‹ Diabète et TuberculoseChapitre 9 sur 55 · FAR · texte numérisé non relu

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les enfants et les vieillards et se rencontrait surtout à l’âge moyen de la vie. Boucaarpar a dit que la tuberculose était à peu près fatale chez les sujets de moins de 15 ans. TRAUBE, DuranD-FARDEL, font remarquer qu’elle atteint avec prédilection les diabétiques jeunes. Marcel LaBBÉ pense que ces auteurs ont pu faire une confusion entre la phtisie diabétique (phtisurie sucrée des anciens auteurs) et la phtisie tuberculeuse dont l’aspect clinique extérieur est sensiblement le même. En réalité, avant l’apparition de l’insuline, la tuberculose pulmonaire était rarement une complication du diabète chez les sujets de moins de 20 ans. Joszin fait à ce propos remarquer que les diabètes infantiles évoluent trop vite pour laisser à la tuberculose pulmonaire le temps d'intervenir. Mais, depuis l’apparition de linsulinothérapie, il n’en est plus de même et l’observation que nous citerons à ce sujet est tout à fait concluante. Il s’agit, chez une petite fille de 6 ans, d’un cas de diabète grave traité par l'insuline, qui se compliqua 2 ans après son apparition d’une tuberculose pulmonaire.

Gon... Liliane, 9 ans.entre le 16 mai 1930 à l'hôpital pour état sub. comateux au cours d’un diabète qui a été découvert il y a 3 ans (en 1927), à l’occasion de troubles intestinaux avec polydipsie et amaigrissement. Ce diabète s’aggrave et entraîne bientôt un véritable subcoma avec fatigue extrême, somnolence, anorexie, dyspnée, pour lequel on fait entrer l’enfant à l'hôpital Trousseau. Elle suit alors un régime pesé avec 20 unités d'insuline par jour. L'amélioration est importante mais elle conserve après sa sortie de l'hôpital, pendant deux ans, une glycosurie de 30 grammes par 24 heures, avec, de temps à autre, une légère odeur acétonique de l’haleine, bien qu’on continue à lui injecter 20 unités d'insuline par jour, Son régime est d’ailleurs assez large et mal pesé. En 1929, à la suite d’un « refroidissement », elle se plaint de points douloureux thoraciques et on lui découvre une lésion du sommet droit. pe

Nous verrons plus loin quelle a été l’évolution de ce cas, mais notons ici ce fait que, sauvée du coma grâce à l'insuline, la fillette qui, sans ce traitement, serait morte, a pu devenir, deux ans, après tuberculeuse.

Du même ordre est l'observation suivante qui est celle d’un adulte jeune, atteint d’un diabète grave avec dénutrition et quatre fois sauvé du coma par l’insulinothérapie. Une infiltration tuberculeuse bilatérale, à début très insidieux, avec fonte cavitaire à droite et pneumothorax spontané de ce côté, entraina quatre ans plus tard sa mort en six mois.

Ri.. Michel, 28 ans, palefrenier, est atteint en janvier 1927 d’un diabète grave qui se traduit par un grand syndrome d'hyperglycémie (polyphagie, polydipsie, polyurie, glycosurie atteignant 55 grammes par 24 heures, amaigrissement de 10 kilos, gingivite expulsive, céphalée). Il suit d’abord un régime qui comporte 225 grammes d’hydrates de carbone préformés et qui ne l’améliore pas. Du 20 mai au 2 jum 1927, il est hospitalisé dans le service du professeur LABBÉ et en sort équilibré avec 76 gr. d’hydrates de carbone préformés et 30 unités d'insuline. Mais au bout de deux mois il abandonne ce traitement. Le 10 juillet 1928 il est amené dans le service en état de coma (torpeur, odeur acétonique de lhaleine, vomissements, respiration de Küssmaüll : 22 par minute, pouls à 100, tension artérielle à 11-8, refroidissement des extrémités). La glycosurie est alors de 21 gr. 54 par 24 heures. La réaction de Gehrardt est positive.la réserve alcaline est abaissée à 20 volumes. On institue aussitôt un traitement énergique à l’aide d’injections répétées toutes les demi-heures, puis toutes les heures, de 20 unités d’endopancrine, d’abord intraveineuses puis souscutanées, et à l’aide de grands lavements bicarbonatés et de tonicardiaques (digitale et caféine). En 20 heures, le malade re-oit ainsi 240 unités d'insuline ; son état s'améliore rapidement. Six jours après, la réserve alcaline est remontée à 67 volumes. Le 17 août, le malade sort, équilibré avec 93 gr. d'H de C p. f. et 40 unités d’endopancrine. Du 10 au 24 janvier 1929 il néglige de se faire injecter de l’insuline et, le 28 janvier 1929, il est à nouveau en imminence de coma. La R. A. est à 21 vol. 6. Il reçoit alors, à raison de 10 unités par heure, 80 unités d’endopancrine intraveineuses et 100 unités intramuseulaires, et se trouve b'entôt hors de danger. Le 12 février 1929 il est équilibré avec 55 gr. d’'H de C. p. f. et 60 unités d’endopancrine, Le 26 mars 1929, troisième menace de coma nécessitant l'emploi de 240 unités d’endopancrine : le 25 mai 1929, coma. La R. A. ést à 26 volumes. En 24 heures, 450 unités d'insuline sont nécessaires.

