‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 68 sur 133 · Oui, Marie , oui, ô divine Marie · texte numérisé non relu

Oui, Marie , oui, ô divine Marie

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et je ne me lasserai point de le redire, je le reconnais et je le confesse avec tous les Saints , avec tous les enfans de la véritable Église , et avec l'Église elle-même , vous êtes notre mère et une mère remplie de miséricorde, de tendresse et d'amour pour tous vos enfans : je le sais , que nous ne sommes point vos enfans selon la nature , car vous n'avez qu'un fils unique , qui est le fils unique de Dieu , notre Seigneur^ mais nous sommes vos enfans selon la grâce ; nous sommes vos enfans par adoption ; nous le sommes , parce que Dieu le Père nous a adoptés pour ses enfans; parce que Jésus- Christ , votre fils unique , n'a point rougi de nous appeler ses frères ; et parce que ce divin fils , le fruit de vos entrailles, par un effet de sa miséricorde , n'a point eu horreur de nous associer à lui comme ses membres ; enfin , parce que ce tendre Sauveur nous a donnés à vous dans la personne de Saint-Jean , qui nous représentait tous sur le Calvaire , pour que vous fussiez à jamais notre mère.

8.^ Voilà , ô tendre Marie ! ô la plus aimable , ô la plus puissante , la plus miséricordieuse et la plus compa^

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tissante des mères , ce que je me plais à répéter sans cesse , ce que je reconnais , ce que je confesse et ce que je veux confesser tous les jours de ma vie , en union avec la sainte Église , avec cette Église sainte à laquelle je veux appartenir d'esprit et de cœur, et dans le sein de laquelle je veux vivre et mourir.

9.° Cependant il faudra que je finisse de parler des titres qui nous font connaître l'étendue des miséricordes de Marie pour nous 5 mais, en finissant 5 je produirai encore une pensée consolante qui m'occupe et qui me frappe , touchant le sujet que je traite.

Il me semble voir des yeux de là foi cette auguste et divine mère sourire et se complaire au milieu de ses nombreux enfans ; il me semble la voir chercher ses délices à s'en trouver environnée , pour leur faire part des biens inappréciables et inexprimables tout à la fois qu'on goûte dans l'éterîielle béatitude ; comme il me semble , selon l'expression du roi - prophète, comme il me semble voir vos nombreux enfans, vos enfans chéris, ô la plus douce et la plus tendre des

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mères! semblables aux rejetons de lolivier , qui entourent l'arbre dont ils ont reçu la vie , et qui ne s'en séparent jamais , se presser autour de vous , formant une chaîne bénie devant la table que vous leur avez préparée : Filli tui sicut noi^ellœ olivaruin in circuitu mensœ tuœ ( Ps. 127 , 3 ) : et pendant que ceux de vos enfans qui peuplent déjà les cieux, y environnent votre trône de gloire, jettent à vos pieds leurs couronnes , et vous expriment leur immortelle reconnaissance pour les soins maternels que vous avez pris de leur enfance , je veux dire pour cette tendre sollicitude que vous avez eue pour eux dans tout ce qui regarde le salut , lorsqu'ils habitaient encore la région des morts ; pendant que ceuxlà , dis-je , célèbrent ainsi vos louanges dans le ciel , ceux-ci , ceux qui sont condamnés à vivre encore parmi les enfans de Cédar , se tenant aussi pressés autour de vous , vous honorent k leur manière , vous adressent leurs humbles supplications , répétant sans cesse les cantiques de louanges et de prières que l'Église vous adresse , lorsqu'elle veut célébrer vos miséricordes , ou réclamer votre secours.

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Mais là , 6 céleste Marie ! mais là , au milieu de cette famille si chère à votre cœur, semblable à la mère des Machabées , sans cesse vous dites à chacun de vos enfans , afin de les encourager au combat , en leur montrant ceux qui les ont précédés dans la gloire : Peto , nate , ut aspicias ad cœlum ( 2 , Machab. 7 , 28 } ; « Mon fils , regardez » le ciel , et méprisez cette terre ; » regardez le ciel , votre patrie , où » une grande récompense vous attend , » et demeurez fidèle jusqu'à la fin : » Sed digniis fratribus tuis effectus suscipe mortem (2 Mach. 7, 27); «Sachez, sachez, mon fils, sachez i> vous rendre digne de vos frères qui ^ vous ont précédé dans cette gloire ^ pour laquelle vous avez été créé.

7i Accoutumés à persécuter la vertu , s> le monde et les enfers s'armeront à » la fois contre vous ; mais ne crai- 5) gnez point, sachez mourir plutôt que 3) de devenir infidèle; car la mort du » serviteur de Dieu n'est point une mort 5) véritable , elle n'est que le passage s> d'une vie de souffrance à une vie 5> exempte de toute espèce de tribula- » tion et de crainte » ; PetOy nate^ ut aspicias ad cœlum.

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