundatœ sunt ecclesite nd. ).
Terrible comme une armée rangée en bataille , et en vertu de cette puissance que vous avez reçue sur le serpent, de qui vous deviez écraser la tête, vous avez obtenu des grâces puissantes à l'Église de Jésus-Christ , qui procèdent de J. C. lui-même; des lumières infiniment étendues , pour confondre ses ennemis ; une sagesse , une prudence
(a) Per quam dœmones fagantur ; per quam prolapsus homo cœlum récupérât ; per quant omnis crealura , idolorum K'esanid detenta , ad cognitioiieni verltuùs pervertit (S. C^-ril. d'Alex. Hoin. coût, Westor. )»
2SS Déi^otion à la S» Vierge»
consommée , pour agir , pour instruire , pour reprendre , pour menacer , et pour punir au temps opportun (aj ; enfin une force invincible , pour terrasser toutes les hérésies et leurs suppôts :
Cunctas hœreses sola interemisti in unif^erso mundo ( De officio Ecclesiœ ).
Quel sujet d'humiliation pour l'orgueilleux Lucifer , qui a voulu être semblable à Dieu 5 et qui ne sera pas même semblable à un homme ! car une femme suffira seule pour déjouer tous ses projets infernaux , pour le confondre et le terrasser jusqu'à la fin du monde Sola interemisti in uni^erso nnindo, :
3.° Avant que les Apôtres se répandissent dans les différentes parties de l'Univers, pour aller combattre l'idolâtrie , prêcher l'Évangile et faire adorer Jésus-Christ , ils restèrent dix jours en retraite , pour attendre la venue de l'Esprit Saint , par qui ils devaient opérer la plus étonnante des révolutions , c'est -à - dire la conversion de
(a) Per qunm unigenltus Dei Jîlius ils qui in tenebris et in iimhrd morlis scdentf lux efful&it, etc. etc. { S. Cyrille cl" Alex. ).
l'Univers.
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l'Univers. Ils restèrent dix jours dans le cénacle j mais vous y étiez avec eux, ô Marie ! pour les préparer à recevoir le Saint-Esprit ; vous étiez au milieu d'eux , afin d'intercéder le Ciel en leur faveur ^ car Dieu veut , ô reine admirable ! c|ue vous serviez de canal à toutes les grâces qu'il daigne nous accorder; il veut que votre médiation entre dans tous les dons qu'il a résolu de nous faire , comme le dit un Père de l'Eglise : Totaninos habere volait per Maviani (S. Bern. ),
4.** Et c'est ainsi , encore une fois , qu'est honorée celle que le Roi veut honorer : de telle sorte que celui qui aura trouvé le secret de vous plaire , plus que tous les autres , ô divine Marie ! recevra , en proportion de sa piété , des dons plus étendus.
Ainsi Saint-Jean reçut-il des lumières pl'is étonnantes 5 plus extraordinaires et plus universelles que les autres Apôtres , touchant la divinité de Jésus- Christ , parce qu'il vous aima plus qu'aucun d'entre eux ; d'où il a mérité d'être appelé . d'une manière plus spéciale , votre fils adoptif.
Ainsi verrons- nous dans la sïiite que les plus grands Docteurs de l'Eglise ,
ù^o Dévotion à la S. P'ierge, tels que les Ambroise , les Grégoire , les Augustin, les Bavsile , les Bernard , \q^^ Ronaventnre , les Antonin , ont été éclairés d'en haut dune manière plus spéciale que les autres , ont été distingués par un zèle plus marqué , parce qu ils ont eu envers vous une piété plus tendre , une confiance et un amour plus étendus : de là , lorsque nous les voyons combattre les ennemis de l'Eglise avec tant de succès , soit par leurs écrits , soit par leurs exemples , soit en particulier , soit dans les Conciles , et lorsque nous les voyons confondre les hérétiques , renverser ces nouvelles tours de Babel, que les suppôts de l'enfer s'empressaient d'élever pour insulter au vrai Dieu , nous n'en sommes plus étonnés , parce que, témoins lie leur foi et de leur confiance en vous 5 c'est toujours le même prodige que nous avons sous les yeux ; c'est toujours Marie , terrible comme une armée rangée en bataille , marchant à la tête de ses nombreux enfans pour écraser la tête du serpent , triomphant des ennemis de l'Église , et confondant toutes les hérésies : Cunctas hœreses $ola inèeremisU in univeTSO niundo*
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i.° Pour appuyer ce que je viens de dire , je ne dois pas passer sous silence un trait particulier consigné dans les fastes de l'Eglise , et qui est une preuve de la tendre sollicitude de Marie pour nous dans les cieux :
mais avant que de le citer , il faut que je remonte à l'origine d'une secte qui y a donné lieu.
2.^ La secte des Albigeois avait pris naissance dans la Bulgarie , presque aussitôt que le Christianisme. Lorsque la Bulgarie eut été convertie à la foi , les Manichéens pervertirent ces nouveaux Chrétiens, et leur enseignèrent leurs erreurs : c'était vers la fin du neuvième siècle.
Une partie de ces Bulgares s'avança en Italie , d'où quelques - uns passèrent en France, le siècle suivant. La vigueur avec laquelle on les y poursuivit, les obligea à fuir, ou à se tenir cachés.
Leur hérésie se renouvela au commencement du douzième siècle : Pierre de Bruis la répandit en Provence ; à ce sectaire s enjoignit un autre, nommé
29^ Dévotion a la S. Vierge, Henri, religieux apostat, qui était originaire d'Italie. Celui-ci avait séduit le peuple par un extérieur mortifié j il portait une longue barbe , et marchait nu-pieds : de ces deux noms, les sectaires furent appelés Petrobru' siens et H.enrlci(^ns,
Pierre de Bruis, l'un des deux chefs , périt à Saint - Gilles , ville du Languedoc ; Henri échappa par la fuite.