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Au cours de ses divérs séjours dans le service, l'examen radiologique des poumons est jusqu'alors resté négatif lorsqu’en septembre 1930, apparait une expectoration suspecte qui est cependant reconnue abacillaire. En novembre 1930, poussée thermique à 39° durant 10 jours. Le 20 janvier 1931, la radiographie montre une infiltration diffuse des deux poumons, sous forme de taches disséminées dans les deux champs pulmonaires, et une volumineuse cavité centrale parahilaire droite. Cette tuberculose va évoluer très rapidement, cependant que des doses croissantes d’endopancrine, atteignant 160 unités par jour, ne parviennent plus à faire disparaître la glycosurie.

Le 8 avril 1931, un pneumothorax spontané à droite se produit amenant la mort en quelques jours.

Tel est le cas de ce sujet qui, avant l’apparition de l'insuline eût succombé dans le coma, et qui, sauvé à quatre reprises de l’acidose, est mort de tuberculose pulmonaire.

La tuberculose pulmonaire peut apparaître à un âge avancé

chez le diabétique. RarTHEeRY fait remarquer que l’âge des ma- ‘lades ne lui imprime aucun caractère spécial et que les diabé-

tiques âgés ont souvent des tuberculoses évolutives comparables à celles des jeunes. Voici, à ce propos, l’observation d’une femme de 72 ans, atteinte depuis 30 ans d’un diabète sans dénutrition.

OBSERVATION 3 (personnelle).

Ber... Léontine, 72 ans, entre le 15 mai 1933 à la salle Bouillaud. C’est une ancienne obèse qui a pesé 82 kilos pour une taille de 1 m. 63. Elle est atteinte, depuis 1903, d’un diabète sans dénutrition qui se traduit par une glycosurie de 12 à 15 gr. par litre et qu’elle n’a jamais sérieusement soigné. Il y a 6 ou 7 mois, elle à commencé de maigrir rapidement, et, en février 1933, elle a enfin accepté quelques injections d'insuline. À son entrée on constate qu’elle est fort amaigrie. Elle ne pèse plus que 47 kilos. Sa température est fébrile à 390 ; elle crache et son expectoration est fortement bacillaire. La radioscopie montre une condensation poly-excavée du tiers supérieur du poumon gauche ; les urines contiennent du sucre, sans corps acétoniques. On tente, malgré l’âge avancé de la malade, un pneumothorax gauche qui amène une défervescence thermique immédiate. Mais les lésions sont trop avancées et la malade succombe assez rapidement malgré ce traitement.

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Entre ces deux âges extrêmes (9 ans et 72 ans), nous avons observé 93 autres cas de tuberculose pulmonaire chez les diabétiques, aux âges suivants :

20 cas entre 20 et 30 ans.

13 cas entre 30 et 40 ans.

28 cas entre 40 et 50 ans.

23 cas entre 50 et 60 ans.

9 cas entre 60 et 70 ans.

On voit donc que l'infection tuberculeuse cause la mort des diabétiques à tout âge et ce fait seul montre la différence qu'il y a entre la tuberculose du diabétique et celle du sujet normal qui, à partir de 50 ans, prend fréquemment un type torpide, fibreux, et médiocrement évolutif. La tuberculose au cours du diabète est donc une complication élective d’une maladie et non l'infection d’un âge de la vie.

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