INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR LE DIABÈTE
1° C’est parfois au cours d’une grossesse qu’appa-
raît le diabète vrai : ainsi dans l’observation n° 5,
tous les signes nets en apparaissent vers le deuxième mois. Cette éventualité est peut-être moins sombre que celle d’un diabète préexistant.
Quelquefois c’est un diabète passager qui apparaît avec la grossesse, disparaît après l’accouchement et reparaît avec les grossesses suivantes. Cependant après un temps de silence on voit réapparaître définitivement le diabète. Il est de règle absolue de surveiller une femme qui a présenté pendant sa grossesse un signe de diabète.
2° Le diabète préexiste : il faut conseiller à la malade d’éviter une grossesse.
Si la grossesse survient chez une diabétique simple, le pronostic est moins sombre. C’est en ce cas que la gestation a le plus de chance d’arriver sans complication à terme, surtout si le coefficient hydrocarboné est
élevé et si la malade est suivie de très près. S'il est
faible, la grossesse favorise indirectement l’éclosion de l’acidose par insuffisance hépatique,
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LEMABE
L’aggravation d’un diabète simple, l’abaissement du coefficient d’assimilation hydrocarbonée, sa transformation temporaire ou définitive en diabète consomptif, sont en effet des éventualités à redouter. Il est possible d’ailleurs que les phénomènes d’acidose : excrétion d’acétone, d’acide diacétique et d’acide B oxybutyrique soient masqués à partir du quatrième mois (obs. n° 4) : on a en effet constaté qu’il semblait y avoir à partir de cette époque une amélioration qui persistait jusqu’à l’accouchement. Mais immédiatement après celui-ci un diabète acidosique semblait s'installer brutalement et déterminait un coma qui pouvait apparaître comme une catastrophe imprévue.
Une explication très plausible a pu être donnée de ce phénomène : à partir du quatrième mois, le pancréas du fœtus entre en action et peut suppléer le pancréas maternel déficient, ceci expliquant d’ailleurs l’anormal développement des îlots de Langerhans chez les fœtus mort-nés dont l’autopsie put être faite. Mais cette symbiose est brutalement supprimée au moment de l’accouchement, d’où apparition d’un coma brusque souvent mortel, surtout si de fortes doses d'insuline ne sont pas données à la femme, en remplacement de l'insuline qu’elle ne reçoit plus du fœtus.
Tout ceci reste encore à l’état d’hypothèse.
Les expériences de Carlson et Ginsbey, Dreman, et Glinzbours, ont particulièrement mis en évidence cette symbiose : ces auteurs ont dépancréatisé une chienne gravide, peu de temps avant l’accouchement : ils n’ont noté ni glycosurie, ni glycémie tant que les fœtus vé-
curent in utero. Mais aussitôt après la délivrance, le diabète pancréatique s’installait, rapidement mortel.
On pourrait peut-être rapprocher de ce fait l’insulino-sensibilité observée chez la femme enceinte, souvent dès les premiers mois. Il ne s’agit au début (observation de MM. Rathery, Sigwald et Dérot publiée à la S. M. H. P. le 10 juillet 1931) que d’une amélioration du diabète, puis bientôt d’une véritable intolérance insulinique ; dans l’observation précitée, les doses quotidiennes d’insuline furent abaissées de 30 à 20 unités, avec augmentation des hydrates de carbone ; mais malgré cela, vers le quatrième mois survint un coma hypogiycémique. Dans notre observation n° 4, l’insuline a pu être supprimée au cours de la grossesse, sans amener le moindre trouble.
Quand la grossesse survient chez une diabétique consomptive, le pronostic est sombre, tant pour la mère que pour l’enfant. Si en quelques cas on a pu se poser le problème de savoir s’il fallait interrompre le cours de cette grossesse, on a presque toujours conclu qu’il était peut-être encore plus grave de provoquer un avortement que de laisser évoluer cette gestation.
La femme est à surveiller constamment ; des examens multiples doivent être faits pour surveiller l’évolution de cette cétonurie.
C’est peut-être encore plus pendant le travail et son son choc traumatique qu’on doit presque d’heure en heure suivre l’évolution de l’acidose. C’est à ce moment que se trouvent réunies toutes les circonstances
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favorables à l'apparition d’un coma particulièrement grave.
Joslyn, sur 13 cas de comas consomptifs qu’il a suivis, a observé la mort de 9 femmes. .
Pratiquement une diabétique enceinte est toujours susceptible de complications, mais 2 périodes paraïissent réellement se compliquer plus facilement:
a) Une période entre le cinquième et le septième mois, où les complications acidosiques surviennent avec un maximum de fréquence. =?
-b) L'accouchement et les heures qui suivent, où le traumatisme d’une part, la suppression des connexions entre l'enfant et la mère d’autre part, sont la cause des complications les plus sombres.