Livre JÏL
O commutation ! ô changement trop étrange ! parlez, ô Marie ! et une seule parole de votre bouche , même le seul acte de votre volonté , ou le moindre signe d'opposition de votre part , va déterminer votre divin fils à ne pas vouloir exiger de vous un semblable sacrifice , à ne pas vouloir , par un excès de son amour pour nous , déshonorer en ffuelque sorte en vous le titre de mère de Dieu par celui de mère des pécheurs.
Mais non , Marie garde le sik^nce, tout la presse de se soumettre aux ordres de son divin fils. Son humililé , son amour même pour Jésus , qui n'est vrai et sincère que lorsqu'il rend conforme la volonté de Tobjet qui aime , à celle de l'objet aimé ; de plus, son amour pour les âmes rachetées par le sang de son divin fils luimême , la pressent encore de se soumettre : ainsi Marie se rend à la volonté du Très-Haut; elle nous adopte pour ses enfans , et se regarde désormais comme notre mère : Et ex illâ horâ accepit illam discipidus in sud;
Zehedei pro filio Dei , homo parus pro Dto vero ( S. liernard ).
544 Dévotion a la S. Vierge, » Et dès ce moment même le disciple » reçut Marie pour sa mère. «Remarquez , et le disciple la reçut pour sa mère ^ ce qui aunonce que Marie , qui est elle - même le don par excellence qui nous est fait, consent, d'après la volonté de son divin fils , à ce qu'il BOUS soit fait.
4.® Je ne connais dans l'Écriture Sainte qu'un seul trait qui puisse nous laisser une idée de la faveur qui nous est accordée par une pareille adoption de la pai'L de Marie ; c'est celui de la fille de Pharaon , qui adopte pour son fils un pauvre Israélite, qui , depuis^ fut appelé Moïse. J'aime à rappeler ce trait avec toutes sç,s circonstances , car il est intéressant , et d'ailleurs il donne un plus grand développement a mon sujet.
Arrêtée sur le bord du Nil , cette princesse, dont le nom était Thermuthis (d'après Feller , article Moïse) , vit venir à elle un panier de jonc porté par le courant des eaux; dans ce panieu était le jeune Moïse, car sa mère , d'acr cord avec les sages-femmes d'Egypte „ n'ayant pas voulu exécuter siu' lui les
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ordres cruels de Pharaon , à cause de sa trop grande beauté , et craignant d'être compromise , l'avait ainsi exposé sur le fleuve.
La princesse voyant donc venir à elle ce panier fait avec art , et construit en forme de berceau , désira de voir ce qu'il pouvait renfermer ; elle ordonna en conséquence aux personnes attachées à son service de le retirer du naufrage et de le lui apporter.
On s'empresse d'exécuter ses ordres , le berceau est retiré du Nil et lui est présenté ; dès qu'elle l'a sous les yeux, elle y aperçoit ce petit enfant, dont elle admire la grande beauté : transportée de joie, elle l'emporte à la cour da roi son père , et là elle l'adopte pour être désormais son enfant : Quem adop" tavit in locum filli ( Exod. 2 , 10 j.
2.^ Je vais parler selon -le monde , avant que je parle comme Chrétien , et je vais dire : Heureux enfant ! tu n'avais pour mère qu'une pauvre esclave , qu'une femme sans aveu , san5 condition , sans crédit et sans puissance ; et voilà qu'aujourd'hui tu as pour mère la fille d'un grand roi , qui peut tout auprès d'un père de qui elle est aimée. Tu étais destiné à périr ^
546 Dévotion à la S» Vierge, et tu vivras : quand tu aurais dû échapper au naufrage dans la maison de celle qui te donna le jour , il ne t était promis qu'une existence obscure et pénible; mais maintenant, devenu fils d'une telle mère , on te promet les richesses et les honneurs qui environnent la cour des rois de la terre : encore une fois , heureux enfant ! précieuse adoption !
5.° Mais ce n'est ici qu'une faible image de notre bonlieur , mon cher Théophile ; car qu'est-ce que la gloire et la puissance de la fille de Pharaon , comparées à la gloire et à la puissance de la reine des cieux ! que sont , nous l'avons dit ailleurs , que sont tous les avantages qu'on rencontre à la cour des souverains du monde , si nous les comparons aux avantages qui nous sont promis à la cour du roi de 1 immortalité , et dont celle qui nous a adoptés pour ses enfans , est la dépositaire î
J'ai dit encore qu'en donnant avec plus de détail ce trait concernant ladoption de Moïse par la fille de Pharaon , je mettrais par-là dans un plus grand
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jeiir la pensée qui m'occupe , c'est-àdire que je pourrais par-là réussir à faire mieux sentir combien il est avantageux pour nous d'avoir pour mère l'auguste Marie; car toutes les circonstances qui composent ce trait, sont figuratives de ce que je veux dire touchant Marie , sur sa qualité de mère des Chrétiens : reprenons-le donc dans le détail de ces mêmes circonstances.
i.^ Pharaon, qui, par un arrêté barbare, condamne tous les enfans mâles d'entre les Hébreux à être égorgés au même instant qu'ils sont sortis du sein de leur mère , nous représente assez bien le démon, de qui nous sommes esclaves , et qui nous fait mourir en naissant.
