CHAPITRE III
Marie rf'fuge des pécheurs,
i.° Marie, outre le titre d'avocate, est qualifiée par l'Égiise de celui de refuge des pécheurs , Refugiiim peccatorum. Ce litre fait éclater encore d'une manière spéciale ses miséricordes.
Je voudrais pouvoir faire sentir aux pécheurs combien le titre consolant donné à Marie , de refuge des pécheurs , renferme de motifs propres à nous inspirer envers elle la confiance la plus étendue.
2.^ Ce que je viens de dire , pour prouver les miséricordes de Marie considérée comme avocate , pourrait encore laisser les pécheurs , surtout les plus grands pécheurs , dans une espèce d anxiété , par la pensée que Marie ne dût employer sa médiation qu'en faveur de ceux qui lui sont fidèles , c'est-à-dire , en faveur de ceux qui vivent dans l'état de justice , tels que le furent les Saints dont il a été ])arlé dans le second Livre , ou les autres Justes , qui s'efforçaient tous ensemble
298 Dévotion a la S* Vierge, de se rendre Marie propice par l'imitation de ses verlus.
5.° Il est bien vrai que les Justes et les Saints avaient plus de droit que tout autre à l'intercession puissante de la reine des cieux ; mais cette préférence pour ceux qui se sont rendus plus dignes de l'avoir pour avocate , n'exclut point sa clémence envers les grands pécheurs , et ne rend point Marie insensible par rapport à eux :
c'est sur quoi ne laisse aucun doute le nouveau titre dont il est maintenant question, celui de refuge des pécheurs*
Marie est le refuge des pécheurs.
Remarquez , mon cher Théophile , que l'Eglise ne dit pas seulement :
Elle est l'avocate des Justes, ou même elle ne dit pas : Elle est le refuge de quelques pécheurs; mais elle dit : Elle est le refuge des pécheurs , c'est-àdire , de tous les pécheurs en général, quels qu'ils puissent être : Refw glum peccatoru77i,
i.° Combien celte pensée n'est-elle pas consolanlCjSurtoutpour ces grands criminels qui , après avoir mis le