‹ Dévotion à Saint-Joseph [microforme]Chapitre 3 sur 34 · PREMIER JOUR · texte numérisé non relu

PREMIER JOUR

Considération.

Le voyage à Bethléem ou naquit Jésus.

Joseph partit aussi de la ville de Nazareth, qui est en Galilée, et vint en Judée à la ville de David, appelée Bethléem.—Lue, 2, 41.

Considérons les doux entretiens que, dans ce voyage, Marie et Joseph durent avoir ensemble sur la miséricorde de Dieu, qui envoyait son Fils au monde pour racheter le genre humain, et sur la charité du Fils de Dieu, qui venait dans cette va lée de larmes pour expier, par ses soufffrances et par sa mort, les péchés des hommes. Considérons ensuite quelle fut la peine de Joseph pendant la nuit où naquit le Verbe divin, quand il vit que personne à Bethléem ne voulait les recevoir, Marie et lui, en sorte qu'ils furent contraints de se réfugier dans une étable. Ah!

humide Mais, entendit

et ouverte de plusieurs côtés !

quelle dut être sa consolation, quand il Marie l'appeler et lui dire : Venez,

Joseph, venez adorer notre Dieu-Enfant qui

vient de naître dans cette étable | v

il est beau ! Voyez dans cette crèch de paille, i

oyez comme

Il se mit à tendresse, et dit : Je , je vous adore, mor. Seigneur quel est mor bonheur d’être, après Marie, le premier à qui il soit donné de Vous voir, et de savoir que, dans le monde, vous voulez être appelé mon Fils et Passer pour tel! Permettez done que je vous appelle de ce nom, et que je vous dise dès maintenant : Mon <t mon Fils | je Ma vie ne sera plus a moi je ne l’emploierai divin Maître!

vous adore ; oui et mon Dieu!

Considérons enfin combien la joie de Joseph s’accrut encore, lorsqu'il vit venir, cette nuit-là, les bergers invités par l’Ange à venir voir leur Sauveur nouveau-né, et lorsque les Mages vinrent de l'Orient rendre leurs hommages au Roi

du ciel, descendu sur la terre pour sauver see créatures.

Prières.

O Saint Fatriarche ! par la peine que vous avez éprouvée, en voyant le Verhe divin né dans une étable, au milieu d’une si grande pauvreté, sans feu, sans vêtements, et en l’enter dant pleurer de froid, je vous prie de m’obtenirune vraie douleur de mes péchés, par lesquels j'ai été cause des larmes de Jésus ; et par la consolation que vous avez eue ensuite, en considérant Jésus enfant dans la crèche, si beau et gi charmant, en sorte que votre cœur commençæ dès lors à brûler d’un amour plus ardent envers

un Dieu si aimable et gi aimant, obtenez-moi

la grâce de l'aimer aussi d’un grand amour sur

la terre, afin de Pouvoir le posséder un jour

dans le ciel.

Et vous, 6 Marie, Mère de Dieu et ma Mère!

recommandez-moi à votre divin Fils, et obtenezmoi le pardon de toutes les offenses que je lui ai faites et la grâce de ne plus l’offenser.

Et vous, mon doux Jésus Î pardonnez-moi, Pour l'amour de Marie et de Josepa, et accor-

dez-moi la grâce de vous voir, un jour en paradis, pour y louer et aimer éternellement votre divine beauté, et cette ineffable bonté qui vous a fait devenir enfant pour mon amour. Je vous aime, Bonté infinie! je vous aime, mon Jésus! je vous aime, mon Dieu, mon Amour, mon Tout !

DEUXIEME JOUR Considération.

Le voyage en Egypte.

Un Ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et lui dut : Levez-vous, prenez l'Enfant et sa M ère, et fuyez er Egypte.—Matt. 2, 13.

Les Mages ayant appris à Hérode que le Roi des Juifs était né, ce prince barbare ordonna de massacrer tous les enfants qui se trouvaient alors à Bethléem et dans les environs ; mais Dieu, voulant pour ce temps-là soustraire son Fils à la mort, envoya un Ange à Joseph, pour Vavertir qu’il devait prendre l’Enfo it et sa Mère et se réfugier avec eux en Egypte.