2.° Cette mère qui expose son enfant sur un fleuve où il doit faire naufrage et rencontrer une mort certaine , nous peint l'aveuglement des parens , qui sont les premiers eux-mêmes, quand ils n o:U pas la crainte de Dieu , à exposer leurs enfans au péril , ou à les lancer sur la mer orageuse du monde, avant qu'ils aient la connaissance du danger où on les expose , et qu'ils soient dans le cas , pour cause de cette même ignorance, de pouvoir les éviter.
548 Déi^othm a la S. Vierge.
5.* Cette princesse qui va se promener auprès du fleuve du Nil , est la figure de Marie, qui ne perd point de vue le monde, quoiqu'elle soit arrivée au port du salut, et qu'elle habite le palais éternel du roi de gloire ; car cette auguste princesse, pleine de sollicitude et de tendresse pour nous , ne cesse de là d'abaisser ses regards vers la terre , de descendre même sur cette terre près à^s rives du fleuve empesté , d'où elle nous tend les bras y afin de nous arracher au naufrage ; et là, chaque fois que cette miséricordieuse mère a pu réussir à retirer
quelqu'un d'entre nous du péril, pleine de joie elle va nous présenter aussitôt à son divin fils , le roi immortel
des siècles , de qui elle obtient par sa prière que nous soyons reçus à sa cour , que nous soyons rendus à la liberté des enfans de Dieu , que nous goûtions les délices qui découlent du trône de sa gloire , enfin que nous soyons revêtus des beautés et des charmes de l'innocence que nous avions perdue par notre faute.
4.^ Et c'est ainsi qu'en agit tous les Jours et dans tous les âges du Christianisme , envers chacun de nous , cette
reine par excellence , en attendant que nons soyons reçus dans le séjour de réternelle béatitude , dans ce séjour mille fois heureux , où nous posséderons l'héritage promis dès le commencement du monde à tous ceux qui conserveront leur innocence , ou qui se convertiront après l'avoir perdue.
i.° Mais c'en est assez pour montrer que Marie est notre mère , et combien il est heureux pour nous d'être les enfans d'une telle mère. Je dois dire maintenant, ainsi que je l'ai promis , combien ce titre est propre à exciter en nous une grande confiance envers Marie.
2." Peut-être, pour arriver à mon but , me suffirait-il d'inviter chacun à rentrer dans son propre cœur , car le monde entier est composé de pères , de mères et d'enfans ; et il s'agit de parler ici de la confiance que ce titre de mère est propre à inspirer à un enfant : cependant, dans la pensée qu'on ne saurait trop en dire sur une matière d'une si haute importance , je vais me livrer à quelques réflexions qui pui^îj-
55o Dévotion a la 5. Vierge, sent me servir à rendre là-dessus , autant qu'il sera en moi , tout ce que je sens et tout ce que je pense.
Pour m'y introduire , je saisis d'abord un passage des Livres Saints qui vient s'offrir à ma pensée , et que voici : il est du prophète ïsaïe : « Est- » ce qu'une mère , dit ce prophète, » est-ce qu'une mère peut jamais ou- ^ blier son enfant ? Peut- elle jamais M cesser d'avoir de la tendresse pour » lui , et devenir insensible au point » de ne plus ressentir de la compas- » sion pour le fruit de ses entrailles (a)?» 3.° L'Esprit Saint , par la bouche du fils d'Amos , a parlé des mères en général, ainsi que déjà nous l'avons observé autre part ; mais combien' n'avons-nous pas plus de raison d'appliquer à Marie ce qui vient d'être dit de toutes les autres mères ? Combien ces paroles ne conviennent -elles" pas mieux à cette tendre mère des Chrétiens , qu'à toute autre mère , elle qui réunit plus de tendresse dans son cœur que toutes les mères ensemble ?
(a) Numquid oblivisci potest mulier infanteni suum, ut non miserealur filio uteri tui C Isaïe» 49, i5)?
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4.* Venons-en maintenant à l'application de ces paroles du prophète , eC disons : Combien , en effet , cet attachement, cette sollicitude et cette tendresse de Marie pour nous ne sont-ils pas propres à gagner nos affections et notre confiance l Est - ce qu'une mère peut jamais oublier son enfant?
