Livre JÎL 55g
rnérité de recevoir alors la récompense qui fut promise au fils de Tharé ?
Elle la recevra en effet ; sa soumission sera couronnée, sa race sera multipliée d'une manière plus étendue encore que celle d'Ahraliam; il sera plus vrai encore dé le dire d'elle que du saint Patriarche : Votre race sera multipliée comme les étoiles qui peuplent le ciel, et comme les grains de sable qui sont sur le bord de la mer; et puisque tous les discipiôs et les fi^ères. de son fils Jésus -Christ selon l'éternité, sont ses enfàns, il fau^ dra bien le dire aussi de la mère , cô qu'Isaïe a dit du fils : « Quel est celui » qui pourra raconter sa nombreuse » postérité ? » Guneratioiiem ejiis quis eiiarrahit î
4.° Cependant ne perdons pas de vue encore le sacrifice que fait ici Marie , et avouons-le , qu'il lui était impossible de nous donner une plus .
grande marque de son amour.
Jésus-Christ a dit que personne ne peut donner à un ami une plus grande preuve de son amour , que de se livrer lui-même à la mort pour lui : ici Marie donne sa vie , en consentant à Timrtioîllion de son propre fils ; tcllemeiïl
56o Dévotion a la S. Vierge.
qu'elle eiit préféré de mourir ellemême en sa place , si sa mort , comme celle de son cher fils , eût pu suffire pour racheter le monde de ses péchés; que dis-je? elle eût mieux aimé mourir un million de fois , plutôt que de voir mourir ce cher fils : et c'est ainsi que Marie nous a aimés ; elle nous a aimés jusqu'à livrer son propre fils à la justice du Père pour nous ; en sorte qu'il lui était impossible de pouvoir nous donner une plus grande marque de son amour [a),
5.° Non , ô IMarie ! non , ô la plus tendre et la plus compatissante des mères , j'ose l'affirmer devant vous, je le soutiens en la présence du ciel et de la terre ; je le soutiendrai même en présence des enfers , qui en ont frémi , qu'il ne vous était pas possible de nous donner une plus grande preuve de votre amour.
Il ne sera donc plus permis à personne maintenant de douter de votre amour presque infini pour les hommes , ô tendre Marie ! à chaque fois que l'on voudra se rappeler le grand
(a) Sic Maria dileœit mundum , ut Jlliuni suum unigenitum daret ( S. ïjçjiiiarcl ),
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et le terrible sacrifice du Calvaire , comme lorsqu'on s'arrêtera à considérer les avantages infinis qui en découlent.
Car , par le sacrifice du Calvaire ; sacrifice dont tous ceux de l'ancienne alliance , même celui d'Abraham , n'étaient que la figure , le démon a été chassé de l'héritage du Seigneur ; la cédule effrayante et terrible de notre réprobation a été attachée à la croix et lavée dans le sang de la vietime sainte et sans tache; le mur de séparation qui existait entre le Ciel et nous , et qui avait été élevé par nos péchés , a été renversé ; nous avons été réconciliés avec l'éternellQ justice et rendus à notre patrie ; Dieu, de juge qu'il était, est devenu notre père , et nous sommes devenus ses enfans chéris. Telles ont été les sui* tes heureuses de ce grand sacrifice.
6.^ Disons-le encore une fois , disonsle un million de fois , disons - le toujours : quand on pense que Marie a concouru à la consommation d'un sacrifice si étonnant et si terrible , nonseulement en mettant au monde la victime , mais encore en montant ellemême sur le Calvaire, pour l'offrir en
quelque sorte , de ses propres mains , ; à Dieu le Père ; est - il permis alors i de douter que Marie ne soit à notre ' égard la plus tendre , la plus aimante i et la plus bienfaisante de toutes les ^ mères l Je dis la plus tendre de toutes les mères , car les sentimens et les expressions de l'amour sincère et de la véritable tendresse sont ceux qui se manifestent par les bienfaits , comme le dit l'Apôtre Saint-Jean : Non in 1 perbo neque linguâ , sed opère et ve- ' ritate.
La nature des bienfaits , jointe aux \ marques d'affection qui les accompa- I gnent , indique ordinairement , indi- i que même toujours l'étendue et la mesure de l'amour de celui de qui | nous les recevons : jugeons donc de là , i loin de concevoir le moindre doute ; sur la tendresse de cette mère chérie pour ses nouveaux enfans , ju- ; geons de là au contraire , après tout ' ce que nous venons de dire , soit sur \ le sacrifice en lui-même , soit sur les ; bienfaits qui en découlent , s'il doit être donné à aucun mortel d'en pouvoir raconter l'étendue , la hauteur et la profondeur.