RATES
Mul... Jules, 39 ans, voyageur de commerce, vient consulter le 43 juillet 1928 pour diabète. Ce diabète s’est manifesté en janvier 1928 (polydipsie, polyurie, amaigrissement de 12 kilos, glycosurie de 359 gr. par 24 h., sans acétonurie). Un régime fait tomber la glycosurie à 54 gr. par 24 heures et permet au malade de reprendre 3 kilos, mais l’acétonurie reparaît. Le malade éprouve d’ailleurs de la difficulté à suivre son régime, en raison de sa profession de voyageur de commerce.
La dernière analyse montre 74 gr. de sucre et 0,143 de corps acétoniques par litre avec une polyurie de 4 litres. De plus, le malade a été intoxiqué par les gaz de combat en 1917 ; on lui aurait alors trouvé un « voile » du sommet gauche ; il tousse depuis, beaucoup, crache le
matin et plus abondamment depuis un an. Mais son expectoration .
n’a pas été analysée.
Le 16 juillet 1928, il entre salle Rabelais, lit n° 7. Sa température est alors normale, il pèse 60 kgr. 400 pour une taille de 1 m. 67. L’examen des poumons permet de constater une submatité au sommet gauche et des signes de selérose pulmonaire. La radioscopie ne montre aucune lésion pleurc-pulmonaire ; on est frappé par l'odeur acétonique de l’haleine. L'analyse des urines montre une acidose importante qui cède vite au régime et à la cure d'endopanerine.
Le malade sort le 23 juillet 1928 équilibré avec 30 U. d’endopancrine et 88 gr. 60 d’hydrates de carbone préformés.Mais il ne suit pas strictement son régime. Le 25 janvier 1929, son poids se maintient à 62 kgr. 800. Les urines contiennent 82 gr. 30 de sucre par litre et des corps acétoniques.
En avril 1930, il se sent fatigué, maigrit beaucoup (54 kgr.).
Le 7 juin 1930, il entre à la salle Rabelais ; sa température est subfébrile ; il pèse 49 kgr., il tousse et crache, se plaint de points douloureux ; la bacilloscopie est positive, l'examen des poumons met en évidence la matité du sommet gauche, la fosse sus-épineuse gauche est douloureuse à la pression ; la respiration, très diminuée semble avoir
un caractère emphysémateux, mais en arrière, à gauche, dans la par-,
tie supérieure de la fosse sous-épineuse existent quelques râles secs et un souffle à caractère tubo-pleural.
La radiographie du 10 juin 1930 montre une plage d'ombre à la partie supérieure et moyenne du poumon gauche avec cavité juxtapariétale entourée de tissu spongioïide étendu. Il existe quelques taches calcifiées hilaires. Le sinus diaphragmatique gauche est opa-
un,
que avec diminution de la mobilité diaphragmatique de ce côté. A droite aspect aréolaire à fines mailles.
L’analyse des urines montre une glycosurie de 49,99 par litre, la polyurie est de 3 lit. 5, la réaction de Gerhardt est positive ; 50 U. d’endopancrine sont nécessaires pour faire tolérer un régime riche de 58 gr. d’hydrates de carbone préformés. Un pneumothorax à gauche est créé et le malade reprend rapidement du poids sous l'effet de cette double thérapeutique.
Le 30 juin, la radiographie montre un décollement contro-électif de la base avec liquide ; le sommet est décollé, mais non la partie condensée ; il existe une déviation médiastinale assez marquée à droite.
Le 26 août 1930, l'abondance de l’épanchement oblige à cesser les insufflations après la huitième. On commence un traitement à la chrysalbine par petites doses de 5 à 10 cgr., en tout 1 gr. 95. Le malade sort du service le 20 janvier 1931, pesant 66 kgr. 300 et équilibré avec une dose d’endopancrine de 70 U. Il a manifesté quelques légers accidents d’intolérance aurique, léger prurit avec taches rosées.
Le 15 octobre 1931, se produit une petite hémoptysie, cependant le malade tousse et expectore très peu. La radiographie du 5 novembre 1931 montre un éclaircissement net du moignon pulmonaire. L’épanchement est peu abondant et dévie peu le médiastin. L’amélioration se poursuit en 1932, mais une dose de 80 U. d'insuline ne parvient pas à faire disparaître complètement la glycosurie, cependant les malaises hypoglycémiques sont fréquents. Le poids reste de 66 kilos.
Le 12 décembre 1932, le malade revient salle Corvisart, lit n° 13, en pleine poussée d’acidose et se plaignant d’un point de côté droit avec température à 400 survenu le 7 décembre, brusquement. A ce moment la température est subfébrile : 37-389,le poids de 61 kgr. 500, Le malade tousse, son expectoration peu abondante est bacillaire ; le lendemain de son entrée, il a une légère hémoptysie. L'examen des poumons montre des signes de symphyse à la base droite.