Considérons ici la prompte obéissance de Joseph, qui, quoique j'Ânge ne lui eût pas fixé le moment du départ, ne fit aucune question,

CEST EEE

ni quant au temps, ni quant à la manière de faire le voyage, ni quant au lieu où il devait rester en Egypte, mais se disposa sur-le-champ à partir. Il avertit donc aussitôt Marie, et, ayant recueilli les pauvres outils de sa profession, qu’il pouvait porter, et qui devaient lui servir en Egypte pour nourrir sa pauvre famille, il se met en route avec ss sainte Epouse, cette nuit-là même, comme Gerson le prétend avec raison ; il entreprend seul, sans guide, ce long voyage, que l’on porte à quatre cents mille, par des chemins difficiles, à travers des montagnes et des déserts.

Quelle dut être la peine de St. Joseph durant ce trajet ! Il voyait les souffrances de sa chère Epouse, qui n’avait pas l'habitude de marcher ainsi, ayant dans les bras son divin Enfant, qu'ils étaient obligés de porter tour à tour en fuyant avec crainte de rencontrer à chaque pas les soldats d’Hérode, et dans le temps le plus rigoureux de l’hiver, par le vent et la neige. De quoi devaient-ils se nourrir en ce voyage, si ce n’est d’un morceau de pain qu’ils avaient emporté de la maison ou reçu en aumône ?

La nuit, où devaient-ils reposer, si ce n’est dans une pauvre cabane ou dans les champs, en plein air, sous un arbre ? A la vérité, Joseph se tenait parfaitement uni à la volonté du Père éternel, qui voulait que son Fils commençât dès son enfance à souffrir pour expier les péchés des hommes ; néanmoins, le cœur tendre

et aimant de Joseph ne pouvait ne pas ressentir une grande peine, en le voyant trembler et pleurer de froid et endurer d’autres incommodités.

Considérons enfin combien Joseph dut souffrir durant les sept années qu’il demeura en Egypte, au milieu d’une nation idolâtre, barbare et étrangère, où il ne trouvait ni parents ni amis qui pussent l’assister. Aussi St. Bernard dit-il que, pour nourrir sa pauvre Epouse etce divin Enfant qui donne la nourriture à tous les hommes et à tous les animaux de la terre, le Saint Patriarche était forcé de travailler nuit et jour.

Prières.

Mon Saint Protecteur ! par votre prompte et continuelle obéissance à la volonté de Dieu, obtenez-moi de votre Jésus la grâce d’obéir parfaitement à ses divins préceptes. Obtenez-moi, dans le voyage que je fais vers l'éternité, au milieu de tant d’ennemis, la grâce de ne jamais perdre la compagnie de Jésus et de Marie jusqu’à mon dernier soupir : dans cette compagnie toutes les peines de cette vie et la mort même me seront douces et précieuses.

O Marie, Mère de Dieu ! par les souffrsnces que vous, jeune et tendre vierge, avez endurées dans votre fuite en Egypte, obtenez-moi la force de supporter a\ec patience et résignation tous les désagréments et toutes les sdversités qui m'arrivent.

Et vous, mon cher Jésus ! ayez pitié de moi.

© ciel! vous qui êtes l'innocence même, mon Seigneur et mon Dieu, vous avez voulu tant souffrir pour moi dès votre enfance ; et moi pécheur, qui ai tant de fois mérité l’enfer, comment ai-je été si impatient, si ennuyé de souffrir quelque chose pour vous ? Mon doux Sauveur !

pardonnez-moi : je veux supporter à l’avenir tout ce que vous voulez, et je m’offre dès ce momert, ?, souffrir toutes les croix que vous m'enverrez: mais aidez-moi de votre grâce, sans quoi je 1e vous serai pas fidèle. Je vous aime, mon Jésus, mon Trésor, mon Tout ! je veux vous être agréable, je suis résolu de souffrir tout ce qu’il vous plaira.

MMMMMMMMNMNM MMMMMNMMMM M

TROISIEME JOUR Considération.