Que i'aime à répéter ces consolantes paroles 1 De là je me dis à moi-même: Puisque Marie est ma mère , et que je suis son enfant , Marie ne pourra donc jamais m'oublier ; elle ne pourra donc jamais cesser d'avoir compassion de moi. Oui, je le sens , cette considération ranime vivement ma confiance, et je pense que mon cher Théophile éprouve le même sentiment que moi.
5.° Si je voulais continuer à suivre toutes les réflexions qui découlent naturellement de cette première pensée , afin d'enflammer de plus en plus dans mon cœur ma confiance et mon amour pour Marie , je me représenterais encore ici tout ce que sent naturellement de confiance et d'amour un enfant , un tendre nourrisson , pour celle qui , après lui avoir donné le jour , le porte dans ses bras , lui donne la nourriture qui convient à son enfance , l'embrasse
552^ Dêçotion a la S» Vierge, mille fois , le caresse et le réchauffe sur son sein maternel. Cette confiance et cet amour dans cet enfant sont si naturels , si tendres et si véhémens , qu'on le voit souvent se précipiter de lui-même dans les bras et sur le sein de cette tendre mère ; il s'y cache , il s'y complaît , il y repose en assurance sans la crainte d'aucun péril :
on le verra sourire à cette mère chérie , s'efforcer de balbutier en sa présence des mots qu'il ne peut prononcer encore , afin de lui exprimer son tendre amour : si l'on vient à l'arracher de ses bras , il pleure , il est inconsolable ^ par ses cris il rappelle celle que son cœur aime, celle qui le réclame à son tour , et qui semble n'être heureuse que lorsqu'elle le possède. O admirable réciprocité de sen?timens !
6.' Attiré par quelque amusement frivole , arrivera-t-il à cet enfant de s'éloigner un instant de cette mère chérie ? un danger se présente-t-il \ A qui aura-t-il recours l Le nom de mère , gravé dans son cœur , se présente aussitôt à sa bouche enfantine , c'est le seul qu il prononce , et qu'il répète mille fois : O ma mère ! O ma mère ! En mcma
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temps il se hâte de fuir pour se réfugier dans ses bras, tout baigné des larmes que lui a occasionées la frayeur dans laquelle il a été jeté : arrivé dans cet asyle assuré , il se cache de nouveau dans son sein , et ne se rassure que lorsqu'il a perdu de vue tout ce qui l'environne , pour ne plus voir que celle qui fait l'objet de sa confiance , de sa tendresse et de son amour. O heureux enfant 1 ô Marie!
ô tendre mère l
1.^ N'ai -JE donc pas eu raison de le dire , mon cher Théophile , que parmi tous les titres qui honorent Marie , il n'en est pas qui parlent plus éloquemment en faveur de la confiance que nous lui devons , que celui de mère ; qu'il n'en est pas qui soit plus propre que celui-là à la réveiller et à l'enflammer dans le cœur de chacun à.ts infortunés mortels?
2.^ Cela étant , ayons donc chacun en notre particulier une tendre confiance envers cette tendre mère , et une confiance qui ne se démérite jamais» Marie e§t notre mère et la plus
S54 Déi^otion à la S» Vierge, tendre des mères : voilà une véritél reconnue, qui ne s effacera plus désor-~i mais de notre souvenir.
3.^ Si l'on n'a rien vu de plus tendre , J de plus enflammé et de plus constant' que les Saints dans la confiance envers-i Marie 5 c'est qu'ils étaient tous pleir : aement convaincus de^ cette vérité ,J que Marie est notre mt;re et la plus.i tendre de toutes les mères. Que n'au- , rais - je pas à dire de sublime là- = dessus d^un Saint - Augustin , des Ga-^i tJierine de Sienne , des Thérèse, des^ Amlïroise , des Bernard , des François^i de Sales et de tant d'autres? Je rea- .; Toie mon cher Théophile à l'his-l toire de leur vie , afin qu'il puisse s'en*; instruire par lui-même, de manière j a pouvoir partager leurs sentimens de confiance et d'amour envers cette tendre mère; afin que, mu par ces mêmesi sentimens si conformes aux inclina--^ tioiîs de tous les cœurs bien nés , il;' s'empresse , à leur exemple , de recou-rir à Marie dans tous les temps\y et\: surtout lorsqu'il se trouvera dans le péril, et qu'aidé de sou a s sis tance: j ilt; s'enrichisse comme eux, chaque jour ; de sa vie , de tous les trésors de la i grâce., doat le Dieu tout-puis saii* lui. a$.
confié là dispensation , d'où elle es^ appelée la mère par excellence de là grâee divine , mater dUnnce gratiœ.
tP AvAts^t que de terminer ce chapitre , il me semble que je ne remplirais pas entièrement la tâche que Je me suis imposée , si je passais sous silence les preuves que cette bonnq mère a données de son amour pour ses enfans adoptifs , depuis qu'elle a consenti à être leur mère.
