‹ Diabète et GrossesseChapitre 10 sur 14 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le problème thérapeutique se pose dans des conditions bien différentes suivant que le diabète existe

avant la grossesse, ou si au contraire une glycosurie

apparaît chez une femme enceinte.

à L. - ——— Le diabète est connu

On déconseillera à la malade. toute grossesse comme : susceptible d'a aggraver son état.

Si cette diabétique devient enceinte, ce qui est heu- reusement un Cas assez rare, puisque celles-ci sont généralement assez infécondes, elle viendra généralement consulter dès le début de cette grossesse (MM. Rathery et Jeannin ont cependant eu l’occasion d’examiner une diabétique au quatrième mois, présentant un coma diabétique dont elle mourut en deux jours). Elle pourra être examinée à liers et rapprochés. Son régime lui sera donné dès le début et sera susceptible d’être modifié s’il est nécessaire.

intervalles régu-

La glycémie, la glycosurie, la cétonurie seront suivies régulièrement.

S'il s’agit d’un diabète rénal, on donnera à la ma-

lade des hydrates de carbone en quantité suffisante pour éviter la cétonurie.

Au cas d’un diabète vrai, si l’état général reste bon, et s’il y a déjà eu des grossesses antérieures dans des conditions semblables, le régime sera large avec le maximum d’hydrate de carbone tolérés.

C’est surtout au cas d’un diabète consomptif chez une malade soumise à l’insuline et ayant également un régime équilibré qu’il faudra étudier tout particulièrement les réactions qu’elle peut présenter au cours de sa grossesse. Le plus souvent il s’agit d’une hypersensibilité à l’insuline (observation de MM. Rathery et Sigwald), qui apparaît dès les premiers mois de la grossesse, vers le troisième ou quatrième en général, et si l’on n’a pas soin de diminuer la dose quotidienne d’insuline, la malade est fatalement conduite à un coma hypoglycémique.

Plus rarement, il s’agit d’insulino-résistance. C’est en ce cas, s’il y a aggravation de l’acidose et de l’état général, malgré tous les traitements, y compris l’insuline, que l'interruption de la grossesse devient indispensable. Dans tous les autres cas, elle est discutable, souvent inutile, voire nuisible.

Le moment critique est l’accouchement et les heures qui le suivent, car le travail est en effet d’autant plus générateur de complications, qu’il est long et traumatisant, car l’enfant a un volume considérable. Pendant toute cette période, la femme doit être « suivie, la seringue à la main ». On doit se tenir prêt à faire une injection d’insuline au moindre phéno-

mène d’acidose. Urines et sang seront donc examinés toutes les deux ou trois heures environ. D’autre part, il est indispensable de prescrire des toni-cardiaques, les femmes diabétiques faisant fréquemment des accidents cardiaques.

Pendant les jours qui précèdent l’accouchement, il est indiqué également de donner un peu de chlorure de calcium pour prévenir les accidents hémorragiques.

Quant à la césarienne, elle peut être formellement indiquée chez une femme en bon état général, dont l'enfant paraît trop volumineux pour ne pas être la cause d’un accouchement dystocique. Joslyn préconise une césarienne fréquente.

Le mode d’anesthésie reste également à discuter : on écartera systématiquement le chloroforme, toujours mal supporté par les diabétiques. On aura recours soit à un éther rapide, soit de préférence à une anesthésie locale.

Quelques auteurs préconisent, en raison de la taille de l'enfant et des risques qu’il court pendant le dernier mois, un accouchement prématuré au huitième mois ; c’est ainsi que M. Brindeau rapporte à la Société de Gynécologie et d’Obstétrique, 3 observations de diabétiques dont l’accouchement fut provoqué à 8 mois avec succès.

La lactation n’est nullement une contre-indication chez ces femmes diabétiques et peut être autorisée sans difficulté.

Pendant les mois qui suivent l’accouchement, il

faut savoir que plus que jamais ces diabétiques sont susceptibles d’avoir une bacillose évolutive et devront être examinées assez régulièrement pour en déceler

les premiers signes.

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