La perte de Jésus dans le Temple.

L'Enfant Jésus demeura dans Jérusalem sans que ses parents s’en aperçussent.—Luc, 2, 48.

Le temps de quitter l’'Egynte étant arrivé, l’Ange apparut de nouveau à Joseph, et lui ordonna de retourner en Judée avec l'Enfant et sa

Mère. St. Bonaventure observe que, dans ce retour la peine de Joseph et de Marie fut plus grande qu’en allant : car Jésus, alors âgé d’environ sept ans, était trop grand pour être porté sur les bras, et encore incapable de faire à pied une longue route ; ainsi, cet aimable Enfant était souvent contraint de s'arrêter et de se jeter à terre pour se reposer.

En outre, considérons la peine que ressentirent Joseph et Marie après leur retour, lorsqu’ils perdirent Jésus dans le visite qu'ils firent au Temple. Joseph était accoutumé à jcuir de la vue et de la compagnie de son bien-aimé Sauveur ; quelle a donc dû être sa douleur de s’en voir privé durant trois jours, sans savoir si jamais il pourrait le retrouver, et sans connaître la cause de cette disparition !

Cette dernière circonstance fut ce qui l’affligea le plus vivement ; Car le Saint Patriarche, dans sa profonde humilité, craignait que peutêtre, pour quelque manquement de sa part, Jésus n’eût résolu de ne plus vivre avec lui, ne l’estimant plus digne de sa compagnie et de l'honneur de garder un tel trésor. Il n'ya pas de plus grande peine, pour une âme qui a mis en Dieu tout son amour, que de craindre de lui avoir déplu. Aussi, durant ces trois jours, Marie et Joseph ne purent fermer les yeux ; ils ne firent que pleurer, en cherchant sans relâche leur Bien-Aimé, comme la Sainte Vicrge le lui dit, lorsqu'elle Je retrouva dan: le Tem-

ple. Ah! mon Fils! quelle peine amère vous nous avez fait éprouver pendant ces trois jours que nous vous avons cherché continuellement avec larmes, sans vous trouver, et sans pouvoir rien apprendre de vous !

Considérons après cela la joie que ressentit Joseph de retrouver Jésus, et d'apprendre que la cause de son éloignement n’avait pas été quelque manquement de sa Part, mais le zèle du Fils de Dieu pour la gloire de son Père éternel.

Prières.

Mon Saint Patriarche ! vous pleurez la perte de Jésus ; mais vous l’avez toujours cimé, et il VOUS à toujours aimé ; il vous a aimé au point de vous choisir pour son Père et pour Gardien de sa vie. Ah! c’est à moi de pleurer, moi qui, pour les créatures, pour mes caprices, ai tant de fois abandonné et perdu mon Dieu, en méprisant sa grâce | O grand Saint ! par le mérite de la peine que vous avez ressentie de la perte de Jésus, obtenez-moi des larmes pour pleurer sans cesse les injures que j'ai faites à mon divin Mattre ; et par la joie que vous avez euc en le retrouvant dans le Temple, je vous prie de me procurer le bonheur de le retrouver aussi, en le faisant rentrer dans mon âme Par sa grâce, et de ne le perdre jamais plus.

Et vous, 6 Marie, ma Mère ! vous qui êtes le Refuge des pécheurs, ne m’abandonnez point

ayez compassion de moi. Si j'ai offensé votre divin Fils, maintenant je m’en repens de tout mon cœur, et je suis prêt à perdre mille fois la vie plutôt que de perdre encore sa grâce ; priezle de me pardonner et de m’accorder la sainte persévérance.

Et vous, mon doux Jésus ! si vous ne m’avez pas encore pardonné, pardonnez-moi aujourd’hui : je déteste et je hais toutes les injures que je vous ai faites, j'en suis affligé, je voudrais en mourir de douleur. Je vous aime, et, parce que je vous aime, je préfère votre amour et votre grâce à tous les royaumes du monde.

Seigneur ! aidez-moi, faites que je vous aime toujours et que je ne vous offense plus.

Page 1