2.^ J'en ai déjà beaucoup dit pour prouver que Marie , notre mère , est la plus tendre des mères : ce qui me reste à dire là-dessus pour achever de nous convaincre, se passe sur le Calvaire ; îà se présente une dernière preuve , d'autant plus convaincante qu'elle e^t en quelque sorte plus terrible.
Elevons donc encore une fois nott^e esprit sur la Montagne saihte , et îà contemplons en silence ce qui s'v pasfe : qu'y ven^ons-nous^ ? Nous y verrons ce que déjà nous avoiis vu'; une mère en unioh avec Dieu le Père , ofFrant en Holocauste son propre fils 3fîn d'expier nos péchés- , seltn lés
556 Dévotion a la S. Viergel expressiaas d'un Père de FEglise ^ qui a dit « que pour racheter l'es- ^ clave y le Père céleste et Marie ont » offert l'un et l'autre leur propre » fils , leur fils unique qu'ils aimaient : » Ut serviim redimerent , communeni filiuni tradiderunt ( S. Bern. )^
« Quel amour de la part du Père y céleste pour des pécheurs , dit » l'Apôtre Saint-Paul î » Sic Deiis dlleocit niundum^ ut filiiim suum.unige^ nitum daret. Disons-le donc aussi, proportion gardée , en parlant de IMarie, de Marie qui , comme Dieu le Père , a de même livré son propre fils , son fils unique qu'elle aimait , afin de BOUS racheter; disons-le , remplis aussi envers elle des sentimens de la plus vive reconnaissance : Quel excès d'amour dans Marie pour des pécheurs , quand Marie a imité ici le Père céleste dans son amour pour les enfans des hommes ! Elle a vu , cette tendre mère , du haut du Calvaire, où elle se tenait debout près de la croix , elle a vu dans les lumières éternelles qu'il fallait une victime à la justice céleste , pour l'apaiser envers nous et mériter notre réconciliation , et que cette victime ne pouvait être que son fils ; que sans
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cela il ne pouvait y avoir de salut pour nous : alors , transpercée du glaive de la douleur , et quelque vive que fût cette douleur , elle n'a point balancé de consentir à ce que son cher fils fut immolé. Et n'est-ce donc pas là , de la part de Marie , aimer le monde , aimer ses nouveaux enfans ? Et dès-lors ne nous est-il pas permis de dire avec Saint-Bernard > toujours proportion gardée , ce que l'Apôtre a dit de Dieu le Père touchant le mystère de la rédemption :
Sic Maria dilexit miindum ^ ut filiiim suimi unigenitwn daret ( S. Bern. ) / Marie a tant aimé le monde , qu'elle a consenti à livrer son fils unique pour le racheter ; et ce qui pourra servir à porter ici notre admiration à son comble , c'est que pendant que toute la nature est ébranlée , IVIarie seule , au moment où elle ofFre ce grand et redoutable sacrifice, est debout près de la croix : Stahat mater Jesu ; elle regarde , elle contemple , aACC des yeux pleins de miséricorde et de tendresse , les plaies de l'auguste victime par cfui elle sent que nous allons tous être rachetés de la mort et
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de l'enfer {a). Quelle inarqiie plus^ frappante de son amour pour nous, sera- t-il possible de rencontrer V
5.® Ah ! s'il fut dît à Abraham , pour avoir obéi à la voix de Dieu , pouV s'être disposé à lui immoler son fils i îsaac , selon l'ordre qu'il en avait i reçu ( b) : « Parce que vous avez obéi » à nia voix , et qne vous n'avez point ; f> épargné votre fils unique à cause de ! » moi , je vous bénirai , et je mub- » tiplieraî votre race comme les étoiles | ^> du firmament et comme les grains- : » de sable qui sont sur le bord de la ; V mer; » si, dis-je, cette promesse a été faite au père des croyans pour un ^ aussi généreux sacrifice ; avec combien : plus de raison Marie n'a -t- elle pas j mérité qu'elle lui fût faite , elle qui a offert au Seigneur en sacrifice , non pas un homme, mais un Dieu dans la . personne de son fils unique ? Avec : combien plus de raison n'a-t elle pas
(a) Speciabni plis ociilis Jilil vulnera , per i qTbem scicbal omnibus futuram redemplionfm [ (S. *,ab.).. I
(b) Quia, . o . non pe^yercisli fibo fuo uniç^e- \ nko proplcr me f hcnedicam tibi^et muhiplicabo semeu iiium sicut 6 tel las cœlif et veliit arenani I (luœ est ia linore marà ( Gen. 22, 26 7 17 X