‹ Dévotion à la Sainte Vierge, ou, Recueil des notes qui ont servi de bases aux différens sujets traités sur cette matière dans le cours des missions, retraites, etcChapitre 70 sur 133 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Combien de preui^es cette tendre mère nous a données , dans tous les temps , de sa miséricorde et de sa puissance,

r.° Aux noces de Cana , en Galilée, ainsi que nous l'avons rapporté ailleurs , Marie obtint un miracle en faveur des époux qui étaient au moment de tomber dans la confusion , en manquant de vin , quoique le moment de faire des miracles ne fût pas encore venu pour le Sauveur.

SyO Déi^otion a la 5. Vierge ^

2.® Nous avons déjà remarqué que l'Église de J. C, attribue à la protection de Marie ses triomphes sur l'hérésie , dans tous les siècles qui se sont écoulés depuis son origine , en lui disant :

Gaude, Maria virgo^ cunctas hœreses sola interemisti in universo mundo,

5." J'ai parlé de la protection de Marie sur Jean Zimiscès, empereur de Gonstantinople , envers Phiiippe-le- Bel 5 roi de France , et envers Saint- Dominique, touchant la conversion des Albigeois. Tous ces miracles font éclater , d'une manière admirable , la puissance et tout à la fois les miséricordes de cette divine mère. Mais en voici quelques autres qui ne les font pas ressortir d'une manière moins éclatante.

4.'' Dans le i6.' siècle, les Turcs, ces ennemis jurés du nom chrétien , devenus depuis long- temps redoutables à l'Europe entière , étendaient chaque jour les limites de leur empire sur les ruines de la Chrétienté ; Soliman II s'était déjà emparé de Belgrade et de l'île de Rhodes. Sélim II , son fils , avait fait la conquête de l'île de Chypre , s'était rendu maître d'une partie de la Hongrie , et menaçait de

Lwre ///. 577.

pénétrer en Italie. 11 assembla pour cela la flotte la plus formidable qu'on eût vue jusqu'alors. Que pouvaient faire les Chrétiens pour résister à des forces aussi supérieures ? Il n'y avait; plus pour eux de salut que dans le bras du Tout-Puissant , dont ils pouvaient s'assurer le secours en mettant Marie dans leurs intérêts. Pleins d'espérance dans la protection de cette reine auguste. Pie V, qui gouvernait alors l'Eglise , envoya un chapelet au chef de l'armée chrétienne , et lui fit dire : « Ne craignez point ce grand » nombre d'infidèles, attaquez-les har- >> diment ^ revêtu de cette arme, vous >> remporterez sûrement la victoire ; » oui , et cette couronne de Marie ea » est le gage. »

Eu effet , le Général chrétien s'étant mis , avec toute son armée , sous la protection de la très-sainte Vierge, et ayant arboré son image sur ses drapeaux , avec le saint Rosaire , entre en campagne , va au - devant de l'armée ennemie , la rencontre près du golfe de Lépante et l'attaque : contre toute espérance humaine , il la dissipe , la détruit et revient chargé de glorieuses dépouilles. Pendant le combat, le saint

5iî

5j& Dép'otion à la S. Vierge.

Pape récitait le Rosaire à la tête des fidèles romains.

Une protection si éclatante de la Sainte Vierge, un témoignage si authentique de la vertu à^s prières àvt saint Rosaire , exigeaient de la reconnaissance ; ce fut pour la manifester ^ que le Pape institua la fête du Rosaire , sous le titre de Notre-Dame des Victoires , qu'il fixa au premier dimanche d'octobre , jour auquel cette fameuse victoire fut remportée l'an lÔyi.

5.® Le Pape Clément XI attribua aussi à cette dévotion la victoire que le prince Eugène remporta sur les Turcs , à Belgrade , en 1726 , qui préserva l'Allemagne , ainsi que l'Italie , des malheurs dont elles étaient menacées :

ce fut pour en conserver le souvenir qu'il fit suspendre , dans l'église du Rosaire de Rome , un des étendards qu'on avait enlevés à l'ennemi.

6.** Ferdinand III , empereur d'Allemagne , ayant éprouvé à son tour combien est efficace la médiation de Marie auprès de Dieu , voulut lui en exprimer sa reconnaissance. Après avoir mis tout son empire sous la protection de cette toute-puissante mère de Dieu , il lui fit élever un superbe

Page 1