La radiographie du 20 décembre 1932 montre que le poumon est revenu à la paroi ; il reste un peu de liquide dans le cul-de-sac diaphragmatique gauche. La caverne sous-claviculaire gauche est nettement ouverte, avec ligne de niveau liquide. Du côté droit, la trame est très accentuée avec marbrures sous-claviculaires droites et ombres péri-hilaires. L'analyse des urines montre une forte proportion de corps cétoniques ; 80 U. d'insuline sont nécessaires, mais Pon doit pratiquer des injections de sérum glucosé en raison de l’état d’intolérance insulinique du malade ; on administre également des lavements
bicarbonatés. La tolérance à la suite de cette poussée est fortement } diminuée : 100 U. d’insuline sont nécessaires pour faire tolérer 55 gr. d’hydrates de carbone préformés sans glycosurie.
Un traitement à la chrysalbine est entrepris le 28 décembre 1932 jusqu’au 19 mars 1933 ; le malade reçoit à doses progressives de Ù 0,05,0,10,0,15-2 gr. 35 de chrysalbine qui ne parvient pas à négativer | la bacilloscopie, mois la fièvre tombe rapidement et le poids augmente. r A sa sortie, le 6 avril 1933, le malade pèse 66 kgr. 200 et est équilibré avec 95 U. d’insuline et 67 gr. d’hydrates de carbone préformés.
* En octobre 1933, son état est assez satisfaisant ; sa cavité sous-claviculaire est visible, bien que diminuée de volume Le malade crache . peu et sa bacilloscopie est négative. ‘
Ogs. 58. (Dr Pierre Emile Vincent). — Il s’agit d’une condensation excavée de la partie moyenne du poumon gauche, tuberculose fébrile et bacillaire ayant débuté brusquement en janvier 1931 chez un homme de 33 ans atteint depuis février | 1928 d’un diabète avec dénutrition, et ayant amené une aggra- : vation du diabète. Cette tuberculose a été traitée par pneumo- 4 thorax et chrysothérapie. La survie obtenue est actuellement de | 3 ans et 4 mois.
Rob... Charles, gardien de la paix, 33 ans, entre en février 1928 à L la salle Rabelais pour un diabète qui vient d’être découvert en raison : “0 de la polyphagie, de la polydipsie, de l’asthénie et d’un amaigrisse- ‘4 ment considérable de 69 à 55 kilos en six à sept mois (taille { m. 69).
La glycosurie aurait atteint 540 gr. par 24 heures s’accompagnant d’acidose. Dans ses antécédents héréditaires, on note une mère morte « de coma diabétique à 58 ans et une sœur morte également de coma L diabétique à 39 ans.
Le malade est mis pendant douze jours à une cure de légumes verts qui réduit son acidose mais laisse persister sa glycosurie ; on doit recourir à l’insulinothérapie à la dose de 40 U. par 24 heures pour la faire disparaître et on institue en même temps un régime mixte comprenant 154 gr. d'hydrates de carbone totaux. La tolérance hydrocarbonée est de :
Au bout de cinq semaines, le malade quitte le service et reprend 4 à 5 kilos ; cet équilibre persiste jusqu’en janvier 4931.
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A cette date, apparition d’un point de côté gauche s’accompagnant de toux et Ce de légère aggravation marquée par des modifications de la tolérance hydrocarbonée. Le malade se repose quinze jours et son état s'améliore ; le point de côté s’atténue et il reprend
son service durant un mois et demi ; cependant il se sent un peu fati-
gué, il continue de tousser et de cracher.
Au début de mars, il est repris du même point de côté intense à la suite, dit-il, d’un refroidissement nocturne : la température est à 400, le malade est asthénique, anorexique et sa tolérance en hydrates de carbone diminue. La bacilloscopie est positive ; la radiographie montre des lésions du poumon gauche.
Le 27 mars, le malade entre à la salle Corvisart : sa température est subfébrile : 37-380 ; il pèse 57 kilos et l'examen de poumons permet d’entendre à gauche en arrière une respiration rude et des craquements ; la radioscopie montre une zone de condensation excavée à la partie moyenne du poumon gauche et des tractus fibreux.
L’analyse des urines montre une glycosurie à 78 gr. 12 par 24 heures.
Le 29 mars, on institue un pneumothorax à gauche. On lui adjoint, le 8 avril, une cure de chrysalbine à fortes doses progressives (de 10 cgr. à 60 cgr.). Le malade reçoit ainsi 5 gr. 70.
Le 21 mai, le pneumothorax est presque total. Le sommet reste cependant accolé et laisse voir l’image cavitaire dans le moignon ; il existe un petit épanchement à la base. L'état général s'améliore, la
température devient normale ; après quelques semaines, le poids
passe de 57 kgr. 200 le 27 mars à 67 kilos le 21 juin.
Le malade quitte le service le 21 juin équilibré avec 70 U. d’insuline et un régime mixte comportant 65 gr. d’'H. de C. totaux et présentant une tolérance de :
traduisant l’évolution du diabète ; baisse de 25 ‘/ de la tolérance, du fait de l'apparition de la tuberculose pulmonaire.
‘ Les mois suivants, le malade étant à la campagne, éprouve quelques malaises, hypoglycémiques et peut abaisser la dose d’insuline à 40 U. sans que la glycosurie reparaisse, son régime comportant alors 151 gr. d’hydrates de carbone totaux, sa tolérance hydrocarbonée réelle étant remontée maintenant à :
De retour à Paris, 60 U. lui redeviennent nécessaires ; l’équilibre