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CHAPITRE HI

Traitement du diabète et de la tuberculose pulmonaire associés.

1° Evolution des méthodes de traitement.

Le traitement du diabète et de la tuberculose pulmonaire associés vient de traverser dans ses dernières années plusieurs phases.

Les premiers résultats ont été obtenus par l'application du régime dé restriction hydrocarbonée. En 1914, la cure d’hypoalimentation dite « cure d’Allen » vint heureusement remplacer le malencontreux régime de suralimentation imposé précédemment aux tuberculeux en général et aux tuberculeux diabétiques en particulier. Dès cette époque, Marcel LABBÉ signale les résultats excellents obtenus par ce régime hypoglycémiant, sous l'influence duquel l’évolution de la tuberculose semble s'arrêter en même temps que la glycémie baisse ; cependant ces résultats sont souvent peu durables et à l'amélioration temporaire des malades succède une reprise à bas bruit de l'infection tuberculeuse.

En juillet 1921, BanrinG et Best découvrent l'insuline dont l’emploi se généralise dès 1922. BanTING, CAMPBEL et FLECH- TER, JOsLin, formulent aussitôt l'espoir qu’elle pourra être employée utilement contre la tuberculose des diabétiques. Après quelques essais faits dans des conditions d'observation sans doute insuflisamment rigoureuses et portant sur un trop petit nombre de cas, cette opinion rencontre une vive résistance. BLum et ScHwaB observent que dans deux cas de tuberculose chez des diabétiques où l'insuline a été employée, la fièvre est apparue et les phénomènes pulmonaires se sont étendus. Ils

pensent que l'insuline modifie l’état de latence de la tuberculose pulmonaire des diabétiques, parce qu’elle rend à l’organisme de ces malades un état normal et supprime l’anergie qui faisait leur tuberculose silencieuse. Celle-ci se transforme alors en une tuberculose active comme celle d’un sujet normal. Ne vaut-il pas mieux dans ce cas renoncer au traitement insulinique ?

D’autres auteurs, comme Takscn, WARTENHORST, STRAUSS et SIMON vont je dénier tout effet à l'insuline. VeteL, Laquem, Ricurer n’en sont point partisans. PoLAKk-DANIELS et R. ScHminr observent qu’au moindre degré il existe une poussée thermique après l'injection insulinique. En France, RATHERY et Me Dreyrus-Sée se demandent si linsuline n’est pas capable de déclancher une poussée: évolutive de tuberculose. Des observations de SÉzary, de MonrEer-VinARD, attirent l’attention sur ses dangers. CHABROL cite un cas de mort par hypoglycémie brusque. La tuberculose n’est pas loin d’être considérée comme une contre-indication formelle à l’emploi de l’insuline.

Mais bientôt une heureuse réaction va se produire. Les nombreux cliniciens qui emploient l’insuline n’ont pas de peine à démontrer que si son action transforme l’aspect clinique de la tuberculose du diabétique, c’est dans un sens très favorable. Le fait pour un diabétique tuberculeux de quitter son anergie pour un état de réaction se rapprochant de celui d’un tuberculeux ordinaire, loin d’aggraver l’évolution de la maladie,lui permet de se défendre contre elle. En Amérique, les observations d'ALLEN, de SHEeriL, de SAmsUM (de Santa Barbara), de HaarT et CREELE, de PEcco, en Europe celles de Ro- SENBERG et Wozrr, d'Ertck LUNDBERG et STERN, de MIn- KOWSKI, STAUB, celles de Saxzr, en France, celles de Marcel LaBBé, Biru et BouLiw, celles de Risr et NETTER, viennent démontrer l’heureuse influence de l'insuline sur la tuberculose des diabétiques.

Son action est triple : en abaissant la glycémie elle ralentit la marche de l’infection tuberculeuse jadis si rapide ; en augmentant la tolérance hydrocarbonée, en s’opposant à la dénutrition azotée, elle permet l'institution d’un régime plus riche capable de compenser la dénutrition du tuberculeux diabétique. Enfin, elle permet de lutter coftre les accidents d’acidose qui menacent

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tout diabétique atteint d'infection. On peut donc dire que l’insuline va permettre de traiter la tuberculose du diabétique.

Bientôt en effet on s'aperçoit que la tuberculose est loin d’être vaincue et l’on pense à associer à l’insuline, dans les cas qui le permettent, un traitement qui se généralise de plus en plus : le pneumothorax artificiel. Dumanesr cite d’ailleurs un cas où ForRLANINI l’employa contre une tuberculose évoluant chez un diabétique. En 1923, LAIGNEL-LAVASTINE, CHABANIER et Porez apportent un cas de diabète infantile où ils ont appliqué ce double traitement. En 1924, Léon BERNARD et M. Sazo- MoN publient un résultat heureux ; en 1926, SkLowoskr et Koponickt (de Varsovie) apportent une troisième observation suivie en 1927 de l’observation de LENOIR et Mile SCHERER ; en 1928, une communication de M. Marcel LABBÉ, SEELIGMANN et Gilbert DreyYrus à l’Académie de Médecine vient mettre au point la question du traitement de la tuberculose des diabétiques.

A l'étranger de nombreux auteurs apportent leurs observations. En particulier HaarT et CREELE, Kozriz, ROQUES et 1ZzZ0 (de Buenos-Ayres). La collapsothérapie unilatérale se généralise dans le traitement de la tuberculose des diabétiques.

Mais cette tuberculose est fréquemment bilatérale. Aussi Marcel LABBÉ, BoOULIN et JUSsTIN-BESANÇON tentent-ils avec succès le pneumothorax bilatéral chez plusieurs malades et obtiennent-ils chez eux d'importantes survies dont l’une actuellement dépasse 5 ans. Récemment F. RATHERY et JULIEN-MARIE soulignent à nouveau l'intérèt du traitement collapsothérapique précoce. Les résultats encourageants obtenus par la collapsothérapie et l’insulinothérapie associées permettent de conclure définitivement que ce traitement est seul capable d’améliorer le pronostic si sombre.de la tuberculose des diabétiques.

2° Résultats de la collapsothérapie appliquée au traitement de la tuberculose des diabétiques.

À l'appui de cette conclusion, nous apportonsune statistique portant sur l’étude de 49 cas de tuberculose chez les diabétiques traités à la fois par l'insuline et la collapsothérapie. Ces 49 cas

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ne représentent naturellement pas la totalité des cas de tuberlose observés dans le service du professeur LABBÉ entre janvier 1928 et décembre 1933 ; les seuls diabétiques hospitalisés pour cette complication durant ces cinq années sont au nombre de 95, mais seuls 49 d’entre eux, soit 51,57 %, ont pu être admis à courir les chances d’un traitement collapsothérapique, les lésions des autres étant bilatérales et trop étendues pour pouvoir . en bénéficier. À

Chez ces 49 malades justiciables de la collapsothérapie, 45 fois seulement le pneumothorax a pu être effectivement créé ; 3 fois une symphyse ancienne a empêché sa création ; une fois il a été refusé par le malade.

Les résultats obtenus sont les suivants :

Au début de janvier 4934 : 45 seulement de ces 45 malades survivent. Telle est la statistique globale. Il est intéressant de suivre de plus près les causes de décès.

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