Ce dernier continua de semer ses erreurs, surtout dans la Toulousaine.
Saint-Bernard , un des plus zélés disciples de iNIarie , fut envoyé par le Pape Eugène II! , vers l'an 1 143 , pour combattre la secte des Renriciens. 11 parcourut les principales villes de ces cantons , et ramena la plus grande parue du peuple égaré au giron de i'Egiise ; mais cette secte repullula bientôt après. Les sectaires prirent alors le nom de Bon'i Hommes. S'étant éial)lis dans la Toulousaine , ils s'étendirent bientôt dans le pays , malgré les anathêmes du Concile de Tours , qui eut lieu eu ii63. Il y avait un canton de cette province qui en était plus infecté qu'aucun autre. Lombers, petite ville du diocèse d'Albi , située à deux lieues d'Albi , servait de re-
traite à ces héréliques , et les chevaliers les y prolégeaient.
C'est apparenunent de ce qtie ces héréliques avaient le foyer de lein\s erreurs dans le diocèse d'Albi , que leur est venu le nom d'Albigeois,
11 fut tenu un Concile vers le mois de mai 1 165 , qui condamna de nouveau ces hérétiques. Voici quelles étaient leurs principales erreurs. Ils ne recevaient point la loi de Moïse , ni l'ancien Testament , mais seulement le nouveau; ils établissaient deux principes , qui étaient Dieu et le Démon ; ils soutenaien-t que le premier avait créé les âmes , et le second y les corps ; ils rejetaient les prières pour les morts , la résurrection , l'enfer et le purgatoire : ils soutenaient que tout homme de bien peut consacrer ; que les malades pouvaient se confesser à qui ils voulaient ; cjue la confessioa suffisait; que la satisfaction n'était pas» nécessaire , et cjail ne faut faire aucun serment. Telle était la secte pour la destruction de laquelle on vit éclater dans le temps la toute -puissance de Marie dans le Ciel, toute -puissance qu'elle a reçue de Dieu , qui est seul tout-puissant par lui-même.
394 Dévotion a la S* Vierge»
5.° Saint-Dominique, fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs , entreprit, comme lavait fait avant lui Saint- Bernard , de ramener ces hérétiques au bercail de Jésus-Christ ; ils furent , pendant sept ans , l'objet de sa solli- (ilude et de son zèle. Cependant il voyait que tous ses travaux restaient sans fruit , que tous ses discours, quelque pathétiques, quelque onctueux et quelque propres qu'ils fussent à toucher les cœurs les plus endurcis , ne faisaient aucune impression sur les Albigeois : ces hérétiques, des phis opiniâtres qu'il en fut jamais , n'emportaient pour tout fruit des prédications du Saint , lorsque quelques-uns d'entre eux venaient pour l'entendre , que plus d'opiniatrelé et plus d'acharnement encore. Désespérant de pouvoir réussir à les ébranler, Dominique s'adresse à Marie avec confiance , et promet d'employer tout son crédit pour étendre son culte {a).
(a) Ce fut Saint -Dominique qui, éclairé par des lumières surnaturelles , établit cette réjiétition, jusqu'à quinze dizaines, de la Salutation angélique, appelée le saint Rosaire; répétition qui fut depuis approuvée de TÉglise ,
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4.° A peine Dominique se fut-il engagé ainsi à étendre , de tout son pouvoir , le culte de la mère de Dieu , et eut-il enseigné la manière de l'honorer parla récitation du saint Rosaire , qu'il se fit au même instant un changement miiraculeux dans l'esprit à^s Albigeois. On vit alors ces ennemis de la foi venir en foule entendre ses instructions , pleurer leurs péchés, et se ranger sous les étendards de la véritable Église.
5.° On ne saurait dire combien grand fut le nombre des conversions qui eurent lieu alors parmi ces hérétiques :
ce qu'il y a de sûr , c'est que, joint au zèle du Saint les mesures que prit Saint-Louis dans de sages réglemens qu'il donna de son côté , cette hérésie fut entièrement détruite ; la paix fut rétablie dans toutes les provinces méridionales de la France , et depuis il ne fut plus question des Albigeois , ni de leur hérésie.
G.° Et voilà ce qui confirme de plus en plus , ô Marie ! la vérité de ces
qui y a attaché, pour encourager les fidèles à suivre Texemple de Domiiii(j^ue, de très-graudes Indulgences.
ag6 Déi^otlon a la S. Vierge.
paroles que chante l'Église en votre honneur, que vous avez seule, par la puissance dont Dieu vous a revêtue , renversé toutes les hérésies dans le monde entier : Cunctas hœreses sola interemisti m wiiuerso miindo.
Voilà aussi une nouvelle preuve de cette vérilé consolante pour tous les enfans d'Eve , que nous avons en vous une avocate toute -puissante dans le Ciel.
Nous vous le répéterons donc sans cesse , dans les sentimens de la plus douce confiance , chaque fois que nous vous adresserons nos prières , et nous vous le redirons toujours, dans de nouveaux sentimens de joie , avec l'Eglise et les Saints : « Marie, notre toute- » puissante avocate, priez pour nous : » Adi^ocata nostra , ora pro nobis.
Mais il est un autre titre en Marie qui n'est pas moins propre à nourrir notre confiance et à l'enflammer toujours davantage ; c'est celui de refuge des pécheurs , dont nous allons parler dans le Chapitre suivant.
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